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Monde

Le plan de Trump pour l’Ukraine divise les Européens sur les avoirs russes

Le plan de Trump pour l’Ukraine divise les Européens sur les avoirs russes
L'Europe en rangs dispersés face à la question des avoirs russes

Le plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre en Ukraine suscite une vive controverse sur la question des avoirs russes gelés notamment en raison du refus de la Belgique d’accepter qui évoque l’illégalité de se servir des fonds de la banque centrale russe.

La proposition en 28 points, partagée par l’administration américaine en fin de semaine dernière, a relancé des discussions nourries entre capitales européennes: comment ne pas se faire imposer cet accord, jugé très favorable à Moscou? Comment essayer de peser sur ces tractations, décisives pour l’avenir de l’Ukraine et la sécurité du continent?

L’Europe redoute l’impact du point numéro 14 du plan Trump. Ce volet propose de transférer une partie des avoirs russes immobilisés aux États-Unis et au Kremlin pour financer divers projets. Ce scénario est jugé inenvisageable par la majorité des capitales membres. Confier une partie de ces fonds à Washington ou les restituer directement à la Russie, reviendrait à priver l’Europe de son principal levier de pression stratégique face à Moscou.

Quelque 210 milliards d’euros de la Banque centrale russe sont actuellement immobilisés dans l’UE. Ils ont été gelés par les Occidentaux après l’invasion de l’Ukraine en février 2022.

Le plan du président américain Donald Trump propose de remettre une partie de ces avoirs aux Etats-Unis et au Kremlin pour différents projets.

Un scénario inenvisageable pour la plupart des Européens, qui refusent d’être privés de leur meilleur levier face à la Russie.

La proposition du président américain s’avère d’autant plus délicate que les 27 pays de l’UE débattent justement de la possibilité de s’appuyer sur ces mêmes avoirs russes pour financer l’Ukraine.

Fin octobre, les Européens se sont engagés à trouver des solutions pour soutenir l’Ukraine au cours des deux prochaines années, afin de garantir que Kiev ne se retrouve pas à court de ressources. La grande question est désormais de savoir comment organiser ce financement.

Pour la Belgique, c’est toujours non
Pour de nombreux pays de l’UE aux finances publiques fragiles, s’appuyer sur ces avoirs russes gelés, comme l’a proposé la Commission européenne, est de loin l’option la plus séduisante.

L’Allemagne, les pays baltes, les scandinaves, la Pologne et les Pays-Bas poussent à fond pour.

Mais l’opération complètement inédite soulève de nombreuses questions juridiques. Et donc une forte réticence de la Belgique, où se trouve la plus grande partie de ces avoirs.

Le Premier ministre belge Bart De Wever redoute que son pays paie seul les pots cassés en cas de problème et d’être exposé à d’éventuelles représailles russes.

Depuis plusieurs semaines, diplomates et responsables européens s’activent en coulisses pour répondre à ces inquiétudes. Et la proposition américaine « a encore accru la pression pour trouver un accord », selon un diplomate européen sous couvert d’anonymat.

Lors d’une conférence de presse lundi, le Premier ministre polonais Donald Tusk a espéré un compromis rapide pour que ces fonds viennent en aide à l’Ukraine. Mais « ce n’est pas encore une décision définitive, car certains pays européens ont encore des réserves », a-t-il toutefois noté.

La position belge reste ferme, malgré la publication du plan de Donald Trump. Le Premier ministre belge, Bart De Wever, exprime une crainte majeure et persistante : que son pays soit le seul à assumer les conséquences en cas de problème et se retrouve exposé à d’éventuelles représailles russes. Ces rétorsions pourraient prendre la forme d’actions en justice ou de mesures de rétorsion économique ciblées.

Les Européens ont désormais trois semaines pour tenter de la rallier au projet ou bien de trouver d’autres formes de financement pour l’Ukraine. Le tout avant un sommet crucial, prévu mi-décembre.



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