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Le silencieux combat contre Daech en Algérie

Le silencieux combat  contre Daech en Algérie

Le démantèlement avant-hier d’un réseau terroriste de Daech à Mostaganem, à l’ouest du pays, a fait rejaillir les craintes sur la présence de l’Etat islamique en Algérie. En trois ans, plus de 40 réseaux de Daech sont démantelés et quelque 200 membres « recruteurs » sont arrêtés, dont de nombreux étudiants.

Le premier réseau démantelé remonte à 2014 et c’est à Tlemcen que les gendarmes ont interpellé cinq recruteurs. Daech peut-il représenter une menace réelle pour l’Algérie ?

L’Etat islamique ou Daech en Algérie serait en train d’amplifier ses capacités de nuisance. Tirant profit du trafic de drogue qui parvient depuis le Maroc, puis du trafic d’armes qui profilèrent au Sahel et en Libye, et aussi du pétrole pompé depuis les gisements libyens, Daech a diversifié ses revenus, permettant à la nébuleuse d’agrandir ses rangs au Maghreb.

Une menace pour l’Algérie. Les récents démantèlements par les services de sécurité de plusieurs cellules de recrutement de jeunes djihadistes est un signe qui ne trompe pas de la montée, très inquiétante, des activités de Daech en Algérie. 

Les attaques terroristes perpétrées en France, en Allemagne, aux Etats-Unis et en Belgique peuvent avoir lieu dans n’importe quel pays, particulièrement en Algérie qui ne cesse de démanteler et d’éliminer les sbires d’Al Baghdadi depuis ces trois dernières années.

La menace est à prendre très au sérieux, avisent les experts et observateurs en sécurité, surtout après les menaces émanant des dirigeants de Daech en Syrie et en Irak, et également après l’allégeance d’un groupuscule terroriste (Jound El Khilafa) à Daech.

La menace qui pèse sur l’Algérie vient essentiellement de la Libye, pays « accueillant » de Daech après la rébellion dans ce pays en 2012, qui a vu l’effondrement du régime de Mouaâmar El Kadhafi.

La naissance de Daech en Libye a permis le renforcement des capacités de nuisance des groupes armés en activité dans le Sahel, notamment du groupe terroriste « El Mourabitoune » de Mokhtar Belmokhtar, chef terroriste notoire depuis longtemps recherché par les services de sécurité algériens.

Cette présence de Daech vient d’être confirmée et étudiée par le service du renseignement canadien, après les révélations fracassantes faites par les Canadiens sur Daech en Libye. En effet, le service canadien du renseignement de sécurité (Canadian Security Intelligence Service) a, dans un document en notre possession, décortiqué le financement de Daech en Libye. 

« Les comptes rendus contradictoires des activités de Daech sur place ont contribué à miner les efforts pour lutter contre le groupe en Libye. Après la crise politique de l’été 2014, les autorités de Tripoli et leurs alliés militaires ont dénigré la présence naissante de l’EIIL à Syrte et se sont mis à parler constamment du « pseudo-EIIL de Syrte » comme étant une invention de fidèles de Kadhafi en exil », est-il écrit dans un document du service canadien du renseignement de sécurité.

« Inversement, les groupes alliés au gouvernement d’al-Baïda reconnu par la communauté internationale étaient persuadés que c’étaient leurs adversaires politiques à Tripoli et à Misourata qui étaient responsables des attentats perpétrés par les militants à Syrte. Des deux côtés du fossé institutionnel en Libye les querelles politiques internes ont éclipsé la lutte contre Daech », d’après ce document.

« L’arrivée d’émissaires étrangers de Daech après l’été 2015 a changé la façon dont le groupe gouverne son territoire. Peu à peu, les groupes affiliés à l’EIIL ont imposé un régime plus draconien dans les secteurs qu’ils contrôlent.

Par exemple, comparativement à sa présence relativement pacifique à Haraoua et à Ben Djaouad tout au long de 2015, depuis le début de 2016 Daech est devenu plus brutal puisque à Ben Djaouad et aux postes de contrôle sur la route qu’ils administrent, les groupes affiliés à Daech arrêtent tous les membres de la police, de l’armée ou de groupes armés locaux. Ils embarquent également les employés de l’industrie pétrolière et quiconque travaille pour le gouvernement », est-il noté dans ce document.

« Bien que l’infrastructure pétrolière et gazière de la Libye reste une cible importante d’attentats de l’EIIL, rien ne permet de croire que des groupes affiliés à Daech sont actuellement en mesure de financer leurs activités au moyen de la vente de pétrole.

Ils semblent plutôt tirer leurs revenus des taxes locales (notamment la contrebande), de l’extorsion, du pillage de banques, des 63 enlèvements et des contributions de riches commanditaires », d’après le document du service canadien du renseignement de sécurité. Selon les messages publics de l’EIIL, les attentats contre l’infrastructure pétrolière et gazière de la Libye visent à priver l’État libyen actuel de revenus.

Ce faisant, le groupe espère accélérer l’effondrement de l’État (et des gouvernements) qui, selon lui, est dirigé par des apostats. En fermant le robinet de pétrole libyen, le groupe espère aussi provoquer une tourmente économique dans les pays qui dépendent des importations de pétrole brut de la Libye », d’après toujours ce service du renseignement canadien.

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