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Nationale

«Le recours à l’emprunt est inévitable pour l’Algérie»

«Le recours à l’emprunt est inévitable  pour l’Algérie»

La tête de la liste indépendante Alternative citoyenne et désormais député Nordine Aït-Hamouda, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère dans ses déclarations, hier, à l’issue de la conférence de presse au siège de la fondation baptisée du nom de son père.

Le conférencier est longuement revenu sur le climat ayant entouré la campagne électorale et le déroulement du scrutin du 4 mai dernier, notamment en ce qui concerne ses promesses électorales. 

Nordine Aït-Hamouda a entamé soon intervention en évoquant la situation du pays sur les plans sécuritaire et économique ainsi que, bien sûr, sur sa propre capacité à tenir ses promesses à l’endroit de la wilaya de Tizi Ouzou en matière de projets de développement. Sur ce dernier point, le fils du colonel Amirouche a non seulement rappelé sa volonté de relancer les projets de développement gelés jusqu’à maintenant dans la wilaya de Tizi-Ouzou, mais aussi la lutte contre la bureaucratie, laquelle a fait beaucoup de mal à la région.

A la question de savoir comment rendre la chose possible puisque la politique d’austérité financière est déclenchée depuis longtemps par le gouvernement, Aït-Hamouda dira : « De toute façon, le recours à l’emprunt auprès du FMI est inévitable pour le pays. »

A la question de savoir s’il compte intégrer le gouvernement, le conférencier rétorquera qu’il ne rejoindra pas l’équipe du gouvernement. « Même si on venait à me faire une telle proposition, je la rejetterais », a-t-il affirmé. Mais sera-t-il possible de conduire les députés indépendants au sein de l’hémicycle Zirout-Youcef ?

« Une telle option mérite étude car elle est subordonnée à certaines conditions », a déclaré le conférencier. Nordine Aït Hamouda n’a pas caché son désintérêt à conduire des députés non motivés par l’intérêt du citoyen et surtout qui ne sont pas issus de la volonté citoyenne. Et fort probablement, le chef de l’Alternative citoyenne ne conduira pas les députés issus de listes indépendantes.

Ce point énuméré sera une occasion pour le fils du colonel Amirouche de dénoncer les mœurs politiques algériennes. Au cours de son intervention, il signalera les différents dérapages survenus lors de la campagne électorale. Et du coup, il stigmatisera le RCD.

Il révèlera que c’est bien sur suggestion et surtout insistance de la famille politique du RCD que les militaires ont voté en dehors de leurs casernes. « Le paradoxe dans cette affaire, c’est que les gens du RCD ont fait pression sur les militaires pour voter en faveur de leur liste à Tizi Ouzou lors de ce scrutin du 4 mai.

C’est pourquoi, les militaires ont décidé de voter blanc », a révélé Nordine Aït Hamouda. En évoquant son ancien parti, le fils du colonel Amirouche soulignera que c’était lui qui protégeait les cadres du RCD et qu’en fin de compte, ce parti n’existait que par lui. Dans ce créneau précis, le conférencier citera une multitude d’exemples sur son poids au sein du RCD et vis-à-vis de celui-ci.

« Depuis les élections législatives de 1997, la légitimité et la crédibilité de l’Assemblée populaire nationale ont connu une physique dégressive au détriment de la stabilité des institutions de la République », peut-t-on lire dans cette déclaration dans son chapitre d’introduction.

« Ce déclin, politiquement suicidaire, est délibérément orchestré aux fins de pérennité dans le pouvoir dont l’alternance est devenue une chose chimérique », peut-on y lire encore avant de relever que « sur les 23 millions d’inscrits dont plus de deux millions de voix ont voté blanc, un pourcentage controversé de deux importantes institutions en l’occurrence le ministère de l’Intérieur et le Conseil constitutionnel. »

« Durant la mandature de 1997 à 2002, une commission parlementaire est instituée contre les pratiques de fraude ; cette institution, par injonction du politique, n’a jamais exercé son droit parlementaire. »

« La distribution politique et électorale, à la connaissance et à la lecture des résultats, fait ressortir un deal politique stratégique entre les tenants du pouvoir incarnés par les deux partis majoritaires et le segment islamiste domestiqué et polissé. Il s’agit, en fait, d’un rapprochement bâti sur les intérêts de la rente et l’argent sale ; la logique des quotas et le bourrage des urnes ont produit des groupement politiques émiettés, satellitaires des partis éternellement dominants, en prévision des futures batailles politiques et électorales à l’orée de 2019 ».

Il donne lecture de la déclaration laquelle se montrera encore très longue. Il faut toutefois signaler que lors du jeu de questions- réponses, Nordine Ait-Hamouda a réitéré que la solution qui s’offre à l’Algérie dans son système de gouvernance reste l’autonomie des régions.

A la question de savoir si des personnalités et cercles au poids politique certain adhèrent à cette thèse, Nordine Aït Hamouda n’a pas caché qu’à titre individuel, ces personnalités ont applaudi le projet, « mais à le faire publiquement et officiellement, je dois reconnaître qu’ils se sont montrés pusillanimes », a-t-il dit.

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