-- -- -- / -- -- --
Nationale

Le procès en appel du quatuor de Blida dimanche

Le procès en appel du quatuor de Blida dimanche

Le procès en appel de Saïd Bouteflika, frère et conseiller du Président déchu, du général-major à la retraite Mohamed Mediene, dit Toufik, ancien chef du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), de Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), et du général-major à la retraite Bachir Tartag dit Athmane, ex-coordinateur des services secrets, s’ouvrira dimanche 9 février au tribunal militaire de Blida. Les quatre ont été condamnés à des peines de 15 ans de prison chacun.

Le procès sera présidé par l’ancien président de la première chambre pénale de la cour d’Alger, connu pour son expérience dans le traitement des lourds dossiers. Le président en charge du dossier est le seul magistrat qui a été désigné de la cour d’Alger en qualité de « juge militaire ». Une entière confiance a été placée en lui par le ministre de la Justice et garde des sceaux, Belkacem Zeghmati, pour statuer dans ce genre d’affaires. 
Le premier jour du procès, programmé en septembre dernier, a été caractérisé, rappelons-le, par le refus catégorique du président en charge du dossier de reporter l’audience à une date ultérieure. Le juge militaire a estimé que les demandes formulées par les avocats de la défense relatives au renvoi n’étaient pas fondées. 
Il a été également caractérisé par le retrait du général Bachir Tartag Athmane dit « Bachir » de la salle d’audience qui a abrité le procès et le refus de Saïd Bouteflika, frère de l’ex-président de la République Abdelaziz Bouteflika, alors conseiller à la Présidence, de comparaître devant l’instance judiciaire militaire sous prétexte que cette dernière n’était pas habilitée ni compétente à le juger.
Jugés pour haute trahison et complot selon les chefs d’inculpation retenus contre eux par le juge d’instruction du tribunal militaire, à savoir atteinte à l’autorité de l’armée” et « complot contre l’autorité de l’Etat », les mis en cause n’ont absolument rien dit.
Le magistrat en charge du dossier a, par ailleurs, rejeté la demande du général Toufik de convoquer à la barre l’ex-Président Liamine Zeroual et de l’entendre en qualité de témoin sur les réunions secrètes tenues à la résidence d’Etat de Zéralda. 
Le procès avait débuté par l’audition de l’ex ministre de la Justice et garde des Sceaux puis président du Conseil constitutionnel Tayab Belaiz. Des témoins parmi lesquels des ex-conseillers à la présidence de la République, Boughazi et Rougab.
Les chefs d’inculpation sont lourds, comme les peines encourues par les accusés : « Atteinte à l’autorité de l’armée », puni de 5 à 10 ans de réclusion criminelle et « complot pour changer le régime » passible de la peine capitale. Seuls les avocats et les familles des accusés ont eu le droit d’assister à l’audience, alors qu’un important dispositif policier a été mis en place autour du tribunal militaire de Blida, au sud-ouest d’Alger.
La défense avait admis que Louisa Hanoune avait participé à une réunion avec Saïd Bouteflika et le général “Toufik” le 27 mars 2019, au lendemain d’une déclaration du chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, demandant publiquement le départ d’Abdelaziz Bouteflika.
Quelques jours plus tard, le chef d’Etat-major et homme fort du pays avait accusé, sans les nommer, Saïd Bouteflika et les généraux Mediene et Tartag de comploter contre l’armée.
Les charges retenues contre eux sont lourdes : « Atteinte à l’autorité de l’armée », passible de cinq à dix ans de prison, et « complot contre l’autorité de l’Etat », qui peut leur valoir la peine capitale. Un communiqué final devrait être rendu public par la juridiction militaire à l’issue du procès, selon l’agence de presse officielle.
A l’issue des débats, les inculpés ont été reconnus coupables des faits qui leur ont été reprochés au cours de l’instruction judiciaire, notamment d’avoir organisé une rencontre dans l’enceinte militaire, la résidence Dar El Afia. Une rencontre qualifiée par la loi de crime de complot ayant pour but de porter atteinte à l’autorité militaire et de complot contre l’autorité de l’Etat, faits prévus et réprimés respectivement par l’article 284 du Code de la justice militaire et 78 du Code pénal.
Dans ses réquisitions, le procureur militaire de la République a requis en application de la loi la déclaration de culpabilité des inculpés et leur condamnation à la peine de vingt (20) années de réclusion criminelle. En conformité avec la loi, les accusés et leurs avocats ont été entendus dans leurs défenses et ont eu la parole les derniers.
A l’issue des débats, le tribunal militaire a levé l’audience et s’est retiré pour délibérer en conformité avec la loi. Après délibérations, le tribunal militaire a repris l’audience publique et a rendu son jugement.
Le tribunal militaire a reconnu coupable Bouteflika Saïd des faits qui lui ont été reprochés et l’a condamné contradictoirement à la peine de quinze (15) ans de réclusion criminelle.
Le même tribunal a reconnu coupable Mohamed Mediene, dit général Toufik, coupable des faits qui lui ont été reprochés et l’a condamné contradictoirement à la peine de quinze (15) ans de réclusion criminelle.
La même peine, soit 15 ans de réclusion criminelle, a été prononcée contre Tartag Athmane, dit général Bachir, lequel a été reconnu coupable des faits qui lui ont été reprochés, à savoir atteinte à l’autorité militaire.
La secrétaire générale du parti des travailleurs, Louiza Hanoune, a été reconnue coupable elle aussi des faits qui lui ont reprochés, au même titre que les autres inculpés condamnés, et condamnée à la peine de quinze ans de réclusion criminelle.
Jugé par contumace, car il n’a pas daigné répondre aux multiples convocations du parquet militaire, le général à la retraite Khaled Nezzar a été reconnu coupable des faits qui lui été reprochés et a écopé de 20 ans de réclusion criminelle. Son fils, Lotfi Nezzar, s’est vu infliger la même peine, c’est-à-dire 20 ans de réclusion criminelle par contumace. Le mis en cause a été reconnu coupable d’atteinte à l’autorité de l’Etat.
Le même tribunal a condamné Benhamdine Farid à 20 ans de réclusion criminelle par contumace.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email