-- -- -- / -- -- --


Energies

Le pétrole ne sera plus « rentable » pour Sonatrach

Le pétrole ne sera plus « rentable » pour Sonatrach

Le pétrole ne sera plus rentable pour les compagnies pétrolières étatiques à l’image de Sonatrach compte tenu du fait que la tendance dans la consommation mondiale est en plein déclin et plus rapidement que prévu. C’est la conclusion contenue dans un rapport publié ce samedi par un bureau d’expertise internationale.

Les  sociétés pétrolières étatiques pourraient essuyer des pertes de 400 milliards de dollars durant les dix prochaines années en raison d’absence de bénéfices dans un marché mondial qui s’éloigne des combustibles fossiles, a fait savoir le rapport paru ce samedi.

Selon Natural Resource Governance Institute (NRGI), le bureau de consulting basée à Londres, les sociétés pétrolières publiques devraient investir, selon les prévisions, 1,900 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, n’engrangeant qu’environ le 1/5e des investissements si les prix du pétrole se maintiennent à un niveau supérieur à 40 dollars le baril.
NRGI établi des rapports de projection et d’analyse pour le compte notamment des gouvernements, des sociétés de courtages, des banques et des compagnies internationales touchant un large éventail de segments économiques.

Cette semaine, les prix du pétrole ont atteint les 60 dollars après avoir plongé en dessous de 20 dollars l’année dernière lorsque la demande mondiale a chuté en raison de la crise du coronavirus. Or, les prévisions à long terme sont moroses. De nombreux analystes, des bureaux et des sociétés d’analyses énergétiques estiment que la demande de pétrole a d’ores et déjà atteint son pic plus tôt que prévu soit avant 2030 tel qu’annoncé auparavant.

« Une grande part des investissements publics dans des projets pétroliers ne rapportera probablement que si la consommation mondiale de pétrole reprend son envol, mais la demande mondiale a déjà dépassé les seuils d’émissions de carbone », a expliqué Patrick Heller, co-auteur du rapport Risky Bet de NRGI, en référence aux objectifs fixés dans l’accord de Paris sur le climat en 2015.

De grandes sociétés pétrolières comme BP, Total et Royal Dutch Shell ont progressivement revu à la baisse leurs projections à long terme faisant état d’un prix du pétrole allant de 50-60 dollars le baril. Cette révision est intervenue compte tenu du fait que les analystes considèrent que « plus le rythme de la transition énergétique s’accélère plus le prix du baril sera tiré vers le bas ».

Le rapport souligne que quelque 280 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté dans les pays où sont implantées les sociétés pétrolières étatiques.  Les fonds investis dans des grands projets pétroliers pourraient être mieux dépensés pour les soins de santé, l’éducation ou la diversification de l’économie pour réduire les inégalités, selon le rapport.

«Les dépenses des compagnies pétrolières d’État dans ces projets sont un pari risqué », a fait observer David Manley, analyste économique principal au sein de NRGI et également co-auteur du rapport, ajoutant que les investissements pourraient générer quelques profits, mais en contrepartie « ouvrir la voie aux crises économiques dans les pays émergents ou en voie de développement ce qui conduira à un recours à des dépenses supplémentaires ou à l’endettement lesquels seront couteux sur le plan social ».

Le rapport souligne par ailleurs que les pays producteurs du Moyen-Orient, comme l’Arabie Saoudite, seraient moins affectés car les coûts d’exploitation sont plus bas. Par contre les pays africains et latino-américains où les coûts sont plus élevés sont confrontés à de sérieux risques.
Les compagnies mexicaine Pemex et angolaise Sonangol de l’Angola sont déjà accablées les dettes. Cette réalité s’applique aussi à la SOCAR d’Azerbaïdjan, la NNPC du Nigéria et Sonatrach qui verront la moitié de leurs investissements se transformer en perte sèches si la transition énergétique mondiale s’opère rapidement.

L’option prise par ces entreprises qui consiste à pomper davantage de pétrole est assurément peu rentable car, en moyenne, un sur quatre dollars de revenus un seul est reversé dans les caisses de l’Etat, selon le rapport. Le rapport conclu que les pays qui doivent faire preuve de prudence dans leurs investissements sont principalement l’Algérie, la Chine, la Russie, l’Inde, le Mozambique, le Venezuela, la Colombie et le Suriname.



Veuillez activer JavaScript dans votre navigateur pour remplir ce formulaire.

Cet article vous-a-t-il été utile?

Cet article vous-a-t-il été utile?
Nous sommes désolés. Qu’est-ce qui vous a déplu dans cet article ?
Indiquez ici ce qui pourrait nous aider a à améliorer cet article.
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email