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Nationale

Le Premier ministre évitera-t-il les recommandations du FMI ?

Le Premier ministre évitera-t-il les recommandations du FMI ?

A la veille de la présentation du plan d’action du gouvernement à l’APN, prévue la semaine prochaine, et le débat qui s’ensuivra certainement après les fêtes de l’Aïd, les spéculations politiques vont bon train sur son contenu et sa capacité à répondre aux exigences de la crise.

Bien que le Premier ministre, connu beaucoup plus par un style de gouvernance à la hussarde et par sa rigueur, n’ait guère dévoilé quoi que soit, préférant sans doute attendre le quitus du président de la République lors du Conseil des ministres, qui a eu lieu hier après-midi, les milieux politiques s’interrogent sur les marges de manœuvre de ce gouvernement, alors qu’il fait face à des urgences électorales (des élections municipales et wilayales en octobre prochain), des urgences sociales (demande croissante en besoins, lutte contre la spéculation et la corruption) urgences économiques (baisse des ressources financières et déséquilibre macroéconomique) et des urgences politiques et sécuritaires.

Les défis sont énormes pour ce gouvernement, qui est arrivé dans un contexte assez particulier et très défavorable. Et les questions fusent de partout. Que peut faire Tebboune ? Qu’apportera-t-il de neuf comme solutions aux problèmes que vit le pays ? Quels seront ses atouts ? Quelles chances aura-t-il de juguler les tensions et corriger les insuffisances et les carences ?

Autant de questions qui ne trouveront pas de réponse rapide, ni dans la feuille de route que présentera le Premier ministre aux parlementaires ni lors des débats qui vont animer l’hémicycle.

Cependant, des milieux politiques et médiatiques pensent que ce plan d’action ne va pas occulter les recommandations des institutions internationales (FMI et Banque mondiale), ni les effacer radicalement ou les ignorer. Sur ce registre, on rappelle que le FMI a dressé, quelques jours après le nomination de Tebboune (pure coïncidence) à la tête du cabinet exécutif, un état des lieux de l’économie algérienne.

Sur ce rapport, on lit notamment quelques recommandations et des formules en forme de solutions aux problèmes économiques et financiers du pays.

L’institution de Bretton Woods suggère, entre autres, six propositions susceptibles d’améliorer la situation, comme la réduction des dépenses publiques en jouant sur l’augmentation de la fiscalité ordinaire, la révision totale du système des subventions en jouant sur le ciblage, l’accélération des privatisations (hors secteur stratégique) en ouvrant partiellement le capital social de quelques sociétés publiques aux étrangers, l’accompagnement des PME-PMI et des start-up en leur facilitant l’accès aux crédits et à la mise à niveau permanente, une plus grande flexibilité du taux de change du dinar pour juguler les dérives inflationnistes et l’érosion du pouvoir d’achat et enfin une réforme audacieuse dans le système financier et bancaire national en accélérant la monétisation et l’émergence d’un marché boursier.

Connu tardivement pour ses positions “protectionnistes” et ayant déjà le soutien des mouvances politiques proches des doctrines socialistes (large satisfaction de la part de Hanoune du PT sur sa nomination), Tebboune prendra-t-il au sérieux ces recommandations et ces recettes ?

Les experts s’impatientent de connaître la réaction du Premier ministre face à la cuisine “technocratique” du FMI, alors que les ingrédients qu’il possède ne lui permettent guère de préparer les plats qu’il faut. Il pourra balayer toutes les propositions et autres mises en garde des institutions internationales, en jouant sur des tableaux classiques comme la lutte contre la spéculation et la corruption, en renforçant le rôle régulateur des services étatiques, en introduisant des mécanismes de transparence dans la gestion des deniers publics au niveau des collectivités locales, en révisant le système fiscal national, etc.

Mais cela suffira-t-il à réaliser la réforme essentielle de notre économie et lui assurer sa transition de monoexportatrice des hydrocarbures à une économie plus diversifiée et plus portée vers la croissance et le développement humain ?

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