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Le Parlement espagnol préconise la reconnaissance de la Palestine

Le Parlement espagnol préconise la reconnaissance de la Palestine

Nouvelle victoire symbolique pour le peuple palestinien. En effet, malgré la poursuite des exactions israéliennes ainsi que la colonisation avec son lot de meurtre et de répression, de nombreux pays continuent de briser l’omerta imposée par Tel Aviv et ses puissants alliés.

Ainsi, après la Suède, le parlement britannique, c’est le tour du Congrès des députés (chambre basse) en Espagne d’adopter avant-hier à une écrasante majorité une motion appelant le gouvernement espagnol à reconnaître l’Etat palestinien.

La motion qui avait été déposée par l’opposition socialiste et a fait l’objet d’une négociation entre partis, précise cependant que cette reconnaissance « doit être la conséquence d’une négociation entre les parties » et demande au gouvernement de mener une action « coordonnée » avec l’Union européenne.

La motion a été adoptée à la quasi-unanimité par 319 voix pour, deux contre et une abstention. La motion était prévue à l’ordre du jour du parlement avant l’opération menée mardi matin contre une synagogue d’Al-Qods par deux Palestiniens, qui ont tué cinq Israéliens avant de tomber en martyr.

Le texte, qui n’est pas le premier adopté par le parlement espagnol en rapport avec l’Etat palestinien, demande au gouvernement de « reconnaître la Palestine comme Etat et sujet de droit international », tout en réaffirmant que « l’unique solution pour résoudre le conflit est la coexistence de deux Etats, Israël et la Palestine ».

Cette reconnaissance, précise encore la motion, doit être « la conséquence d’un processus de négociation entre les parties qui garantisse la paix et la sécurité pour les deux et le respect des droits des citoyens et la stabilité régionale ».

La motion, demande à l’exécutif espagnol de promouvoir de « manière coordonnée » cette reconnaissance au sein de l’Union européenne et enfin dans le cadre d’une « solution définitive et globale (…) fondée sur la création de deux Etats ».

Elle exhorte le gouvernement à « œuvrer en ce sens en recherchant une action concertée avec la communauté internationale, en particulier l’Union européenne, en prenant pleinement en compte les préoccupations légitimes, les intérêts et les aspirations de l’Etat d’Israël ».

Elle demande enfin que l’Espagne se serve de son siège (non permanent) au Conseil de sécurité pour promouvoir une solution juste et durable dans la région.

Lundi lors d’une conférence de presse à Bruxelles, le ministre des Affaires étrangères Jose-Manuel Garcia-Margallo a rappelé que l’Espagne défend depuis longtemps le principe de la co-existence de deux Etats. Cette motion n’est pas contraignante, a-t-il cependant rappelé : « elle ne fixe pas de délais pour la reconnaissance et laisse de la marge au gouvernement pour procéder à la reconnaissance au moment qu’il jugera le plus opportun ».

La motion socialiste souligne aussi en préambule qu’un mouvement s’est desssiné dans plusieurs pays européens en ce sens, notamment en Suède et en Grande-Bretagne.
En France, où le parlement devrait voter une motion similaire le 28 novembre, une fronde s’organise.

En effet, les députés UMP envisagent de ne pas participer au vote, critiquant la proposition de résolution socialiste notamment sur un « problème de constitutionnalité », a déclaré Christian Jacob. « A ce stade, nous sommes plutôt pour ne pas participer au vote, mais on va d’abord poser le débat sur un problème de constitutionnalité », a déclaré le président du groupe UMP de l’Assemblée, lors d’une conférence de presse.

La proposition PS, qui « invite le gouvernement français à reconnaître l’État de Palestine en vue d’obtenir un règlement définitif du conflit », pose « trois problèmes », à commencer par sa conformité à la Constitution, « qui ne permet pas par une résolution de donner une injonction au gouvernement ».

Autre reproche : cette proposition de résolution parlementaire marque « un affaiblissement de plus de la parole présidentielle », parce que c’est « au chef de l’État, qui est le chef des armées et de la diplomatie, de prendre position ».

« Soit il est favorable à la reconnaissance d’un État palestinien et il assume ses responsabilités, soit il ne l’est pas et il l’assume aussi. Mais il ne joue pas avec sa majorité en demandant au groupe PS d’aller déposer une résolution en catimini », a lancé Jacob, dont le groupe pourrait se diviser sur le sujet.

Cette proposition de reconnaissance d’un État palestinien contredit aussi, selon lui, « la position constante de la France, qui a toujours été pour la reconnaissance de deux États au terme d’un processus de paix ». « La résolution telle que présentée inverse les choses avec la reconnaissance d’un État qui déboucherait sur un processus de paix. C’est faire une erreur », a jugé l’ancien ministre UMP.

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