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Monde

Le projet de Pompeo d’une guerre froide bis n’a pas trouvé preneur

Le projet de Pompeo d’une guerre froide bis n’a pas trouvé preneur

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo vient de terminer sa tournée dans quatre pays européens : la République tchèque, la Slovénie, l’Autriche et la Pologne.
Partout où il est passé, l’homme a tenté d’inoculer son virus politique, en racontant des mensonges sur le Parti communiste chinois (PCC), parti au pouvoir en Chine.

Comme à ses habitudes, le chef de la diplomatie américaine a répété son vieux refrain de « menace chinoise ». Il a tenté de monter son club de sinophobes, le préparant à entrer en « guerre froide » contre l’actuelle deuxième économie mondiale. Trop sûr de lui, Pompeo croit avoir la capacité et l’intelligence pour duper ses alliés et les aligner dans ses rangs, du reste mauvais.

Ses quatre destinations n’ont pas été choisies par hasard.
De part et d’autre de l’Atlantique, la distance entre Américains et Européens en termes d’idées devient de plus en plus importante. Plusieurs questions divisent actuellement ces deux alliés : la lutte contre la pandémie, le nucléaire iranien, le projet North Stream-2.

Malgré leurs efforts depuis des mois pour créer une alliance antichinoise avec les Européens, les politiciens américains ne rencontrent que l’opposition de leurs alliés traditionnels dont la France et l’Allemagne. Afin de contourner ce mur franco-allemand, Pompeo a choisi de piocher parmi les maillons faibles.

C’est ce qu’il a fait lors de sa récente tournée européenne. Il s’est rabattu sur des alliés plutôt « obéissants » à Washington.
Sur un autre plan, M. Pompeo accepte difficilement de voir des pays d’Europe centrale et d’Europe de l’Est coopérer étroitement avec la Chine, surtout dans les domaines du commerce, de la 5G et des énergies : cela lui pique les yeux depuis pas mal de temps. Il est prêt à tout pour les empêcher de travailler avec la Chine…

Evidemment, pour Mike Pompeo, les « alliés » doivent servir de pions aux Etats-Unis qui cherchent d’abord et avant à protéger leurs propres intérêts.

Pourtant les Européens ne sont pas aussi aveugles devant le comportement égoïste de Washington comme le penserait Pompeo. Servir la politique de « America First », cela ne les intéresse pas. Pensant convaincre ses interlocuteurs, mal lui en a pris, le long discours de Pompeo a accouché d’une souris. Rien de bon, une fin de non-recevoir. C’est ce qu’on retiendra de son périple européen.
Répondant aux propos de Pompeo sur la soi-disant « menace » que représenterait la technologie chinoise de 5G, le Premier ministre tchèque Andrej Babis a affirmé ne voir aucune menace tangible venir de la 5G chinoise.

La République tchèque est un pays souverain, a encore rappelé le chef du gouvernement tchèque. Pour sa part, le chef de la diplomatie autrichienne a indiqué que son pays ne comptait pas interdire la présence d’une quelconque entreprise dans son pays, mais pense plutôt à établir un système d’information fiable.

Lorsque Pompeo a tenté de conclure un mémorandum portant sur le projet nucléaire de Dukovany afin d’exclure les coopérations chinoise et russe, son homologue tchèque a décliné sa proposition, qui n’était pas conforme aux règles de l’UE, a expliqué le ministre tchèque. Encore plus ironique à la proposition américaine de déployer les troupes retirées de l’Allemagne en Europe centrale et Europe de l’Est, Prague a répondu que les troupes américaines pouvaient « aller là où elles veulent, pourvu qu’elles ne viennent pas chez nous ».

La Chine n’est en aucun conflit géopolitique avec les pays de cette partie d’Europe. Ils sont liés par une coopération étroite dans divers domaines. Depuis l’établissement en 2012 du mécanisme de coopération Chine-Europe centrale et orientale, les échanges commerciaux entre la Chine et ces pays ont augmenté de plus de 50%. Les investissements chinois dans ces pays sont passés de 3 milliards de dollars à 12,6 milliards de dollars. Les grands projets de coopération dans le domaine des infrastructures tels que le chemin de fer Hongrie-Serbie, le port de Piraeus et le pont de Peljesac ont contribué remarquablement au développement économique et au progrès social de ces pays.

On peut encore citer le succès de la dernière « foire en ligne » des produits d’Europe centrale et orientale. Il faut dire que dans ce contexte actuel caractérisé par la récession de l’économie mondiale et la montée du protectionnisme, aucun pays sérieux ne souhaiterait perdre un partenaire comme la Chine.

Les pays d’Europe centrale et d’Europe de l’Est ont encore en mémoire les affres de la guerre froide. Impossible pour eux de vouloir vivre ce passé douloureux et traumatisant.
Pour rien au monde ces pays n’accepteront une énième guerre froide dans leurs murs. Qu’obtiendrait Pompeo avec ses discours tâchés de l’idéologie de la guerre froide auprès des populations de ces pays, si ce n’est un fort ressentiment à l’égard des Etats-Unis ?

A ce sujet, Peter Kreko, le directeur d’un think tank hongrois a bien dit : « L’actuelle administration américaine est capable de détruire toutes les stratégies américaines en Europe centrale et orientale, avec sa diplomatie n’ayant aucune cohérence ni logique. »

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