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Nationale

Le poulet prend les airs à Constantine

Le poulet prend les airs à Constantine

Le mois de ramadhan tire à sa fin d’une manière douloureuse à Constantine pour les bas revenus en raison de la flambée des prix des produits de large consommation . Plus qu’une semaine de jeûne et rien n’augure que la saignée des portefeuilles des citoyens n’ira diminuendo.

La folie de la mercuriale se déchaine sur les petites bourses. Contrairement au début du mois sacré lorsque « mercure » avait été plutôt clément notamment pour les petites bourses, ces jours ci le citoyen au modeste revenu affiche une peine à joindre les bouts. Aucun produit n’a été épargné par la hausse des prix.

Fruits et légumes et autre semoule, devenu quant à elle une denrée rare, finissent par se faire désirer par le porteur de couffins. Même la viande blanche prisée surtout par la peuplade des laisser pour compte a vu son prix doubler. Aliment protéinique de base du citoyen lambda et même de ceux maladroitement catégorisés citoyens au revenu moyen, ces temps-ci, le poulet est carrément devenu un luxe. Ce samedi, à Constantine, la bourse du kilogramme frôlait les 400 DA. Prix non seulement affiché chez les boucheries luxueuses du centre de la cité mais également sur la majorité des places marchandes des quartiers dits populaires.

Cédé à moins de 200 DA au début du mois de mai, soit une semaine à peine de jeûne, l’oiseau élevé jadis en basse-cour fait le fier sur les étals et ne se négocie guère en dessous de 380 DA. L’escalope est quant à elle proposée à pas moins de 600 DA le kilogramme. Les opérateurs du secteur et propriétaires de batteries d’élevage à la pelle ayant depuis des lurettes disqualifié fermiers et bergeries, régentent à leur guises les cours et partant le marché, loin des coups de gueule du chef du département du Commerce, « un marché complètement déréglé », à en croire un revendeur et qui plus est, dit-il, « soumis au diktat des aviculteurs ».

Exsangue après plus de trois semaines de courses budgétivores, les ménagères n’ont désormais plus qu’à faire preuve d’ingéniosité. Certaines se rabattent sur l’œuf, ultime aliment source de protéine animale encore à portée des porte-monnaie modestes. Sur les réseaux sociaux, des recettes à base de l’aliment à coquille pullulent, au moment, une bien drôle expression fait déjà le tour « Qu’on le laisse avec ses plumes », histoire d’appeler à citoyens à bouder le poulet.

Interrogé sur cette inattendue hausse des prix de l’oiseau sur les étalages, M. Cherif Boukherissa, président de l’association des éleveurs de poulets de la wilaya de Constantine et membre du Conseil national interprofessionnel de la filière aviculture, explique que les prix pratiqués au tout début du mois n’obéissaient à aucune logique. Précisant que dans certaines régions le prix du kilogramme avait atteint les 100 DA. « A ce prix les petits éleveurs ne pourront tenir longtemps et seront contraints de cesser leur activité ».

Il précise cependant que « l’augmentation constatée ces jours-ci n’est que passagère ». « Cette période est exceptionnelle, elle s’inscrit dit-il dans une logique de maintien de dynamique de la filière », avant de continuer que « cette hausse vise à réparer les pertes causées aux aviculteurs », notamment les petits éleveurs travaillant surtout dans la campagne et les douars ». Ces derniers ont été pénalisés par les bas prix pratiqués sur une assez longue période, explique-t-il encore. Et, du coup le citoyen, parfait bouc émissaire, devra en payer le prix.

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