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Nationale

Le professeur Bessaha crie à la manipulation

Le professeur Bessaha crie à la manipulation

Les recommandations du comité intersectoriel sont loin de répondre aux attentes des   15000  médecins résidents algériens en spécialisation, qui entament leur quatrième mois de grève illimitée.

C’est le constat du professeur Madjid Bessaha, qui s’est exprimé hier au nom de l’Association nationale des praticiens hospitalo-universitaires dont il est le président. Pour ce professeur en médecine légale, la situation est grave et la partie syndicale qui fait partie du comité, à savoir le Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (SNECHU) et le Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) n’est pas habilitée à négocier les revendications « légitimes » des résidents avec les pouvoirs publics.

Il demande en l’occurrence l’implication effective du ministère du Travail en plus du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, qui ont trop tardé pour le faire. Selon lui, il n’y a aucune solution concrète pour satisfaire les protestataires.

Par ailleurs, il estime que les solutions proposées jusque-là sur le service civil sont insensées. « Le comité déclare que le caractère obligatoire du service civil disparaîtra progressivement et que la liste des spécialités concernées actuellement par ce système obligatoire seront réduites à 20 spécialités indispensables. Qu’adeviendra-t-il alors des 40 autres spécialités ? Pourquoi et pour qui les a-t-on formés ? », s’est-il demandé en soulignant qu’il ne s’agit pas là d’une main-d’œuvre à former mais de spécialistes qui devraient répondre aux besoins du pays en matière de couverture sanitaire. « S’il ya un excès dans certaines spécialités, on n’a qu’à bloquer les formations comme cela se fait dans les autres pays lorsqu’il y a une saturation dans certaines branches médicales », a-t-il recommandé.

Tout en reconnaissant la légitimité des revendications des résidents, ce professeur hospitalo-universitaire juge qu’il y a manipulation quelque part pour faire limoger l’actuel ministre, Mokhtar Hasbellaoui, en pointant du doigt le Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires, qui fait partie actuellement du comité intersectoriel. « On parle déjà d’une année blanche. Qui a incité au boycott des examens du DEMS (Diplôme d’études médicales spécialisées) ? N’est-ce pas le SNECHU ? », a-t-il accusé, allant jusqu’dire qu’il y a « une jalousie de certains qui se voyaient à la place de ce ministre ».

Le professeur Bessaha a toutefois reconnu « la légitimité des revendications des résidents qui ont fait une démonstration de force et d’organisation. « Ce sont des jeunes compétents qui méritent le respect, car ils ont fait preuve d’un niveau intellectuel et d’une maturité qui nous laisse perplexe », a-t-il admis en faisant référence à leur plateforme de revendications de 67 pages.

Le monde entier a abandonné les mesures coercitives pour des mesures incitatives, a-t-il constaté, citant l’exemple du Canada qui multiplie par 10 le salaire de ses citoyens désireux d’exercer dans les zones enclavées et lointaines de ce pays

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