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Nationale

Le parti de Aït Ahmed reconnaît son échec

Le parti de Aït Ahmed reconnaît son échec

L’intention était sincère, personne n’avait l’intention d’embobiner l’autre, le FFS et le pouvoir avaient à cœur de mettre ces accords en œuvre. Puis l’enthousiasme s’est peu à peu émoussé à mesure que l’on entrait dans les détails fastidieux. Les négociations sont devenues un jeu théorique.

Chacun a commencé à vouloir être plus malin que l’autre. Le FFS semble être aujourd’hui définitivement fixé sur la nature et les objectifs des partis de la majorité présidentielle ou « partis du pouvoir », comme les qualifie à juste titre le premier secrétaire Mohamed Nebbou. Ils ont fait semblant de s’intéresser à son initiative de reconstruction du consensus national avant de l’achever froidement lors du second round des discussions.

Actuellement, le pouvoir politique sert trop souvent les intérêts de certaines personnes au détriment de l’intérêt général. Depuis, le plus vieux parti de l’opposition a reconnu son échec et tourné la page pour retourner à ses fondamentaux qui ont fait de lui un parti hors norme. Mais la naïveté politique du premier parti d’opposition a laissé les uns perplexes.

A-t-il cru un instant que son initiative allait recevoir l’approbation de partis politiques qui gravitent autour du pouvoir et le laisser faire ? En langage plus trivial, on dirait simplement : il s’est planté et il faut le sortir de là.

Cette initiative, dont la classe politique est plutôt spectatrice, aboutira-t-elle à quelques résultats tangibles ? Ce qui est acquis, en revanche, c’est que l’opposition réunie autour de la CNTLD n’a pas suscité le même engouement.

Une débâcle qui va plomber la scène politique

Qu’est-ce qui reste de cette initiative aux contours très flous ? Exprimant son ressenti par rapport à cette hostilité affichée par certains partis, le premier responsable du FFS note que « certaines déclarations ou certains commentaires médiatiques donnent, parfois, l’impression qu’il existe une unanimité contre le parti et son projet ». Sur le fond, le constat est amer.

Le FFS a peut-être écorché le peu de crédit qui lui restait auprès des citoyens. Dans le milieu de l’opposition, on ne s’embarrasse pas de circonlocutions pour dresser le tableau sombre de cette initiative. Fort de ce constat, le premier secrétaire du FFS évoque « des difficultés conjoncturelles » qui se dressent sur le chemin du projet de son parti, pointe aussi et surtout « l’absence d’une volonté politique clairement exprimée par le pouvoir ».

Pour autant, poursuit-il, l’espoir demeure et la démarche « finira par aboutir ». Et c’est parce qu’il est convaincu que « c’est la seule voie pour un changement réel dans le pays ». 

Le net rejet de l’initiative du FFS ne fait finalement pas non plus les affaires des opposants. Mais ce résultat ne doit pas décourager tous les partis de bonne volonté qui ont envie de trouver des solutions pour renforcer la démocratie. Mais comment faire, sachant que toutes les propositions pour développer échouent les unes après les autres ?

Car l’initiative du FFS était condamnée à l’échec. L’idée de la réconciliation fut un tournant important, la concrétisation d’un changement d’état d’esprit. Jusqu’à ce moment-là, l’idée même de réconciliation ne faisait pas partie du discours, ni du côté du pouvoir, ni du côté de la classe politique. Maintenant, si l’on se rapporte à ses espoirs d’alors, c’est un rêve brisé.

Le FFS a commencé à perdre confiance parce que rien ne changeait sur le terrain : Il n’y a eu aucun signe visible que les choses changeaient. L’initiative du FFS avait un défaut congénital : ne pas indiquer, dès le départ, à quoi ressemblerait le projet. La feuille blanche a fait peur. Au lieu de poser clairement les choses sur la table, le FFS a conçu ces joutes comme un processus où l’on règlerait les questions au fur et à mesure. Résultat : on ne voyait pas vers quoi on allait.

C’était l’approche de l’épicerie : on marchande, au bout d’un moment, chacun connaît la psychologie de l’autre et essaie de tirer le maximum d’avantages. C’est sans fin…

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