La médiation de la république pour consacrer l’Etat de droit  – Le Jeune Indépendant
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Nationale

La médiation de la république pour consacrer l’Etat de droit 

La médiation de la république pour consacrer l’Etat de droit 

Arrivé à la tête de l’Etat au lendemain d’un hirak qui a, pour le moins que l’on puisse dire, repétri le landernau politique, le Président Abdelmadjid Tebboune, parti défavorisé lors d’une campagne électorale manipulée en faveur de l’un de ses rivaux, puis, freiné dans ses élans, en tant que Président élu, par la maladie et par une situation pandémique handicapante, a réussi, durant l’année 2021, à rééquilibrer la situation et à conforter ses assises politiques et populaires, en faveur d’un Etat de droit.

Haro sur la bureaucratie
On ne peut que très mal gouverner sous une administration bureaucratique. C’est ce que le Président a compris dès les premiers mois de gestion des affaires du pays, peut-être même avant, ayant été, durant des décennies, à différents échelons des institutions de l’Etat, et ayant subi, en tant que gestionnaire, les travers d’une administration procédurière et fardée par des textes de loi complexes et parfois obsolètes.

C’est cela, certainement, qui explique la réactivation immédiate, dès son accession à la magistrature suprême, de l’institution de Médiateur de la République. C’est certainement aussi l’insatisfaction, dans laquelle il se trouvait, de voir que son « éclaireur » , envoyé en reconnaissance auprès de populations auxquelles il voulait donner les meilleurs gages de sa bonne foi et de sa bonne volonté, ne semblait pas accomplir, comme il l’entendait, la mission qu’il lui avait confiée, qui a poussé le chef de l’Etat à mettre fin, ainsi, à un fonctionnement qui n’était pas celui d’une institution vouée au service du citoyen.

D’une mission…à l’autre
La nouvelle version du Médiateur de la République, avec sa nouvelle figure, a très vite montré la différence. Brahim Merad, en homme sobre, intègre et droit, sans coloration politique, sinon celui d’un commis de l’Etat qui a à son actif une brillante et longue carrière de Wali, semble avoir bien pris les rênes, et ce juste après avoir donné ses preuves sur le terrain de la plus grande proximité en tant que chargé de mission en charge des zones d’ombre.

Le profil fait douter ceux qui ont l’habitude des « bêtes politiques » et rares étaient ceux qui savaient que derrière cette figure paternelle, au sourire facile et au faciès avenant et amène, se cache un caractère fort et déterminé et une personne habituée aux défis et au travail de longue haleine.

Très vite, ayant des objectifs, des délais et une obligation de résultats, le nouveau Médiateur de la République et l’institution éponyme avancent sur le dossier que leur a confié le Président, à savoir celui de rendre justice aux citoyens floués par les administrations et les institutions publiques et qui, après avoir épuisé toutes les voies de recours, s’en viennent, pour l’appel de la dernière chance, requérir auprès du Médiateur.

Distant par rapport aux réflexes politiques calculateurs et surtout attaché à réussir sa mission, Brahim Merad, au lieu de vouloir être partout et nulle part, comprend très vite que l’efficacité réside dans le déploiement local, et ce sont 58 délégués de wilayas, outre un 59e qui s’occupe de la circonscription administrative de Debdeb, qui se mettent à l’écoute des citoyens requérants partout en Algérie.

Malgré les efforts et une volonté forcenée d’avancer très vite, une administration très lourde, réticente et récalcitrante, réfrène les élans du Médiateur que l’on soupçonne d’être « un gouvernement parallèle » du Président Tebboune. « Et alors ! », semble signifier le Président, par des sorties médiatiques qui donnent le ton à sa volonté irréversible de faire de cette institution un observateur majeur des travers de l’administration.

Non seulement, le Premier ministre est instruit pour mobiliser ministres et walis afin de prendre en charge sérieusement les dossiers adressés, à eux, par le Médiateur, mais le Président ne manque pas d’investir le Médiateur de la République d’une nouvelle mission, celle de libérer des entraves bureaucratiques les projets et investissements en instance au sein de l’administration. Dossier de la plus haute importance auquel est suspendue une partie du bilan du mandat du Président, sachant que la résolution de ce dossier est, en partie, garante de l’impulsion d’une dynamique économique et sociale au niveau de toutes les Wilayas concernées, et elles le sont toutes, notre pays ayant, subrepticement mais sûrement, érigé la bureaucratie en sacerdoce.

La bureaucratie et la méfiance, un stigmate
De la même façon qu’il a fallu l’intervention du Président pour que les administrations prennent en charge les dizaines de milliers de dossiers qui leur viennent du Médiateur, il fallait attendre, après le Conseil des ministres qui a été le théâtre de la décision, un discours d’humeur du Président lors d’un colloque sur la relance industrielle où, de la manière la plus déterminée et la plus outrée, le chef de l’Etat a dénoncé cette bureaucratie opiniâtre qui résiste au changement et ces bureaucrates qui bloquent la machine économique, allant jusqu’à brandir le soupçon, au demeurant avéré, de corruption.

Les esprits raisonnables se sont alignés sur les impératifs auxquels appelait la sortie médiatique du Président, mais les plus méfiants, y compris parmi eux, ceux qui, peut-être par mauvaise foi, ont l’air d’exiger qu’on les laisse braconner pour qu’ils lèvent leurs verrous bureaucratiques, demeuraient campés sur leurs positions, attendant, en bureaucrates, un document écrit qui les déresponsabilise par rapport aux initiatives antibureaucratiques dans lesquelles le Président entend les engager.

Détermination oblige, le chef de l’Etat n’a pas attendu la semaine dernière pour diffuser cette clé miraculeuse qui libère enfin les plus récalcitrants parmi les administrateurs de ce pays, afin que le bon sens et l’intérêt bien compris de l’Algérie et du citoyen algérien, dont l’investisseur créateur de richesse et d’emploi, reprennent leurs droits sur une administration qui souffre d’un mal mortifère qui n’a pas fini de faire parler de lui et de faire courir nos politiques.  

2022 au seuil de laquelle ces faits trouvent tout leur sens, sera l’année de l’économie et de la prise en main des grands dossiers de l’investissement qui n’ont pu démarrer au plus fort de la crise de la pandémie de Covid-19. Le Président continuera-t-il à parier sur l’action du Médiateur de la République pour conforter ses résultats et ses engagements ? Ira-t-il jusqu’à constitutionnaliser cette institution pour lui donner force et légitimité qu’elle ne tire, à ce jour, que de sa personne ? Wait and see.

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