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Nationale

Le rôle des Mozabites dans la Révolution nationale 

A l’instar de tout le peuple algérien, les citoyens de Ghardaïa célèbrent le 69e anniversaire de la Révolution. Un événement phare de l’histoire contemporaine de l’Algérie.

Si la révolution du peuple algérien avait pour mot d’ordre la libération du pays du joug du colonialisme, et dont la célébration procède avant tout d’un devoir de mémoire, il convient de relever que l’Algérie célèbre cette année ce glorieux anniversaire sur fond d’une nouvelle révolution, en douceur celle-là, avec comme pièce maîtresse une Constitution qui ambitionne l’édification par l’Etat d’une société moderniste et démocratique sous la conduite de son président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Ce dernier ayant initié d’importants chantiers de réforme qui s’inspirent de l’esprit de la révolution algérienne et de son peuple.

C’est en effet avec une grande fierté que le M’Zab commémore, chaque année, cette fête nationale. Une occasion de rappeler et de rendre hommage à la lutte acharnée menée huit années durant par les moudjahidine contre l’occupant et le complot ourdi par l’entité coloniale.

Les citoyens du M’Zab, Ibadites et Malékites, gardent bien présent à l’esprit le souvenir de cette journée mémorable du 1er novembre 1954, qui illustra la communion sacrée du peuple et sonna le glas de l’esprit et des velléités coloniales en Algérie. Le peuple algérien se remémore toujours avec autant de fierté les événements rayonnants de la glorieuse histoire de l’Algérie indépendante et de l’épopée de cette révolution qui commença un 1er novembre 1954 à minuit, lorsque fut tiré le premier coup de feu. Ce fut là le courage de nos martyrs, qui ont catégoriquement refusé toute compromission avec les autorités du colonialisme.

C’est ainsi qu’à Ghardaïa, pour commémorer cet anniversaire du 1er-Novembre, les autorités locales ont programmé, entre autres, de nombreuses conférences relatant le parcours glorieux des moudjahidine de la région du M’Zab. En effet, les Mozabites de Ghardaïa peuvent s’enorgueillir d’avoir payé un très lourd tribut pour le recouvrement de la souveraineté nationale de l’Algérie. Ils ont été parmi les plus importants creusets révolutionnaires à travers le territoire national, jouissant d’un apport financier important et continu de la part des riches Mozabites du pays, et ce jusqu’à l’indépendance.

Pour ce faire, et afin de tenir face aux atrocités du colonialisme français, la communauté mozabite avait créé, à l’échelle nationale, quinze centres principaux pour collecter les fonds d’aide nécessaires à la révolution algérienne et servir de lieu pour les réunions des moudjahidine, de boîtes aux lettres, de caches d’armes et d’approvisionnement alimentaire et vestimentaire.

Ainsi, il y a eu plusieurs magasins engagés dans la résistance : 1) Le magasin de Smaoui Hadj Smail ben Mohamed et ses deux frères Bahmed et Ibrahim, originaires d’El-Atteuf, commerçants à l’ex-rue Dr Trolard (Alger). 2) Le magasin de Djelmami Omar ben Bahmed, originaire de Ghardaïa, commerçant à l’ex-rue Claude-Debussy (Alger). 3)  Le magasin de Hadj-Daoud Salah, originaire de Ghardaïa, commerçant à ex-Boghari, (K’sar El-Boukhari) et fournisseur de ‘’cachabias’’aux moudjahidine abrités sur les hauteurs du village de Boghar et de Médéa. 4) Le magasin de Houdjedj Hammou ben Omar, originaire de Ghardaïa et commerçant à la place du Marché de Ghardaïa.

5) Le magasin et la station d’essence de Bourourou Nacer ben Omar, originaire de Ghardaïa, commerçant (Fedj-M’zala) et livreur de carburant aux moudjahidine. 6) Le magasin de Ben-Aissa Mohamed ben Slimane et son frère Hammou, originaires d’El-Atteuf, commerçants à l’ex-rue Richelieu. 7) Le magasin de Baba-Addoun Slimane ben Hammou et ses associés : Baba-Addoun Messaoud ben Ramdane et Saïd Bahmed ben Mohamed, originaires d‘El-Atteuf, commerçants à l’ex-rue Saint-Saëns (Boulevard Mohamed V). 8) Le magasin de Baba-Addoun Slimane ben Hammou et son frère Baba-Addoun Omar, originaire d’El-Atteuf, épiciers à l’ex-rue Saint-Saëns. 9) Le magasin de Baba-Ammi Ismaïl ben Messaoud, originaire d’El-Atteuf, commerçant à l’ex-rue Décadre. 10) Le magasin de Aissa Hammou Ben Mohamed, originaire de Bounoura, commerçant à l’ex-rue Rovigo. 11) Le magasin de Hani Mohamed ben Salah, originaire de Bounoura, commerçant à Tiaret. 12) Le magasin de Tafajira Mohamed ben Brahim, originaire de Béni-Isguen, commerçant à l’ex-rue de Lyon (Belcourt). 13) Le magasin de Hariz Bahmed ben Abdallah, originaire de Guerrara, commerçant de grosà l’ex-Maison Carrée (Alger). 14) L’atelier de radiocommunication de Feraji Hammou ben Feraji, originaire de Berriane, commerçant (réparateur radio) à l’Ex-Le Dôme (Kouba). 15) Le magasin de Guiraa Mohamed ben Bahmed, originaire de Mélika (Ghardaïa), commerçant à Ex-Orléans-ville (Chlef).

