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Nationale

Le président du FCE Mohamed Sami Agli au JI : « Aux côtés des autorités pour juguler la crise »

Le président du FCE Mohamed Sami Agli au JI : « Aux côtés des autorités pour juguler la crise »

Alors que la tripartite réunissant gouvernement, patronat et syndicats est annoncée pour les semaines à venir, le Forum des Chefs d’entreprises (FCE), entend changer sa dénomination et s’inscrit d’ores et déjà dans la rupture avec l’ancien ordre ayant marqué l’organisation patronale.
Le président du FCE, Mohamed Sami Agli évoque dans cet entretien accordé au Jeune Indépendant la vision du Forum au s’agissant de la gestion de la crise post-Covid-19.
Il souligne que les entreprises affectées par la crise ne demandent pas d’amnistie fiscale, mais suggèrent un assouplissement de paiement de leurs impôts. 
Toutefois, M. Agli estime que cette crise sanitaire est une opportunité pour revoir le dispositif économique de manière profonde et affirme son soutien à la démarche du gouvernement dans la conjoncture actuelle initiée par le président de la République Abdelmadjid Tebboune.

Le Jeune Indépendant : Le FCE avait annoncé récemment son intention de changer sa dénomination lors de la prochaine assemblée générale devant se tenir dans les plus brefs délais. Quels sont les motifs qui vous poussent à prendre cette décision ?

Mohamed Sami Agli : Les motifs dans toute chose un bilan doit se faire et on prend des décisions suite à des concertations. Je pense qu’une année après mon élection à la tête du FCE nous avons parlé de changement qui a été demandé par les membres du Forum et s’inscrit dans le fonctionnement de n’importe quelle organisation. Quant au changement de la dénomination, il sera soumis à un vote lors de l’assemblée générale, il sera acté après l’approbation de cette derrière. Nous n’avons pas encore choisi de nouvelle dénomination, mais l’essentiel est qu’au FCE nous voulons marquer la rupture avec la période précédente et penser à la modernisation de l’organisation. Il s’agit de la mettre sur le rail pour qu’elle puisse reprendre sa mission initiale et son statut apolitique. Cet élan de changement nous l’avons entamé en installant de nouvelles têtes et va se poursuivre afin d’aller vers un changement radical.

LJI : il y a plus d’un mois le président de la république Abdelmadjid Tebboune avait instruit le premier ministre de préparer la tenue de la tripartite dans les semaines à venir. Est-ce que le FCE a été associé à cette rencontre regroupant le gouvernement, le patronat et les syndicats ?

M S A : Oui, le Forum a été concerté. Nous avons eu l’honneur d’avoir rencontré plusieurs ministres afin de porter nos propositions et notre vision concernant les différents secteurs ; l’industrie, les finances, le bâtiment, le commerce et même le secteur de la santé et nous sommes dans notre rôle car le Forum est une force de proposition. Bien que la date de la prochaine tripartite n’ait pas encore été fixée, les concertations ont eu lieu et se poursuivent entre organisations patronales pour ne pas être éparpillé. Chose est certaine, nous sommes unis pour accompagner la démarche des pouvoirs publics dans la conjoncture actuelle d’autant plus que nous sommes un partenaire avec le gouvernement dans la gestion de cette crise. Un partenaire qui se veut utile. Il nous appartient de transmettre la réalité de l’entreprise et d’agir de manière saine loin de tout lobbying.
 
LJI : Quels sont les principaux dossiers que le FCE entend soumettre à la tripartite ?
M S A : je ne peux pas vous répondre exactement sur les dossiers à soumettre au débat. En tout cas, nous allons certainement évoquer les questions d’actualité ; la crise économique et surtout l’avenir.

LJI : Quelle est la vision du FCE concernant la gestion de la crise post-coronavirus et quels sont les domaines prioritaires pour le redressement de la situation économique du pays ?
M S A 
: il n’y a pas de solution miracle, les solutions sont basiques ; remettre la valeur du travail en avant, s’adapter à cette crise sanitaire qui risque de durer encore selon l’avis des experts. Après le déconfinement, nous devrons être prudents et adopter les gestes barrières et toutes les mesures préventives dans les milieux du travail. Pour la crise économique de notre pays, elle est un peu particulière et a débuté réellement en 2014 suite à la chute des cours du pétrole. Puis, elle s’est accentuée au fil des évènements. Avant le Covid-19, rappelez-vous qu’en 2019 il y a eu une crise politique qui a impacté ces entreprises. Pour ce qui est du redressement de la situation, il va falloir d’abord s’attaquer à la bureaucratie, car le temps à passer dans nos administrations coute très cher, s’ajoute à cela la facilité de l’accès à l’investissement et au foncier. Il y a aussi la réforme du système bancaire. Ce sont les grands chantiers de la réforme à entreprendre, nous ne pourrons prétendre que l’économie post-Covid-19 sera comme celle que nous avons connue et ce n’est pas propre à l’Algérie, des puissances mondiale sont en train changer voire le monde entier. Nous serons inévitablement impactés par ces transformations, ceux qui vont tenir sont les économies qui vont entreprendre des réformes adéquates et rapides. Le digital, l’entreprenariat et les startups sont obligatoires dans la conception de l’économie post-Covid-19.

