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Nationale

Le projet de gazoduc Alger-Lagos déterré par l’Algérie

Le projet de gazoduc Alger-Lagos déterré par l’Algérie

D’un coût estimé à 21 milliards de dollars US en 2006, le gazoduc Alger-Lagos permettrait de transporter de 20 à 30 milliards de m3 par an depuis le Nigeria jusqu’en Europe.

Le Premier ministre Abdemalek Sellal a déterré à partir de Bamako, la capitale malienne où il assiste au sommet Afrique-France, le projet de gazoduc Alger-Lagos, le TSGP (Transsaharian gazoduc pipeline)ainsi que le projet de fibre optique Algérie-Nigéria qui répondent, selon lui, à « cet impératif d’intégration de nos économies », dit-il.

Ce projet, qui date de 2002 est destiné à donner une ouverture sur la Méditerranée et alimenter le marché européen en gaz nigérian, a été également abordé par le vice-président du Nigeria, en visite le mois dernier en Algérie lequel a évoqué ce grand chantier à l’issue de l’entretien que lui a accordé le président de la République.

L’étude de faisabilité d’un gazoduc transafricain devant relier l’Algérie au Nigeria, qui a démarré en 2002, est aujourd’hui complètement achevée. Ce gazoduc reliera les champs gaziers nigérians à Béni-Saf sur la côte algérienne, et permettra d’écouler sur les marchés européens les productions gazières du Nigeria et de l’Algérie. Le gazoduc va éviter le torchage du gaz nigérian, dont environ 250 000 barils sont brûlés chaque jour. 

Par ailleurs, le projet va avoir un impact bénéfique sur la population installée dans le nord du Nigeria, qui va avoir accès au gaz. Le gazoduc va ouvrir le Niger et le Mali à d’autres explorations gazières. D’une longueur de 4 400 km, il traversera outre l’Algérie et le Nigeria, le Niger et le Mali. 

D’autre part, le projet permettra l’installation d’un réseau de télécommunication par fibre optique allant de la côte algérienne à Lagos. Il se raccordera au réseau en cours de réalisation reliant le Nigeria à l’Afrique du Sud et permettra d’assurer la jonction entre le Nord et le Sud du continent africain.

Le groupe Sonatrach travaille en étroite collaboration avec son homologue nigérian (NNPC) pour le suivi de cet important projet régional. Les travaux de réalisation seront entamés une fois les études nécessaires achevées. Il devrait alimenter le marché européen à hauteur de 20 à 30 milliards de m3 par an.

La guerre au Sahel a freiné un tant soit peu le gazoduc, qui doit traverser une partie des territoires du Nigeria situés dans la région qui a connu des conflits avec des groupes armés agissant dans le périmètre du Delta du Niger. Aujourd’hui que l’armée nigériane a repris le contrôle de ce vaste territoire, le projet pourrait démarrer très rapidement.

Les cabinets anglais Penspen et IPA Energy qui ont piloté, l’ont conclu dans leur rapport final que « le projet est techniquement faisable et économiquement viable ». Le tracé proposé ferait partir le gazoduc de la région du Delta du Niger, près de la ville de Warri (sud-est du Nigeria) où est située la plus grande partie des réserves. Il passerait ensuite par la plus grande ville du nord du Nigeria, Kano (couvrant ainsi plus de 1000 km dans ce pays).

Il traverserait ensuite le Niger sur 841 km en passant par la ville de Zender, au sud, puis la ville d’Agadez. Le gazoduc ne traverserait pas directement ces villes. Le TSGP parcourrait ensuite le territoire algérien sur près de 1 500 km en passant aux alentours de Tamanrasset avant de rejoindre le complexe gazier de Hassi-Messaoud. 

Il serait ensuite relié à l’Europe grâce à un des gazoducs en construction partant de Hassi R’mel comme le Medgaz qui reliera l’Algérie à l’Espagne ou le Trans-méditerranéan (Enrico Mattei) qui relie déjà l’Algérie à l’Italie via la Sicile depuis 1983. La longueur du gazoduc en Algérie pour rejoindre les côtes européennes sera donc de près de 2 300 km.

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