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Nationale

Le péril extrémiste

Le péril extrémiste

Face à la montée en puissance de l’extrémisme islamiste caractérisé ces jours-ci par les nombreuses actions d’intimidation et de prosélytisme (prières collectives sur les plages, distribution de tracts appelant les filles à porter le hidjab, imam appelant à la création de la police des mœurs, et enfin la réunion publique du sinistre Madani Mezrag) l’Etat semble démissionnaire ou incapable de juguler ce phénomène qui rappelle étrangement celui vécu par le pays durant dans les années 80.

A cette époque, sous l’impulsion de du feu Chadli Bendjedid les autorités ont laissé le champ libre à une mouvance islamiste en gestation pour détourner les regards de la misère sociale née de la crise économique de 1986.

Les concessions faites par Chadli Bendjedid au courant islamiste par l’apparition et la diffusion à grande échelle de la littérature jihadiste, livres, cassettes, brochures, films et dépliants divers. L’année 1984 sera marquée par la concession de taille faite à ce courant à travers le code de la famille inspiré de la charia, loi islamique suprême.

Avec ce code la femme algérienne perdra la quasi-totalité de ses droits acquis de haute lutte sur le front du travail et de l’émancipation sociale et culturelle. Au lendemain des évènements d’octobre 1988, des stands furent installés dans les places publiques baptisés alors « marchés islamiques » à bas prix sans que le pouvoir s’en inquiète.

L’idée des leaders islamistes alors était de courtiser les démunis et la classe populaire qui constituaient alors plus de 80% de la population. En parallèle, un des leaders de cette mouvance, n’a pas hésité à convier la population, dans un appel télévisé, de s’habiller selon la charia (Hidjab, Djelbab, Tchador, Qamis). Remake des années 80

Trent ans plus les mêmes ingrédients (baisse des revenus pétroliers, absence de l’Etat et un faible gouvernement) ont ressurgi et donnent à penser qu’un remake de cette situation n’est pas à écarter.

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal avait désavoué son ministre du Commerce Amar Benyounes qui a succédé à l’islamiste Hachemi Djaâboub au motif qu’il voulait libéraliser le marché des vins et alcools, pourtant existant depuis l’indépendance.

Amara Benyounès, avait décidé d’annuler une instruction, datant de l’époque de Belkhadem, laissant toute la latitude aux walis de juger de l’opportunité de l’ouverture, mais surtout de la fermeture des débits de boissons alcoolisées et des bars. Sauf que l’instruction de Benyounès n’a pas été du goût des islamistes qui ont aussitôt mobilisé leurs assises politico-médiatiques.

Des journaux arabophones d’obédience islamiste, relayés sur les réseaux sociaux sont montés au front contre Benyounès. Ayant à l’évidence céder aux intimidations des islamistes, le gouvernement a décidé de faire marche arrière en annulant l’instruction de Benyounès, au prétexte qu’il aurait agi en solo, sans en référer au Premier ministre.

Beaucoup ont évoqué une manœuvre du cabinet Sellal pour évacuer cette tension compte tenu du fait qu’un ministre ne saurait prendre une décision sans se référer au préalable son supérieur. Il fut éjecté au premier remaniement ministériel. La ministre de l’Education Mme Benghebrit subit une cascade d’attaques parce qu’elle souhaite introduire la darijaen tant que préalable à l’enseignement de la langue arabe à l’école maternelle ? Elle subit insultes et diffamations visant sa personne et sa vie privée sans le ministère de la Justice ne réagisse.

Les libertés semblent menacées par ceux qui prétendent agir au nom de l’islam. La décennie 1993-2002 a été celle de la résistance populaire contre l’islamisme terroriste qui a fait près de 200 000 morts, des milliers de disparus et une perte à l’économie estimée de source officielle à plus de 30 milliards de dollars soit un retard de quarante ans selon les experts.

Ce recul est la preuve que des portions du pays, reconquis dans les années 90 au prix d’un immenses sacrifice des patriotes qui ont bravé l’islamisme terroriste sont train de revenir dans l’escarcelle des islamistes. Ce que les terroristes n’ont pas pu avoir par la terreur armée, ils tentent de l’obtenir par l’intimidation appuyée par un laxisme des pouvoirs publics.

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