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Nationale

Le Premier ministre optimiste

Le Premier ministre optimiste

C’est un Premier ministre résolument optimiste. Sellal semble avoir mis toute son attention dans sa sortie médiatique devant les walis. Mesurant les mots et les paroles, accentuant les phrases, marquant les intonations, Sellal n’a pas cherché à marquer les esprits mais à donner une dose d’optimisme, à semer la confiance et surtout à refuser tout alarmisme ou pessimisme.

C’est vrai que la conjoncture est si morose et que les cours du brut maintiennent un rythme de baisse continue, en dépit d’une brusque hausse ces trois derniers jours. C’est vrai aussi que le gouvernement tente de rationaliser un tant soit peu ses dépenses, de juguler les fortes augmentations des importations, de faire appliquer une politique de rigueur dans la gestion des deniers publics. Et c’est sans doute le message qu’a voulu faire passer Sellal dans son discours devant les walis et de hauts cadres de l’Etat.

S’il a évoqué avec précaution un éventuel recours de l’Algérie à un endettement extérieur pour financer certains projets stratégiques, Sellal a mis l’accent sur la nécessité de lancer des actions de rationalisation des dépenses publiques et le développement du marché des capitaux pour atténuer l’assèchement des ressources provenant des recettes pétrolières. « Il ne faut ni s’alarmer ni s’endormir » lança-t-il, clamant l’engagement du président Bouteflika à maintenir et à consolider le pouvoir d’achat des citoyens.

Concernant la loi de finances pour 2016, le Premier ministre a affirmé que son gouvernement va présenter un budget qui table sur une croissance de 4,6%, avec en sus une réduction de 9% des dépenses globales, des coupes budgétaires qui ne devront pas affecter les projets de construction des logements sociaux ou les plans de recrutements dans les secteurs de la Fonction publique. « On va relever le défi », affirme Sellal.

Sur l’amnistie fiscale, lancée en grande pompe début août, et qui a connu une série de critiques aussi bien de la part des partis politiques que des économistes, Sellal a défendu la mesure initiée par le ministre des Finances Benkhalfa, en estimant que celle-ci n’est pas un blanchiment d’argent, reconnaissant que l’économie informelle a joué un rôle important dans la croissance du pays et qu’il faudra l’intégrer progressivement dans la sphère officielle.

Dans son discours, il se montra ferme quant à la lutte contre la bureaucratie, notamment dans le domaine de l’investissement économique, en simplifiant les procédures et en renforçant ainsi davantage les prérogatives des walis dans l’octroi du foncier industriel ou dans la cession des actifs des entreprises locales publiques. Sellal n’a pas manqué également de répondre aux remarques de l’opposition, qui accuse le gouvernement de naviguer à vue et de manquer de vision claire en matière économique.

« Nous n’avons pas une idéologie précise en matière économique, car la solution ne réside pas dans le libéralisme ou dans l’économie administrée » a martelé Sellal, ajoutant que le seul but du gouvernement est la croissance à travers une démarche pragmatique.

Critiquant le scepticisme et les doutes de certains, Sellal a promis un discours de transparence et de franchise, estimant que les réformes que son gouvernement va entamer connaîtront des résistances. « Nous avons fait le choix de la vérité pour gagner la confiance des populations » a affirmé le Premier ministre.

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