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Op-Ed

«Le Rocher Noir»

Il s’agit d’un film, un grand symbole pour toutes les victimes de la politique. J’y inclus ce bougiote de Mourad qui voulait offrir la ville de Bougie au Général de Bourmont et cet inepte de Boucetta qui, lui, a magouillé avec le Duc de Rovigo pour lui livrer Bougie.

La politique brûle. Elle n’épargne personne : César et son fils adoptif Brutus. Elle n’a même pas épargné Haroun El-Rachid, qui a été assassiné par son fils.
Les parricides sont nombreux dans l’empire ottoman et même tsariste. 

L’œuvre dont je veux parler concerne la période qui s’est déroulée entre le 19 mars 1962, date du cessez-le-feu, jusqu’à celle du 03 Juillet 1962, véritable date de l’Indépendance de l’Algérie et non du 05 juillet 1962, comme on ne cesse de le clamer.

Pour moi, il ne s’agit pas d’un film, il s’agit d’une œuvre maîtresse qui ne rentre pas dans les formes classiques de ce genre, ce n’est pas un reportage au sens classique du terme, ni un documentaire, ni une fiction. Je l’appellerai une narration.

Le Dr Chawki Mostefaï, membre influent du PPA depuis sa création, y occupe la vedette, il n’a pas eu de chance en politique. Chawki Mostefaï était plus que brillant, il était lumineux de l’avis de tous ceux qui l’ont connu. J’ai eu cette chance. Il a été l’un des cinq députés du PPA au Parlement français avec le Dr. Mohamed Lamine Debaghine, Messaoud Bouqadoum, Ahmed Mezghena et Mohamed Khider.

Il a été nommé membre de l’exécutif provisoire, organisation qui devait gouverner l’Algérie entre la date du cessez-le-feu, le 19 mars 1962 et le 03 Juillet 1962. Il s’est trouvé devant un drame cornélien, Jean Jacques Susini, chef et fondateur de l’OAS, avait juré de brûler Alger. Le Dr Mostefaï a reçu des offres de celui-ci pour arrêter les tueries d’un côté comme de l’autre. Il en a référé au GPRA qui lui a donné le feu vert. Alger a été sauvée. Ahmed Ben Bella l’a traité de traître, les autres ont nié lui avoir donné le feu vert.

Dans ce film, le Dr. Mostefaï s’est expliqué et a dénoncé l’hypocrisie et la couardise de ceux qui se sont emparés du pouvoir. Il a été jeté de la vie politique, il a eu recours à différents métiers pour vivre. Pourtant, le Dr Mostefaï dit : « Je suis allé à Blida, en 1941, pour recruter Benyoucef Ben Khedda pour le PPA, j’ai voté l’adhésion de Ben Bella au Comité Central en 1947 ».

Ceci concerne le Dr. Mostefaï. Le Président Abderrahmane Farès, lui aussi Président de l’exécutif provisoire a été traité de la même façon. Maître Ali Haroun, connu de tout le monde, a témoigné que le président Farès espionnait la France pour le compte du FLN. 

Il faisait parvenir des fonds au maquis par l’intermédiaire de son étude de notaire et de celle de maître Serfati, lui aussi notaire et juif, les wilayas II, III et IV, recevaient les fonds par l’intermédiaire du président Abderrahmane Farès. A cette occasion, le sort qui a été fait au Dr Mostefaï est scandaleux. 

L’autre, celui qui a été négociant à Evian et gouverneur de la Banque d’Algérie pendant 25 ans, Si Seghir Mostefaï, lui aussi a subi de la part de l’Algérie un sort qu’il ne mérite pas. Il est mort, inconnu et dans l’anonymat total. Ce film est pour moi, un document fondamental.

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