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Nationale

Le procès en appel d’Ali Haddad ce dimanche

Le procès en appel d’Ali Haddad ce dimanche

L’homme d’affaires Ali Haddad aura l’occasion de sortir de la prison d’El Harrach où il est incarcéré depuis plus de quatre mois. Il sera traduit ce dimanche devant les juges de la chambre pénale de la cour d’Alger.
L’ex-patron du FCE comparaîtra dans le procès en appel au même titre que le commissaire divisionnaire, chef de service du centre biométrique sécurisé, Hassen Boualem.
Le président du tribunal correctionnel de Bir Mourad Raïs avait condamné le 17 juin dernier l’ex-patron des patrons algériens à six mois de prison ferme assortis de 50 000 dinars d’amende.
L’ex-proche de Saïd Bouteflika s’est vu infliger une sanction administrative liée à la saisie de ses deux passeports.
Quant au commissaire de police, il a été condamné à deux mois de prison avec sursis pour s’être rendu coupable d’avoir remis le passeport objet de la poursuite judiciaire à titre de complaisance. 
Les deux mis en cause sont poursuivis dans le cadre d’une affaire de faux dans des documents administratifs, à savoir un passeport biométrique.
Le procureur de la République avait requis, le 3 juin dernier, une peine de 18 mois de prison ferme assortis de 100 000 dinars d’amende contre Ali Haddad, poursuivi pour usage de faux et circulation avec un passeport de manière illégale.
Le même procureur avait requis 18 mois de prison ferme assortis de 100 000 dinars contre Hassen Boualem, accusé d’avoir établi le passeport objet de la poursuite judiciaire.
Appelé à la barre pour donner sa version des faits qui lui ont été reprochés au cours de l’enquête préliminaire et l’instruction judiciaire, l’ex-président du FCE a affirmé au juge : « Je devais présider une délégation qui devait faire une tournée à l’étranger. J’ai dit à l’ancien chef du gouvernement, Abdelmalek Sellal, qu’il me serait impossible de faire le déplacement car les pages de mon passeport étaient déjà remplies. Suite à quoi Abdelmalek Sellal a appelé l’actuel Premier ministre, alors ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales Noureddine Bedoui, qui m’a orienté vers le secrétaire général de la tutelle, Maazouz Hocine ».
Ali Haddad avait ajouté : « Ce dernier a appelé Hassen Boualem et lui a suggéré de me préparer le passeport biométrique dans les plus brefs délais ! ».
A la question de savoir pourquoi il n’a pas voyagé avec le premier passeport qu’il possède, Ali Haddad explique : « Je devais assister à un forum économique international aux Etats-Unis et mon premier passeport contenait le visa de l’Iran. J’avais peur que les autorités américaines ne m’accorderaient pas le visa. »
« Est-ce que vous avez payé la quittance de 12 000 dinars de votre nouveau passeport ? », interrogeait le juge. Réponse d’Ali Haddad : « Non ! Je ne l’ai pas payée ! ». Et le président de répliquer : « Vous avez donc bénéficié d’une faveur, d’une exception ! »
Le commissaire divisionnaire qui se charge toujours du service des documents biométriques sécurisés, Hassen Boualem, a quant à lui déclaré : « Je n’ai fait qu’appliquer les directives du secrétaire général du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, Maazouz Hocine qui m’a appelé et m’a suggéré de remettre le passeport, objet de la poursuite judiciaire dont je fais l’objet, à Ali Haddad ».
Il a tenu à préciser au président du tribunal :
« Je ne connais pas personnellement Ali Haddad. J’ai remis son passeport à son secrétaire personnel qui s’est présenté à l’administration pour le récupérer ! ».
Le premier responsable du service biométrique, Hassen Boualem, avait en outre affirmé que « Ali Haddad n’a pas présenté un dossier de base pour le deuxième passeport qui lui a été remis et qu’il s’est basé sur les premières données qui ne changeront pas ».
Un des avocats d’Ali Haddad, Kamel Alleug, a indiqué dans sa plaidoirie qu’ : « il s’agit d’un simple dossier qui a été traité de manière anormale. Mon client au moment de son arrestation par les services de sécurité à Oum Tboul ne faisait pas l’objet d’interdiction de sortie du territoire national. Ali Haddad a été présenté le 2 avril dernier à minuit et n’a été auditionné par le juge d’instruction qu’à 5 heures du matin. Il a passé plus de 72 heures dans les geôles de la police ! C’est une entrave à la loi ».
Il avait par ailleurs souligné que « la Présidence de la République et la chefferie du Gouvernement comptaient beaucoup sur les discussions qu’entreprenait son client à l’échelle mondiale. Ali Haddad a sacrifié son argent pour investir dans plusieurs domaines, en guise de reconnaissance il se retrouve incarcéré comme un véritable voyou ! ».
Plaidant en faveur de son client Hassen Boualem, Me Zeraïa l’Khemissi a dressé un dur réquisitoire contre l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal et l’actuel Premier ministre, alors ministre de L’Intérieur et des Collectivités locales : « Mon client mérite le respect et la considération. C’est un cadre supérieur qui a fait beaucoup pour améliorer le service biométrique. En guise de reconnaissance il se retrouve poursuivi en matière pénale pour la simple raison qu’il a appliqué à la lettre les directives qu’il recevait d’en haut. Sellal, Bedoui et Maazouz doivent être poursuivis et jugés par rapport à leur responsabilité dans la délivrance du 2e passeport trouvé en possession d’Ali Haddad »
Et de conclure : « Mon client devait être entendu à charge et à décharge mais malheureusement le magistrat s’est contenté de l’entendre en tant qu’inculpé ! Mon client est innocent des faits qui lui sont reprochés, et c’est pourquoi je sollicite la relaxe car j’estime que les preuves légales et matérielles relatives à son accusation sont nulles et non avenues ».
Il convient de signaler qu’Ali Haddad a été auditionné par le magistrat instructeur de la Cour suprême dans le cadre des affaires des deux ex-Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, tous deux incarcérés à la prison d’El Harrach.
Redouane Hannachi

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