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Nationale

Le RCD boycotte les élections locales

Le RCD boycotte les élections locales

C’était quelque peu prévisible. Pour la plupart des observateurs, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) se dirigeait calmement vers le boycott des élections locales anticipées prévues le 27 novembre prochain. Finalement, c’est ce vendredi 17 septembre  que la décision officielle est tombée.
Le boycott de ce rendez-vous électoral a été décidé par son conseil national convoqué en session ordinaire sous la présidence de Mohcine Belabbas, président du parti.

La décision a été prise par le vote des membres du conseil national dont 76 se sont prononcés pour le rejet et 28 en faveur de la participation.
Il faut souligner que lors de son allocution à l’ouverture des travaux de cette session, le président du parti avait longuement développé l’option du boycott, expliquant dans la foulée les raisons ayant motivé cette décision de non participation.

En effet, Mohcine Belabbas est allé jusqu’à qualifier l’organisation d’élections locales anticipées et la convocation du corps électoral d'”illégales”. Le président du parti s’est basé dans son analyse sur une interprétation d’un dispositif juridique et/ou constitutionnel, estimant que ces élections ne constituent point une urgence politique, alors qu’il ne reste qu’une année pour la fin des mandats municipaux ou des conseils de wilaya.

Le leader du RCD souligne qu'”au-delà de l’absence des conditions d’une compétition électorale libre et transparente, le régime électoral promulgué par ordonnance du chef de l’Etat est devenu caduque en vertu de l’article 142 de la constitution qui stipule que « le Président de la République soumet les ordonnances qu’il a prises à l’approbation de chacune des chambres du Parlement au début de sa prochaine session. Sont caduques les ordonnances non adoptées par le Parlement”.

Pour Mohcine Belabbas, qui s’exprimait hier à l’ouverture des travaux du conseil national du parti, “il s’agit là d’un abus de position et d’une atteinte caractérisée à une règle fondamentale édictée par la constitution du pays et qui ainsi détruit le fondement de l’autorité de l’Etat. Ce qui rend l’organisation d’élections locales anticipées et la convocation du corps électoral illégales. La même illégalité caractérise le mandat de l’assemblée nationale actuelle et risque de s’étendre au mandat des futurs assemblées communales et de wilaya si une décision n’est pas prise pour laisser le mandat en cours aller à son terme d’autant plus qu’aucune urgence déclarée n’est à signaler pour ce scrutin”.

Pour rappel, ce n’est pas la première fois que le RCD boycotte les élections. Depuis sa création, il a à plusieurs reprises décidé de ne pas participer à des élections législatives ou communales, pour différentes raisons. La dernière en date, ce sont les législatives anticipées de juin dernier, ou le parti a tranché sur sa non-participation.

Il faut souligner que le RCD avait quand même participé avec plusieurs ministres dans un gouvernement de coalition sous l’autorité de l’ancien président de la République Abdelaziz Bouteflika. C’était en 1999, avec la nomination de Khalida Toumi au poste de ministre de la Culture, et de Amara Benyounès au poste de ministre des Transports. A l’époque, l’ex président du RCD, Said Sadi, avait expliqué les motivations de ce choix politique, en publiant une contribution intitulée “lettre à mes amis de la presse”. C’est après les sanglants événements de 2001 que le parti s’est retiré du gouvernement dirigé à l’époque par Ali Benflis.

Avec cette non-participation, le RCD vient de signer son élimination de la vie politique institutionnelle. Il sera donc absent pour une durée de cinq ans de la gestion des affaires des APC et APW, et complètement “out” des débats au sein des deux chambres parlementaires ( le Sénat et l’APN).

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