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Nationale

Le quotidien des jeûneurs à Ghardaïa

Le quotidien des jeûneurs à Ghardaïa

Mosquées fermées, rassemblements familiaux interdits ou limité et couvre-feux sont ingrédient du mois de ramadan dans la vallée du M’zab cette année.

Le ramadan 2020 vient de consommer sa première dizaine en plein confinement lié à la pandémie de Covid-19, même si à Ghardaïa, certains fidèles acceptent mal les restrictions. Ces derniers, se disent “affligés” par l’absence de prières surérogatoires (Tarawihs), mais admettent tout de même et insistent sur la “protection de la vie et de la santé des peuples”, conformément aux instructions du gouvernement.

Cette année, ce mois sacré, synonyme de période de partage, de générosité et de rassemblements, s’annonce morose pour les millions de musulmans du monde entier et en Algérie en particulier.

Les restrictions imposées dans le pays contraignent les mosquées à demeurer portes closes et l’Iftar, le repas quotidien de rupture du jeûne, un moment habituellement convivial voire festif, ne pourra être partagé comme le veut la tradition entre voisins.

Ainsi, à la wilaya de Ghardaïa, le confinement aurait affecté particulièrement les plus défavorisés, les voyageurs en transit, privés de la charité des mosquées ou d’associations. “Les mosquées sont fermées et ceux qui nous aident normalement traversent aussi des difficultés”, déplore Salah, un ancien chauffeur routier assurant la liaison entre Alger et Tamanrasset.

Par ailleurs, à la Wilaya de Ghardaïa, dans le chef-lieu en particulier, malgré la tristesse générale, le marché attirent des masses de consommateurs dont beaucoup condamnent les augmentations de prix sur fond de crise économique dans le pays. Salah, ce septuagénaire de la ville de Berriane, nous révèle : « Je m’attendais à ce que les prix chutent, ne serait-ce d’un petit pourcentage pendant le ramadan, ce mois de générosité par rapport aux années précédentes, mais en vain », a-t-il dit. « Si les prix des fruits et légumes ont fléchit quelque peu, ceux de l’alimentation générale ne cessent d’augmenter. Pour ne citer que la bonbonne de 5 litres d’huile végétale qui grimpe de 550 (avant le ramadan) à 610 dinars. Il en est de même pour la plaquette de beurre de 200 Grammes qui passe de 95 à 115 dinars ou du sachet d’un litre de lait qui passe de 65 à 70 dinars. Il y a de quoi s’arracher les cheveux », dénonce-t-il.

En dépit de ses hausses, les consommateurs ont, depuis le début de la crise du coronavirus et le confinement, rempli leurs placards de nourritures. Toutefois, les Ghardaouis s’inquiètent de voir grimper la facture de ces produits essentiels. 90% de ces consommateurs pensent ainsi que les prix des produits alimentaires et de grande consommation augmenteront davantage dans les jours à venir.

Sur le plan sécuritaire, si l’Etat a invité les fidèles à se confiner chez eux, certains citoyens tentent de braver l’interdit et violer ces recommandations et ces mesures de confinement. Interrogé, un de ces citoyens, Mohamed, assis sur sa Moto, affirme que : « ce ramadhan est très particulier et différent, il n’est simplement pas festif. Je suis déçu de ne plus pouvoir aller à la mosquée ou de se balader le soir, après le F’Tour, languir devant certaines vitrines à travers les magasins de vêtements. Mais que pouvons-nous y faire ? », déplore-t-il.

Mais, il n’est pas question pour la police de Ghardaïa de laisser ces dépassements sans sanctions. En application des directives des Autorités nationales relatives au confinement partiel qui se traduit par un couvre-feu de 19h00 à 7h00 pour Ghardaia, pour faire face à la propagation du Covid-19, la Sûreté de la wilaya a mobilisé des moyens colossaux, nécessaires pour faire respecter cette mesure sanitaire. Ainsi, des patrouilles sont effectuées dans les quartiers des 13 Communes de la wilaya. Pendant ces dix premiers jours du ramadhan, 76 véhicules et 96 motos ont été mis en fourrière pour violation du couvre-feu.

Ainsi, parmi les 1616 personnes contrôlées, 393 personnes ont été arrêtées et des procès-verbaux établis à leur encontre et transmis à la justice. Par ailleurs, la police a lancé des opérations de sensibilisation incitant à éviter les attroupements et à respecter la distanciation sociale. Il y a lieu de souligner les efforts déployés par les policiers pour mobiliser les travailleurs dans les opérations de nettoyage et de désinfection qui se poursuivent à ce jour.

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