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Nationale

Le scénario de 2010 se renouvelle en 2014

Le scénario de 2010 se renouvelle en 2014

Le ministre malien de la Justice, Mohamed Ali Bathily, a reconnu avant-hier qu’en échange de la libération de l’otage français Serge Lazarevic par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Bamako et Paris ont relâché quatre terroristes qui étaient gardés dans les prisons maliennes.

En février 2010, sous l’ère d’Amadou Touré (ATT) ex-président malien, quatre terroristes avaient été relâchés en contrepartie de la libération d’un otage français, Pierre Camatte. Le Mali, le « maillon faible » au Sahel, ne fait qu’aggraver la situation sécuritaire dans la région. Quelle sera la réaction de l’Algérie ?

Encore une fois, l’Etat malien et son « gendre » français sont au centre d’une grosse polémique autour des conditions ayant permis la libération de l’ex-otage Serge Lazarevic, qui a été relâché par Aqmi après trois années de détention, en échange de quatre dangereux terroristes.

En effet, plusieurs prisonniers détenus à Bamako ont bien été libérés en échange de la libération, le 9 décembre, de Serge Lazarevic, a confirmé vendredi passé le ministre malien de la Justice. « C’est un fait, tout le monde le sait, ça ne sert à rien de nier la réalité », a-t-il expliqué.
« Le Mali l’a fait dans un cadre bien précis », a-t-il précisé dans une déclaration faite sur la chaîne de télévision France 24.

« Sauver la vie a été une constante dans l’attitude des autorités maliennes chaque fois que des innocents ont eu leur vie menacée, y compris lorsqu’il s’est agi de Maliens », a-t-il poursuivi, indiquant que « 38 militaires, préfets ou policiers maliens ont déjà été libérés de la même manière et avec le même type d’échange ». « Le Mali ne peut pas faire moins pour les ressortissants de pays qui l’ont aidé que ce qu’il a fait pour ses propres fils », a-t-il ajouté.

« Ce n’est pas de gaieté de cœur que le Mali s’engage dans de telles décisions », a tenu à souligner le ministre de la Justice, insistant toutefois sur « la réalité d’une négociation ». Dans un communiqué publié à Bamako, un collectif d’organisations de défense des droits de l’homme avait vivement critiqué le fait que « les autorités maliennes viennent de libérer Mohamed Aly Ag Wadoussène, Haïba Ag Acherif, présumés terroristes, ainsi que Oussama Ben Gouzzi et Habib Ould Mahouloud, auteurs présumés de graves violations de droits humains au Mali, en échange de l’otage français ».

Emprisonné dans la capitale malienne, Mohamed Ali Ag Wadossen avait tenté en juin dernier de s’évader, avant d’être rattrapé par l’armée malienne appuyée par celle française. Lieutenant influent d’Aqmi, il avait participé en novembre 2011 dans le nord du Mali à l’enlèvement de Serge Lazarevic et de Philippe Verdon, autre otage français retrouvé mort en juillet 2013. Par ailleurs, cette nouvelle révélation apportée par le ministre malien Mohamed Ali Bathily concernant le relâchement de terroristes notoires est un coup dur pour les pays voisins, à leur tête l’Algérie, soulignent plusieurs experts.

Le Mali et la France, tous les deux, viennent de violer le pacte international qui interdit le relâchement de terroristes notoires impliqués dans des attentats ou autres enlèvements de touristes.

Une violation que le ministre malien a voulu minimiser en tentant d’expliquer que cette libération de terroristes n’est pas aussi « grave » face à ce que la France a fait pour les Maliens. Quelle sera la réaction des pays voisins, surtout l’Algérie, après cet « acte » de violation commis par l’Etat Malien ? Une question posée également par les experts, d’autant plus que l’Etat malien n’est pas à sa première action de ce genre.

Pour rappel, en février 2010 l’Algérie et la Mauritanie avaient rappelé leurs ambassadeurs à Bamako pour consultation après la libération par l’Etat malien de quatre terroristes réclamés par Aqmi, en échange de la libération de l’ex-otage français Pierre Camatte (espion français, faut-il le souligner). Un incident diplomatique avait même eu lieu à cette date entre l’Algérie et le Mali.

Parmi les terroristes relâchés figuraient les Algériens Mohamed Ben Ali et Tayeb Nail, l’Algérie ayant réclamé leur extradition en 2009. Toutefois, le pouvoir central malien avait utilisé la carte des terroristes emprisonnés à Bamako pour des agendas purement politiques et stratégiques visant à retenir l’allié juré, la France. Des intérêts communs à des fins politiques mais au détriment d’une alliance régionale, et aussi au détriment de la sécurité de la région. Cela dit, le Mali ne fait qu’aggraver la situation sécuritaire, déjà fragile, qui règne dans la région du Sahel.

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