Le rôle crucial des femmes

Par ailleurs, la participation de la femme mozabite à la guerre de libération nationale a certainement été déterminante. Elle a été à son tour un soutien moral essentiel pour son mari combattant. Elle a été éprouvée par la sanglante guerre dans son affection pour son mari. Elle a été amenée à assumer, elle qui avait vécue confinée à la maison, des responsabilités de chef de famille alors que ce dernier était au maquis, en prison ou tué.

Beaucoup d’entre elles ont pris activement part à la guerre. Pour n’invoquer que quelques-unes d’entre-elles : Aïcha Daddi-Addoun de Berriane, El-Hadj M’hamed Malika, d’El-Atteuf, l’épouse du moudjahid Saad de Ghardaïa, Aboubaker Bikhila Khier-Enass de Mélika (Ghardaïa), l’épouse du martyr Amar Hammou de Bounoura, Abdelaziz Meriem bent Abdelaziz de Beni-Izguen. Et afin d’appuyer cette assertion, il suffit de se référer au nombre impressionnant de martyrs qui sont tombés au champ d’honneur entre 1954 et 1962 à l’échelle nationale.

Selon des chiffres avancés par la direction des moudjahidine, près de 1 500 000 chahids ont arrosé de leur sang la terre à travers l’ensemble de l’Algérie, aujourd’hui indépendante. Parmi ces martyrs, qui ne se souvient pas de ceux de la vallée du M’Zab. Celle-ci compte près d’une centaine de chahids mozabites à travers le territoire algérien. Fidèles à leur idéal révolutionnaire, ils ont, entre autres, consenti de lourds sacrifices, subi des tortures, l’emprisonnement, l’internement dans les camps militaires, avant que certains tombent au champ d’honneur. Beaucoup d’entre eux se sont organisés en groupes d’action dès 1954, sous la coupe du colonel Mohamed Chaabani, chef de la wilaya VI à cette époque.

A l’instar du trio de commandos, les trois frères Si Smaoui Ismail, Ibrahim et Bahmed, qui étaient une force puissante au cœur de la révolution de l’armée algérienne aux alentours du grand Alger et au Sud du pays, le soutien à la guerre de libération algérienne était aussi et surtout une question de principe pour les notables et les oulémas mozabites de Ghardaïa. Ses moudjahidine Daddiouamer Brahim ben Bakir, Ramdane Brahim ben Mohamed, Hammouda Brahim ben Hammouda, Kerkacha Omar ben Slimane, Babekeur Salah ben Kacem, Babekeur Hammou ben bahmed, Zaabab Brahim ben Kacem, Houdjedje Hammou ben Omar, Rabah Hammou ben Miloud, Gomaghar Saïd ben Bahmed, s’étaient impliqués dans la cause algérienne pour la libération du pays en fournissant diverses formes de soutien politique, dont des aides financières, du matériel et des armes.

Tous ces héros, qui avaient juré de mourir pour que vive l’Algérie, ont noué une alliance solide avec les moudjahidine ainsi qu’avec les commerçants mozabites émigrés dans le nord du pays. Après ses vaines tentatives de capturer ces moudjahidine, qui travaillaient dans un anonymat total, les autorités françaises ont tout de même procédé à l’exécution de cinq d’entre eux dans l’ancienne palmeraie de Ghardaïa. Huit jours après ce génocide, en août 1956, l’armée coloniale française ont arrêté tous ces notables et oulémas, les torturant avant de les emprisonner dans différentes prisons de Laghouat, Blida, Berrouaghia, El-Harrach et puis Barberousse, où ils ont rencontré le prisonnier auteur de l’hymne national, Moufdi Zakaria.

La bataille de Mélika

A Ghardaïa, quatre collaborateurs de Si Talbi Ahmed, deuxième officier de la wilaya VI pour la résistance urbaine, se sont également illustrés par leur apport révolutionnaire, comme les moudjahidine Hammouda Brahim ben Hammouda, El-Ouahedj Yahia ben Bakir, Lokmane Hammou ben Omar et Azgaou Slimane ben Bakir.

Tous ont fait preuve d’un engagement sans réserve et d’un courage exemplaire. Le 3 octobre 1961, ces moudjahidine se sont montrés volontaires pour porter main-forte à Si Talbi Ahmed et ses compagnons (Saïd Abadou, Souilem Moussa, Abrik Ahmed et Bakraoui Lakhdar), venus de Berriane récupérer les fonds mensuels du conseil N° 1172 de Bounoura ainsi qu’un stock de médicaments.

Dénoncés par X, les forces de l’Armée française se lancèrent alors dans un véritable branle-bas de combat à la recherche de ces moudjahidine. Une large campagne de ratissage fut engagée à travers la ville de Ghardaïa, mais aucun ne fut capturé. Le groupe de moudjahidine, voilés en femmes et dissimulés dans la fourgonnette conduite par le volontaire Sékouti Ba-M’hmed ben M’hamed, s’étaient déjà infiltrés dans Mélika, sous les yeux des soldats français, et recélés dans deux maisons appartenant à Sékouti Ba-M’hmed et Abou-Elhacen Bakir.

Repérés par les forces de l’armée française le 6 octobre, une bataille acharnée éclata alors entre les moudjahidine et les forces françaises. L’accrochage se solda par la mort au champ d’honneur du moudjahid Si Talbi Ahmed. Said Abadou, quant à lui, fut gravement blessé alors que les autres réussirent à échapper à l’ennemi.

 



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