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Nationale

Le plan Ouyahia, une option d’envergure

Le plan Ouyahia, une option d’envergure

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia est assuré de voir son plan d’action validé aujourd’hui par la majorité des députés de l’Assemblée nationale. Le programme est jugé crucial tant il déterminera, peu ou prou l’avenir du pays.

Les trois jours qui ont été consacrés aux débats à l’APN ont dégagé une tendance nette de voir les députés des quatre formations composant la majorité présidentielle à savoir le FLN, le RND, MPA et TAJ, voter en faveur du texte.

Hormis quelques voix dissonantes, tous les députés de cette majorité ont applaudi des deux mains ce plan, allant jusqu’à féliciter son initiateur.

Malgré la gravité de la situation et la crise financière qui secoue le pays depuis 2014, les élus de l’opposition ont usé et abusé d’un discours à la limite de l’autoflagellation.

D’autres ont tout simplement ignoré les enjeux qui engagent pourtant l’avenir de tout un pays, préférant discourir sur les problèmes de leur région.

La perspective du recours par le gouvernement à la planche à billets n’a pas suscité l’intérêt de beaucoup de députés qui se sont confinés dans les consignes de leur parti. Pourtant l’avis des experts à ce sujet est unanime : la planche à billets n’est pas suffisante pour renflouer les caisses de l’Etat.

Selon eux, d’autres solutions techniques pouvaient entre envisagées telle « le retour à l’orthodoxie financière qui consisten à optimiser les dépenses.

D’autres mesures devront, indiquent-ils, accompagner cette option budgétaire, comme le recouvrement des impôts qui se chiffrent par centaines de milliards de DA, le retour dans le circuit officiel du marché informel qui pèse à lui seul 1 000 milliards de DA, l’application stricte de la loi pour tout le monde sur les activités commerciales et industrielles, et enfin l’égalité des chances pour tous les entrepreneurs sans distinction ou favoritisme.

Ces mesures pourraient à moyen terme apporter leurs fruits, estime la majorité des experts qui se sont relayés sur les plateaux de télévision ou sur les colonnes de la presse écrite. Le délai de cinq ans demandé par le Premier ministre pour l’accès au financement non conventionnel a été également jugé inadéquat par ces mêmes spécialistes qui ajoutent qu’un délai de trois ans aurait été des plus judicieux.

Selon eux, le recours à la planche à billets n’aura pas un effet négatif sur le court terme -l’inflation restera au même niveau mais il sera contreproductif si le délai dépasse cette limite de trois ans. « En l’absence de production nationale, l’inflation gagnera la sphère commerciale au fur et à mesure que les produits aujourd’hui disponibles sur le marché commenceront à manquer », disent-ils.

C’est la rareté du produit qui crée l’inflation. Or, les étals sont aujourd’hui bien achalandés. Le monopole sur un produit provoque également la même dérive inflationniste. Tout comme le recours tout azimut aux licences d’importation.

Or cette mesure ne devrait pas intéresser que les produits superflus, car elle ne rentre pas dans la nomenclature des produits de première nécessité. L’économiste Ferhat Ait Ali préconise d’ailleurs de taxer fortement les produits qui ne sont pas listés dans l’accord d’association avec l’UE. C’est une piste à ne pas négliger surtout en ces temps de vaches maigres.

Cet économiste, qui est de plus en plus sollicité ces derniers temps par la télévision nationale, a fortement critiqué le recours à la planche à billets, et a déjà, en 2013, tiré la sonnette d’alarme en proposant au gouvernement Sellal de libérer complètement le marché en laissant fonctionner simplement de jeu de l’offre et de la demande, seul à même de réguler le marché, dit-il.

L’Etat interviendrait ensuite en dernier lieu pour apporter les correctifs nécessaires. Seuls les députés de l’opposition, qui ne dépassent pas la centaine, ont semblé donner de l’importance à ce débat et à la mesure phare du plan d’action de Ouyahia en mettant en garde ou en proposant d’autres pistes, dont certaines sont réalistes et ce, pour pallier le manque à gagner résultant de la baisse drastique des recettes en devises. 

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