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Nationale

Le procès en appel d’Oussama «Escobar» dimanche prochain

Le procès en appel d’Oussama «Escobar» dimanche prochain

Le président de la 8e chambre pénale de la cour d’appel d’Alger, Tayeb Hellali, se penchera dimanche prochain sur l’affaire du narcotrafiquant de drogue Oussama Hanniche, de l’avocate Laoudj Zahira du barreau de M’sila et des 18 autres inculpés, dont les parents ainsi que le frère et la sœur du principal inculpé, et enfin de pas moins de 16 autres accusés dont des gardiens de l’établissement pénitentiaire d’El-Harrach, de l’épouse d’Oussama et de son clandestin.

Si les parents, le frère et la sœur de l’inculpé sont poursuivis pour avoir élaboré un plan machiavélique qui a permis au dangereux malfaiteur alias Oussama Escobar de s’évader de la prison d’El-Harrach, alors qu’il y était emprisonné dans le cadre d’une affaire de 57 quintaux de kif traité qu’il s’apprêtait à faire entrer du Maroc, son épouse et le clandestin sont accusés, depuis l’ouverture de l’enquête préliminaire et de l’instruction judiciaire, de non-dénonciation de criminel.

Pour rappel, des peines allant de deux à cinq ans de prison ferme ont été prononcées par le président du tribunal correctionnel d’El-Harrach contre les inculpés qui demeurent incarcérés, soit à l’établissement pénitentiaire d’El-Harrach, soit à celui de Koléa.

L’avocate incriminée a introduit un appel sollicitant la révision de la peine prononcée contre elle lors du premier jugement. Elle a par ailleurs constitué une avocate connue pour son professionnalisme, Me Karima Boutadjine Taflis.
L’avocate en question promet de faire de fracassantes révélations au cours des débats.

La mise en cause a déclaré, tout au long de son passage à la barre, que « le principal inculpé a menacé de kidnapper son enfant au cas où elle refusait de lui porter aide et assistance pour s’évader de la prison d’El-Harrach ! ».

Par ailleurs, l’épouse d’Oussama Hanniche, enseingnante dans un établissement primaire à Alger, a intenté une procédure devant la présidente chargée de la section du statut personnel du tribunal d’Hussein Dey demandant le divorce.

« Il m’a trahi. J’ai quitté le domicile conjugal à plusieurs reprises car il me battait presque quotidiennement. Je ne savais pas qu’il était un baron de la drogue ! », a-t-elle déclaré. Il convient de rappeler que le procès qui devait avoir lieu le 12 décembre dernier a été ajourné suite au non-transfert d’Oussama Hanniche de la nouvelle prison de Koléa.

Retour sur l’évasion particulière d’« Escobar »

Le baron de la drogue, qui s’est évadé de la prison d’El-Harrach en avril dernier, a été arrêté à la mi-juin à Aïn Témouchent. C’est ce qu’a annoncé le 17 juin dernier le procureur de la République du tribunal d’El-Harrach, Mohamed Zaâtout, qui occupait le poste de procureur général près la cour d’Alger, lors d’un point de presse qu’il a animé au siège de l’institution judiciaire qu’il gère.

Le premier responsable du parquet d’El-Harrach a d’emblée affirmé aux journalistes : « le mis en cause a été arrêté suite à une minutieuse enquête bel et bien menée par des éléments de la police judiciaire de la Gendarmerie nationale en plein cœur de la ville d’Aïn Témouchent. »

Le procureur principal a par ailleurs indiqué que « l’évadé a été présenté devant nos instances et a été placé sous mandat de dépôt à l’établissement pénitentiaire de Koléa ». Il a également fait savoir que « la décision de l’incarcération du mis en cause a été prise par le juge de la 4e chambre d’instruction du tribunal d’El-Harrach chargé d’enquêter dans l’affaire du trafic de drogue dans laquelle Oussama Hanniche est impliqué ».

