Le prix du mouton importé de l’Aïd el Ad’ha fixé à 50 000 DA
Le prix du mouton importé fixé à 50 000 DA vise à préserver le pouvoir d’achat des ménages aux revenus modestes à l’approche de l’Aïd El Adha. Pour Mustapha Benaoui, ancien cadre au ministère de l’Agriculture et expert du secteur, cette opération demeure non seulement nécessaire pour répondre à la forte demande, mais aussi pour accompagner la reconstitution progressive du cheptel ovin national, fragilisé par les effets du changement climatique et la dégradation des zones steppiques.
Selon lui, la mesure de plafonner le prix du mouton importé à 50 000 DA, décidée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors du Conseil des ministres, tenu avant-hier, vise avant tout à préserver le pouvoir d’achat des citoyens, en particulier des classes moyennes. « Au vu des prix actuellement pratiqués sur les marchés à bestiaux, qui oscillent entre 150 000 et 200 000 DA la tête, cette mesure est de nature à soulager une partie des ménages », a-t-il expliqué.
L’expert estime par ailleurs que l’opération d’importation de moutons est non seulement justifiée, mais qu’elle restera nécessaire pendant plusieurs années. Au-delà de son aspect social, elle s’inscrit également dans « une logique de reconstitution du cheptel ovin national, fortement affecté par les évolutions climatiques et environnementales », a-t-il ajouté, ce lundi, lors de son passage à la Radio nationale.
Il a rappelé qu’au cours des années 1980, l’Algérie comptait entre 25 et 30 millions de têtes ovines. Toutefois, les sécheresses prolongées ayant débuté au milieu des années 1970, combinées à la désertification progressive des zones steppiques, principal territoire de l’élevage ovin, ont entraîné une dégradation du couvert végétal et une réduction importante des capacités d’élevage.
Dans ce contexte, l’importation temporaire de bétail apparaît « comme une solution permettant d’accompagner la reconstruction progressive du cheptel national », a-t-il souligné. Cette nécessité est d’autant plus marquée que la demande en viande ovine reste très élevée tout au long de l’année.
« Nous sommes actuellement en période de Ramadan, durant laquelle la consommation de viande ovine est importante. Ensuite viendra l’Aïd El Adha, qui représente à lui seul un besoin estimé entre 3 et 4 millions de têtes. À cela s’ajoute la période suivant le retour des pèlerins, également marquée par une forte consommation », a-t-il souligné.
Selon ses estimations, les besoins pourraient atteindre près de 6 millions de têtes d’ici la fin de la période estivale. Or, le cheptel ovin national est aujourd’hui estimé à environ 18 millions de têtes, dont près des deux tiers sont des brebis destinées à la reproduction, ce qui limite le nombre d’animaux disponibles pour la consommation.
Dans ces conditions, l’expert juge l’opération d’importation « logique », à condition qu’elle soit intégrée dans une stratégie nationale structurée de repeuplement et de développement de l’élevage ovin.
Par ailleurs, il a salué les instructions données par le président de la République visant à assurer un suivi rigoureux de l’opération d’importation, afin de lutter contre la fraude, la contrebande et la spéculation, une mesure qu’il considère comme « plus qu’indispensable ».
Benaoui a également rappelé que l’opération d’exportation des moutons menée l’année dernière avait révélé plusieurs insuffisances, notamment en matière de prise en charge du cheptel dès son arrivée sur le territoire national. Des lacunes ont été constatées au niveau des infrastructures de quarantaine, pourtant essentielles pour des raisons sanitaires, il y avait également des incohérences dans le choix des sites de commercialisation, ainsi que dans les conditions d’alimentation, d’abreuvement et de livraison du bétail »,a-t-il noté.
Pour éviter la répétition de ces dysfonctionnements, l’expert a préconisé d’identifier davantage de sites d’accueil et de commercialisation, tout en renforçant la prise en charge sanitaire. « Les opérations de contrôle vétérinaire doivent être intensifiées afin de garantir la sécurité du cheptel et du consommateur », a-t-il insisté.
A ce propos, Il a estimé nécessaire de revoir le dispositif de distribution au profit des citoyens, afin de rendre l’opération plus fluide et plus efficace, et ce, afin de garantir une organisation optimale de l’opération et de s’assurer qu’elle profite réellement aux ménages, en particulier aux classes moyennes.