Sur fond de tensions au Moyen-Orient: Le pétrole brut à 138 dollars le baril
Le marché mondial de l’énergie franchit un seuil critique. Ce mardi 15 septembre 2026, les contrats à terme sur le pétrole brut libellés en yuans à la Bourse internationale de l’énergie de Shanghai (Shanghai International Energy Exchange) ont bondi jusqu’à 929,4 yuans le baril, soit environ 138,50 dollars US. Il s’agit du niveau le plus élevé jamais enregistré depuis le lancement de ce contrat en 2018.
Cette envolée des cours s’explique par une combinaison de facteurs géopolitiques et logistiques majeurs. L’arrêt forcé de l’oléoduc Est-Ouest saoudien, survenu à la suite d’attaques récentes contre des infrastructures énergétiques clés, a amputé une partie significative des exportations mondiales de brut.
En parallèle, les tensions accrues autour du détroit de Hormuz conjugués à celles de Bab El Mende au Yémen ont contraint les transporteurs à modifier leurs itinéraires, provoquant une hausse spectaculaire des tarifs de fret maritime. En tant que premier importateur mondial de pétrole, la Chine subit de plein fouet ces blocages.
Les raffineries locales achètent massivement du brut physique à de fortes primes pour garantir leurs approvisionnements, ce qui tire le cours du contrat de Shanghai vers le haut par rapport aux autres références mondiales.
Les répercussions de ce pic à Shanghai se font immédiatement sentir à l’échelle internationale. Le pétrole Brent et le WTI américain ont suivi cette dynamique haussière en s’échangeant bien au-dessus des 100 dollars le baril, et plusieurs analystes estiment qu’une prolongation des coupures saoudiennes pourrait rapidement propulser le Brent au-delà des 120 à 130 dollars.
Cette augmentation brutale des coûts énergétiques et du transport fait peser un risque lourd d’inflation importée pour l’ensemble des économies dépendantes des hydrocarbures. Face à cette situation, les banques centrales et les marchés financiers redoutent qu’une crise énergétique prolongée n’asphyxie la croissance mondiale et ne retarde les assouplissements monétaires prévus.