LJI : vous avez souligné à plusieurs occasions que les start-ups pourront constituer un des leviers de la croissance économique du pays. Quelle sont les contraintes qui entravent le lancement et la réussite de ces petites entreprises en Algérie ?
M S A
 : Effectivement, c’est le plus rapide qui fait l’économie dans le monde et non le plus gros. Facebook, Amazone sont l’aboutissement des start-ups qui ont évolué dans un écosystème adéquat leur permettant de devenir ce qu’elles sont aujourd’hui. Nous avons relevé un challenge pour que ces start-ups réussissent en mettant en place cet écosystème qui va de la simple idée jusqu’à la réussite d’une multinationale et ce à travers l’accompagnement des projets. Toutefois, cette volonté devrait être épaulée par des préalables tels que la réglementation régissant leur activité ainsi que la réforme bancaire qui est, à plus d’un titre, la mère de toutes les réformes. Toute économie s’adosse à un système bancaire efficient qui permet aux entreprises de s’internationaliser et l’Algérie recèle en la matière un marché qui pourrait voir une success-story à même de s’exporter. Il ne s’agit nullement de réinventer la roue. Il suffit juste de s’inspirer de ce qui se fait ailleurs tout en tenant compte de la particularité locale. D’ailleurs, le Forum a lancé en ce mois de juin un Hackaton Post-Covid qui répond aux standards internationaux. C’est un concours innovant et complément digital des meilleurs projets qui a suscité beaucoup d’engouement. L’idée est de regrouper les personnes innovatrices dans un camp pendant trois jours afin qu’elles développent leurs idées, et les meilleurs projets décrocheront, guise de prix, un financement et un accompagnement de bout en bout.

LJI : Depuis le début de l’année en cours vous avez alerté sur la dégradation de la situation des entreprises. Ces dernières ont été lourdement affectées par la crise sanitaire (fermeture, chômage, dette). Quel plan de sauvetage suggère le FCE pour repêcher ces entités économiques ?
M S A
 : J’aurais aimé avoir la réponse à cette question (rires). Le seul plan de sauvetage pour les entreprises qui se trouvent en difficulté est l’accompagnement. Le Forum n’a jamais demandé d’amnistie fiscale ou encore le financement des entreprises. Je tiens à préciser à ce propos que cet accompagnement peut se faire sou forme de facilités de paiement des impôts, nommant pour les opérateurs qui ont déjà fait preuve de leur sérieux vis-à-vis des différentes caisses. Car le plus important est de maintenir l’activité économique et les postes d’emploi que génère le tissu des PME (petites et moyennes entreprises) et TPE (toutes petites entreprises). Nous soulignons que pendant ces quatre mois, il y a eu une solidarité entre employeur et employé, mais au-delà de cette durée la situation deviendrait insoutenable et on doit relancer le cycle économique. Nous espérons que cette crise va nous interpeller sur nombre de questions tel que l’informel afin d’y trouver une solution définitive. Elle est une opportunité en or pour revoir notre dispositif économique de manière profonde et changer de manière radicale les règles qui régissent notre économie. Il est question de mettre en avant d’autres secteurs à l’image du numérique de l’agriculture, du tourisme et revoir l’industrie des services. Il faut en finir aussi avec l’économie basée sur les autorisations, agréments et licences, qui a montré ses limites. Sans cette transformation notre économie restera très vulnérable. 

LJI : Certains milieux syndicaux appellent à l’impératif d’impliquer les syndicats autonomes dans ces rencontres au lieu de la seule centrale syndicale (l’UGTA). Etes-vous favorable à l’élargissement du dialogue à tous les syndicats d’autant plus que les conséquences de la crise seront supportées par toutes les sphères socioprofessionnelles ?
M S A 
: le Forum a toujours entretenu de bonnes relations avec la centrale syndicale comme partenaire historique. Il appartient au gouvernement de décider d’associer ou pas d’autres syndicats à cette rencontre. Mon avis, je suis favorable au maintien de l’UGTA à l tripartite et s’il y a d’autres organisations syndicales qui pourront apporter un plus pourquoi pas. Cependant, nous sommes pour l’élargissement du dialogue efficace qui ne se limite pas à remplir les salles…

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