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Nationale

Le plaidoyer d’Alger pour une solution pacifique

Le plaidoyer d’Alger pour une solution pacifique

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, réaffirmé vendredi à Brazzaville (République du Congo) “l’engagement fort” de l’Algérie en faveur de la mise en œuvre de la solution politique en Libye loin de toute ingérence extérieure”.

« L’Algérie, qui est depuis le début du conflit, à équidistance avec toutes les parties libyennes, réaffirme son engagement fort en faveur de la mise en œuvre de la solution politique dans le cadre du dialogue inclusif inter-libyen et de la réconciliation nationale, loin de toute ingérence extérieure”, a indiqué M. Sellal dans son intervention à Brazzaville devant le sommet du Comité de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye, auquel participent les pays du voisinage.

“Parce que concernée au titre du voisinage, de l’histoire et des liens forts entre les populations des deux pays et des conséquences directes de la poursuite du conflit sur sa stabilité et sa sécurité, l’Algérie appelle instamment tous les frères libyens à s’unir contre le terrorisme et le crime organisé et à mener la seule bataille qui vaille, celle de la paix et la stabilité”, a souligné M. Sellal qui représente à ce sommet le président de la République, Abdelaziz Bouteflika.

Le Premier ministre a précisé que “c’est ce message que l’Algérie a porté ces dernières semaines lors des visites du président de la Chambre des représentants Aguila Salah, le Maréchal Khalifa Haftar, le président du Conseil présidentiel du gouvernement d’entente nationale, Faiz Serradj, le président du Haut conseil d’Etat, Abderrahmane Sweihli, des parlementaires de la Chambre des représentants, des présidents de commissions de la Chambre des représentants, des présidents de conseil municipaux, des leaders et personnalités politiques ainsi que d’autres acteurs”. 

“Tous ont manifesté une réelle volonté à poursuivre cet élan de dialogue et soutiennent tout processus visant à la réconciliation nationale”, a encore souligné M. Sellal. Il aussi souligné que l’Algérie “poursuivra, en concertation avec les autorités légitimes de ce pays, cet effort”. 

“Nous restons convaincus que les frères libyens, conscients plus que jamais, des risques de partition et de chaos auxquels ils sont confrontés, ont la volonté et la sagesse qui leur permettront de transcender les difficultés conjoncturelles et de relever les défis actuels”, a encore affirmé M. Sellal.

Le Chef de la Primature a lancé un appel aux pays voisins et africains ainsi qu’ à la communauté internationale d’accompagner les libyens , à travers un agenda unique, celui du recouvrement durable de la paix, de la stabilité et de la sécurité”.

Jeudi le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel, a rencontré le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la Libye, Martin Kobler, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères (MAE). 

Lors de cette rencontre, qui intervient la veille de la réunion au sommet du Comité de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye, Martin Kobler a fait état des “difficultés” rencontrées dans la mise en œuvre de l’accord politique libyen et des “efforts” entrepris pour trouver des solutions “consensuelles”, dans le cadre du dialogue entre les parties libyennes, est-il précisé de même source.

Il a loué, dans ce cadre, la “contribution significative” de l’Algérie au “rapprochement” des positions entre Libyens et a remercié les autorités algériennes pour leur “soutien” au processus politique actuellement mené pour mettre un terme à la crise en Libye.

De son côté, M. Messahel a assuré l’émissaire onusien que l’Algérie “continuera comme par le passé à œuvrer en faveur de la solution politique, de l’approfondissement du dialogue inclusif inter libyen, en dehors de toute ingérence et de la réconciliation nationale entre Libyens”, conclut le MAE.

Une réunion du Comité de haut niveau de l’Union africaine (UA) sur la Libye s’est tenue dans la capitale congolaise avec la participation des cinq pays membres et les chefs d’Etat et de gouvernement des pays voisins de la Libye dont l’Algérie.

Mandaté par l’Union africaine (UA), le Comité de Haut niveau a eu à se pencher sur « l’évolution du dossier libyen et sur les voies et moyens susceptibles de parvenir à une solution rapide et consensuelle à ce conflit ». Le Comité de haut niveau de l’UA est composé de cinq pays, à savoir la Mauritanie, le Niger, le Congo, l’Ethiopie et l’Afrique du Sud. A la demande de l’Algérie, il été élargi aux pays voisins de la Libye pour se transformer par la suite en 5+7.

La « discrète » médiation algérienne 

Les plus hautes autorités algériennes ont réitéré la position de l’Algérie en faveur d’un règlement de la crise libyenne basé sur le respect de la souveraineté de la Libye, la non-ingérence dans ses affaires internes et le dialogue inter-libyen, affirmant que l’Algérie « jouit de la confiance des différentes parties libyennes en étant à équidistance de toutes ces parties ».

La solution politique à cette crise, rappelle Alger, « ne doit pas être imposée mais doit émaner des Libyens eux-mêmes dans le cadre d’un dialogue impliquant toutes les parties libyennes concernées ». Lors du 24e sommet de l’Union africaine (UA), qui a eu lieu en Janvier 2015 en Ethiopie, le rôle de la diplomatie algérienne a été fortement souligné par l’envoyé spécial de l’Union africaine (UA) pour la Libye à l’époque, Dileita Mohamed Dileita, ancien Premier ministre de Djibouti.

« La médiation algérienne fait le travail discrètement. Elle a reçu plusieurs dizaines de représentants de tous bords et est également en appui de l’initiative du secrétaire général qui vient régulièrement rendre compte à Alger de l’évolution de la situation. L’Algérie est un pivot dans la résolution de la crise. Mais rien ne peut se faire sans les Libyens. S’il n’y a pas de volonté du peuple libyen, nous ne pourrons pas avancer », avait indiqué Mohamed Dileita dans un entretien accordé au quotidien français « Le Monde ».

Et d’ajouter : « L’intervention militaire n’a jamais été défendue par l’UA, qui privilégie le dialogue et la recherche d’une solution politique à cette crise. Nous avons toujours milité pour un dialogue politique inclusif, ce qui prend du temps, certes, mais nous pensons que c’est l’unique option ».

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