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Nationale

Le problème de l’Algérie n’est pas dans ses vulnérabilités mais dans le modèle économique »

Le problème de l’Algérie n’est pas dans ses vulnérabilités  mais dans le modèle économique »

M. Yacine Ould Moussa, journaliste économiste et enseignant à l’Ecole Nationale Supérieure de Journalisme et à l’Ecole Supérieure de Banque, considère que le constat établi jeudi à Alger par le directeur du département du Moyen-Orient et Afrique du nord au FMI, Masood Ahmed, st « pertinent », mais il n’omet pas de mentionner que la prise en compte des remarques et observations de l’Institution de Bretton-Woods dépendra de la « pertinence du modèle de développement qu’adopteront les pouvoirs publics dans un proche avenir ».

Le haut responsable au niveau du FMI a déclaré avant-hier à Alger que l’Algérie dispose des atouts nécessaires pour faire face aux effets de la chute des prix du pétrole mais doit accélérer ses réformes économiques pour consolider sa résilience.

“L’Algérie est beaucoup mieux préparée et sa position est plus forte par rapport aux années 1980 pour faire face aux chocs externes liés à la chute des cours mondiaux de brut”, a expliqué le Directeur du département du Moyen-Orient et Afrique du nord au FMI, lors d’une conférence sur l’impact de la baisse des prix du pétrole sur les pays de la région, en présence du Gouverneur de la Banque d’Algérie, M. Mohamed Leksaci.

Dans une déclaration au Jeune Indépendant ,vendredi, en guise de réaction aux propos du responsable du FMI, M. Yacine Ould Moussa estime que c’est la troisième fois que l’Algérie fait face à ce genre de crise financière due à la chute du prix du baril de pétrole, après 1986 et 1990. Il a jouté qu’il a fallu 16 années aux prix du pétrole pour retrouver leur niveau d’avant la première crise. Cependant, fait remarquer l’expert en économie, « le gouvernement n’a pas su gérer la prospérité » induite par la remontée des prix du baril.

Cet état de fait a fait dire à M. Ould-Moussa que « l’Algérie ne souffre pas de crise pétrolière mais de crise de gouvernance ». Pour argumenter, notre interlocuteur.
M. Ould Moussa partage le constat du responsable du Fmi au sujet des vulnérabilités de l’Aglérie, ajoutant qu’elles sont « nombreuses ».

Concernant la déclaration, de M. Massod selon laquelle pour réduire le déficit budgétaire, « le prix d’équilibre du baril de l’Algérie (c’est-à-dire le prix du baril permettant d’assurer un équilibre budgétaire), est estimé à 120 dollars, soit l’un des plus élevés au monde », M. Ould Moussa dit que l’Algérie ne se portera pas mieux même avec un prix du baril à 140 dollars ». Et pour cause ? Il estime que « le prix du baril se fait ailleurs tout comme pour les importations de l’Algérie »

Il en voudra pour exemple le fait que l’Algérie se retrouve impliquée dans cette bataille pour l’exploitation des énergies non conventionnelles (gaz de schiste) alors que le pays a besoin d’une « politique plus structurante ».
Réagissant aussi à la déclaration du responsable du FMI selon laquelle l’Algérie est plus outillée aujourd’hui pour faire face à la crise qu’en 1980, l’expert algérien s’est interrogé : « On est plus outillé ? On est 40 millions d’Algériens aujourd’hui, nous avons une bureaucratie étouffante et une croissance tirée uniquement des hydrocarbures et du BTPH… »
Il ajoutera aussi que le fait que l’acte d’investir en Algérie soit entre les mains d’ »une seule personne, le wali en l’occurrence et qui peut l’annuler en refusant d’octroyer un lot de terrain, ne favorise pas la croissance et le développement.
Pour résumer, M. Yacine Ould Moussa estime que « théoriquement on a des ressources mais on n’a pas de modèle de développement ».
Il ajoute que le problème de l’Algérie, ce ne sont pas ses vulnérabilités mais sa façon de gérer ces vulnérabilités qui se fait sans consultation des différents acteurs et de plaider pour un « consensus national » à ce sujet.

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