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Le président ukrainien exclut tout sommet sur la paix en Ukraine sans retrait militaire

Le président ukrainien exclut tout sommet sur la paix en Ukraine sans retrait militaire

Faisant face à des pressions de ses adversaires politiques, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé ce jeudi qu’il était impossible de tenir tout sommet sur le conflit dans l’est de l’Ukraine, notamment avec Vladimir Poutine, sans qu’il y ait un retrait préalable des troupes des deux camps et un cessez-le-feu durable.
« Tant qu’il y aura des personnes de chaque côté qui tireront par-ci par-là, il n’y aura pas de retrait de troupes et s’il n’y a pas de retrait, il n’y aura pas de format Normandie », a-t-il dit lors d’une rencontre avec les médias ukrainiens et étrangers.
Le format Normandie est le nom donné au sommet des dirigeants ukrainien, russe, allemand et français sur la paix dans l’est de l’Ukraine, et qui est paralysé depuis 2016.
Mercredi, les rebelles prorusses dans l’est de l’Ukraine ont accusé des groupes nationalistes ukrainiens de « provocations » ayant fait échouer un retrait de troupes des deux camps de la ligne de front. De son côté, Kiev a indiqué être prêt à un retrait militaire une fois qu’un cessez-le-feu total de sept jours aura été respecté. 
M. Zelensky a exigé que les séparatistes « garantissent » le retrait effectif de leurs combattants de la ligne de front et que Kiev retrouve le contrôle « à 100% » de sa frontière avec la Russie, ce que les rebelles qui en contrôlent une partie refusent. Zelensky se prépare activement à un premier sommet avec son homologue russe, pour relancer le processus de paix dans l’est de l’Ukraine, un conflit vieux de cinq ans et qui a fait quelque 13.000 morts.
Ce processus de paix est actuellement au point mort. Des négociateurs russes et ukrainiens ont toutefois convenu mardi dernier d’une feuille de route prévoyant un statut spécial pour les régions séparatistes avec des élections locales libres, conformes à la constitution ukrainienne et validées par les observateurs internationaux.

Condition clé
L’accord provisoire sur une feuille de route était une condition clé émise par Moscou pour participer à un sommet à quatre avec le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel.
Un tel sommet quadripartite (Russie, Ukraine, France, Allemagne), baptisé “format Normandie”, n’a plus eu lieu depuis 2016 à Berlin.
Ce plan est désigné sous l’appellation de “la formule Steinmeier”, du nom de l’ancien ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, qui l’avait proposé.
Mais les critiques en Ukraine affirment qu’il est favorable à la Russie. L’ex-président Petro Porochenko l’a qualifié de “formule Poutine”, estimant qu’il entérinera l’annexion de la Crimée par la Russie et le contrôle de facto de l’est de l’Ukraine par Moscou.
Dimanche dernier, des milliers de personnes ont manifesté à Kiev pour dénoncer l’approbation par Zelensky de la « formule Steinmeir » la qualifiant de « capitulation » devant les russes.
Pour les manifestants, une plus grande autonomie accordée aux républiques populaires auto-proclamées de Donestk et de Lougansk se ferait au détriment des intérêts de l’Ukraine.
La foule a menacé devant le parlement d’ériger des barricades si le président ukranien soumettait au vote des députés des dispositions favorables à la Russie.
L’ancien représentant de l’Ukraine à Minsk, Roman Bezsmertny, a déclaré que la signature de la formule Steinmeier n’apporterait pas la paix mais la guerre à son pays car les conditions de cette formule ne sont pas dans l’intérêt de l’Ukraine. Pour lui, organiser les élections dans le Donbass selon cette formule reviennent à légitimer les autorités actuelles de la RPDonbass et de la RPLouhansk, et cela reviendrait à créer une nouvelle Transnistrie. Il a aussi exhorté Zelensky à désavouer cette signature lors de la rencontre au Format Normandie.

Les plus radicaux comme Andriy Parouby, qualifient cette signature de démembrement de l’Ukraine, tandis que l’ex-conseiller de Porochenko, Konstantin Eliseev, l’a qualifiée de reddition. Un thème repris par Arkadi Babtchenko , qui a déclaré que la capitulation de l’Ukraine n’avait pas eu lieu hier, mais le 21 avril 2019 .
Des groupes paramilitaires nationalistes ont également menacé de prendre le contrôle des zones qui seront abandonnées par l’armée ukrainienne en cas de retrait.
Dans un message à la Nation la semaine dernière, Zelensky a invité ses compatriotes à “ne pas céder à la provocation”, promettant de ne pas attenter aux intérêts du pays.
L’Ukraine a une nouvelle fois démontré son attachement à la résolution pacifique du conflit dans le Donbass et à sa détermination à adopter des compromis difficiles à cette fin. À la suite de l’initiative du cessez-le-feu, du désengagement des forces et de la libération réciproque volontaire des détenus, l’Ukraine a déployé de nouveaux efforts importants en vue d’un règlement pacifique dans le Donbass.

La balle dans le camp russe
Pour Kiev, il est revient désormais à la Russie de prendre des décisions concrètes soient lors de la réunion qui concourent à rétablir la souveraineté de l’Ukraine sur le Donbass. Le texte « constitue un mécanisme visant à mettre en œuvre l’une des dispositions des accords de Minsk, notamment l’application de la loi ukrainienne dans les régions de Donetsk et de Louhansk », soulignent les medias ukrainiens. Cet accord doit notamment aboutir à des élections locales à Donetsk et au Louhansk conformément à la législation ukrainienne et sous le contrôle de l’OSCE / BIDDH.
La tenue de ces élections implique le droit de vote pour les personnes déplacées, la participation des partis politiques ukrainiens, le libre accès des médias ukrainiens à ces régions tout comme les observateurs internationaux. Pour Kiev, la balle est désormais dans le camp russe.
Côté russe, cette signature a été l’occasion de déclarations parfois euphoriques, certains allant jusqu’à dire que c’était enfin un premier pas concret vers la paix dans le Donbass. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, disant espérer que cela créera « une atmosphère positive pour la poursuite de la mise en œuvre des accords de Minsk  ». Une position rejointe par le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.

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