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Nationale

Des Algériens bloqués en Malaisie lancent un SOS au président Tebboune

Des Algériens bloqués en Malaisie lancent un SOS au président Tebboune

Plus d’une centaine d’Algériens bloqués en Malaisie sont dans la tourmente et la misère la plus totale depuis des mois. Ils lancent un appel de détresse aux  hautes autorités du pays y compris la Présidence de la République en vue d’intervenir pour leur rapatriement le plus vite possible, a appris le Jeune Indépendant auprès de ces ressortissants.

Ce sont des étudiants ayant bénéficié d’une bourse de formation, des personnes en déplacement dans le cadre de leur travail ou encore des touristes qui vivent un calvaire dans diverses régions de la Malaisie après la fermeture des frontières depuis presque une année.

Selon le témoignage de Manar, étudiante en sécurité industrielle et protection de l’environnement à l’université d’Oran, les ressortissants algériens bloqués en Malaisie ont informé les représentations diplomatiques de leur situation bien avant la programmation du seul vol de rapatriement pour ce pays  en juillet dernier.
«Plus de 155 personnes sont bloquées en Malaisie et vivent une situation intenable. La plupart ont commencé à contacter l’ambassade d’Algérie en Malaisie au mois de juin pour un éventuel rapatriement, et ce après l’expiration de la date de validité de leurs visas», a affirmé ce samedi  Manar au Jeune Indépendant implorant la Présidence de la République d’intervenir notamment le président Abdelmadjid Tebboune.

«Beaucoup d’entre nous n’ont pas pu rentrer en juillet et attendaient la programmation d’autres vols de rapatriement en septembre, d’autant plus que le nombre de cas en situation illégale augmentait au fil des mois», a-telle poursuivi. «Depuis, nous n’avons  reçu aucune réponse favorable de la part des représentations diplomatiques en Malaisie, qui nous ont renvoyés à des attentes sine die. Selon eux, la décision relève du seul gouvernement et dépasse le cadre de leurs prérogatives.

Aussi, dès qu’il y aura du nouveau à ce propos, les inscrits sur la liste de rapatriement seront contactés.», a-t-elle précisé.
Face à leur situation considérée comme «illégale», les autorités malaisiennes ont procédé à une prolongation du séjour de quelques mois pour certains  étudiants, mais au-delà d’une certaine date, ces ressortissants algériens basculeront dans l’illégalité. Ce qui implique, selon la loi du pays d’accueil, l’application de nombre de sanctions.

«Selon la loi d’ici, nous risquons gros après expiration de la durée de prolongation accordée comme faveur. Nous sommes considérés comme des harraga. On nous a signifié que la loi prévoit des amendes et même la prison si l’on venait à dépasser les délais mentionnés. Il est inconcevable que seul le ressortissant algérien, quel que soit son statut, chercheur, étudiant ou autre, se voie livré à lui-même dans un pays étranger, sans la moindre prise en charge», a déploré l’étudiante bénéficiaire d’une bourse dans le cadre du PNE (Programme national exceptionnel) du ministère de l’Enseignement supérieur.

«Plusieurs étudiants ont vu leurs comptes bancaires bloqués suite à la fin de validité de leurs visas. Ils sont donc sans ressources financières et sans sécurité sociale depuis des mois. Cette  situation nous a épuisés sur tous les plans, nous sommes abattus moralement. C’est  notre dignité qui est touchée», s’est indignée Nadjah, étudiante boursière. Elle a critiqué également le fait que «les autorités algériennes focalisent leurs efforts sur les opérations de rapatriement d’Europe au détriment des autres ressortissants qui se trouvent dans la tourmente un peu partout dans le monde, notamment en Asie».

Pour sa part, Houdaifa, un père de famille, a dû partager ce calvaire avec son épouse et sa fille âgée de quelques mois. «Je me suis déplacé en Malaisie pour accompagner mon épouse doctorante et bénéficiaire d’une bourse. Elle a dû accoucher d’une fille ici alors que nous attendions l’organisation des vols de rapatriement. Notre séjour nous a coûté une fortune», a regretté ce ressortissant, affirmant  que «son commerce en Algérie a, pendant ce temps, subi des pertes inestimables».

Quant à Hamid, il est coincé dans ce pays en tant que touriste. Sa passion dévorante du voyage et de la découverte de diverses destinations a viré au cauchemar suite à la fermeture «précipitée» des frontières due à la pandémie de la Covid-19. «Nous sommes compréhensifs quant à la mise en place des mesures de confinement mais il faut suivre la situation des ressortissants qui sont bloqués à l’étranger pour engager des mesures d’exception», a expliqué ce jeune touriste, espérant que ce SOS trouvera un écho chez les autorités du pays.

Aux dernières  nouvelles, les services de l’ambassade d’Algérie à Kuala Lumpur ont envoyé  un email aux personnes demandant des renseignements pour rentrer au pays, leur indiquant qu’«aucune information officielle sur un quelconque rapatriement ne leur a été communiquée et ils ne sont pas responsables des informations et orientations fournies par d’autres parties que le gouvernement algérien».  Ces ressortissants, dont la souffrance s’accentue au fil des jours, demandent aux autorités d’agir pour les rapatrier le plus vite possible.

 

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