Dans le même volet, le procureur principal a déclaré que « le locataire de la prison de Koléa est poursuivi conformément aux graves accusations retenues contre lui par le juge d’instruction du pôle judiciaire du tribunal de Sidi M’hamed et par les magistrats de la chambre d’accusation dans une affaire criminelle liée à la constitution d’une association de malfaiteurs et de trafic de drogue ».

 Le procureur a tenu à souligner : « L’inculpé a été arrêté après une cavale qui a duré presque deux mois, après avoir bénéficié de la complicité de son avocate pour échapper à la surveillance des gardiens, et ce avant de s’évanouir dans la nature ».

Pour rappel, le détenu, placé sous mandat de dépôt le 28 février 2016 pour trafic de drogue, port d’armes à feu de munitions aussi que faux et usage de faux, a réussi à s’évader de la prison d’El-Harrach, selon les éléments de l’enquête préliminaire menée par la Gendarmerie nationale d’El-Harrach, après avoir bénéficié de la complicité de son avocate. L’avocate s’est rendue au pénitencier pour une visite de routine à son client.

Après les entretiens et avant de quitter la prison, elle a remis une robe d’avocat et un badge au détenu pour circuler librement dans les couloirs, avant d’arriver à la porte de sortie en toute quiétude. L’avocate a ensuite quitté les lieux mais les gardiens ne se sont rendu compte de l’évasion que dans l’après-midi, lors de la vérification des geôles.

L’alerte donnée, un important dispositif de sécurité a été déployé aux alentours de la prison, sur les routes et sur les autoroutes, où il y a eu des fouilles sur des centaines de véhicules, notamment sur l’axe de M’sila, d’où l’avocate et le détenu sont originaires.

Les services de la Gendarmerie nationale ont même mobilisé les unités de Blida, de Boumerdès, de Médéa et de Tipasa pour boucler les villes du Centre. Informé des faits, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, a immédiatement suspendu le directeur du pénitencier et son adjoint, alors que la direction générale de l’administration pénitentiaire s’est constituée partie civile.

Le même soir, un bulletin de recherche a été lancé à l’échelle nationale alors que la police des frontières a été destinataire du portrait de l’évadé, H. Oussama. Au même moment, les brigades cynophiles et un hélicoptère ont été mobilisés pour sillonner le Grand Alger en vue de localiser ce prisonnier, notoirement connu dans le milieu de la drogue.

L’affaire ayant pris de l’ampleur, l’enquête a été confiée à la section de recherches (SRGN) du groupement d’Alger, habilitée pour les grandes investigations. Il ressort qu’effectivement, cette évasion était le fruit d’un plan diabolique bien préparé par le détenu et son avocate. Le même jour, les enquêteurs de la SRGN ont mis la main sur ladite avocate, qui a été placée sous mandat de dépôt.

Selon notre source, « tous les éléments convergent et démontrent que l’avocate, mise en cause dans cette affaire, a planifié l’évasion de son client ».

Conduite à Bab Djedid, où elle a été auditionnée, celle-ci a reconnu les faits. Les enquêteurs ont démontré qu’elle avait touché une somme de 5 milliards pour organiser cette évasion. Devant ces aveux gravissimes, les enquêteurs ont auditionné, sur instruction du ministre de la Justice, Tayeb Louh, plus de 20 personnes, dont des gardiens de prison et des détenus proches de H. Oussama.

Outre les enquêteurs de la SRGN, M. Louh a dépêché des inspecteurs de son département au pénitencier d’El-Harrach ainsi que des inspecteurs de l’administration générale des pénitenciers pour diligenter une enquête administrative.

Après quoi, M. Louh a ordonné la prolongation de la garde à vue de la mise en cause, d’autant que la SRGN soupçonne l’existence d’un réseau qui serait derrière cette évasion organisée. Du coup, indique notre source, « il s’agit d’une circonstance aggravante. Car un avocat, par définition, est un partenaire de la justice et non le contraire ». Ladite avocate a été entendue par les enquêteurs.

De son côté, le procureur de la République près le tribunal d’El-Harrach a prescrit une extension de compétences aux enquêteurs de la SRGN au lendemain de son arrestation, et ce afin d’opérer des recherches et de perquisitionner dans son domicile conjugal et familial de M’sila.

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