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Nationale

Le parcours «délicieux» d’un chef cuisinier algérien

Le parcours «délicieux» d’un chef cuisinier algérien

Avec son restaurant Khamsa, sis dans la banlieue de Brixton, le chef cuisinier algérien Djamel Aït Idir, avocat de métier, titulaire
d’un master en business management et ayant fait quatre ans de formation dans l’hôtellerie, a su imposer la gastronomie algérienne à Londres.

Enfant fétiche du célèbre quartier de la Pointe, à Alger, issu d’une grande famille et natif de Tizi Ouzou, Djamel Aït Idir
est devenu le « roi » de la gastronomie algérienne en Angleterre, voire l’ambassadeur des plats typiquement algériens à Londres
et à Brixton, dans le sud-ouest de la capitale londonienne.

Le chef cuisinier a bien voulu relater son long parcours, depuis Alger jusqu’à son périple londonien qui a débuté en 2008, l’année de son arrivée en Grande-Bretagne, un pays où la gastronomie mondiale est une référence de premier rang.

Rares sont les chefs cuisiniers algériens qui osent investir à l’étranger et rares sont ceux qui réussissent leurs investissements. Mais pour Djamel Aït Idir, c’était un pari à prendre tant la volonté de percer et d’aller plus loin encore était grande.

« J’ai commencé la cuisine à sept ans. C’est à cet âge que j’ai réalisé mon premier gâteau avec l’aide de ma mère. C’était dans la cuisine de notre maison, à la Pointe. Je me souviens lorsque j’aidais ma mère et mes sœurs à réaliser des plats traditionnels, tels que le couscous, la tchakhtchoukha, le hmiss, la chorba, mais aussi des gâteaux algérois, kabyles et constantinois.

C’est à ce moment là que j’ai beaucoup appris sur le monde culinaire. Ma famille m’a encouragé pour percer dans ce domaine. C’est là le secret de ma réussite », dit le chef cuisinier avec une grande fierté.

Puis vint le jour de son départ pour Londres, c’était à l’âge de 20 ans

« Oui, j’ai quitté Alger à l’âge de 20 ans, c’était dans les années 1990. Je suis allé à Londres pour poursuivre mes études. J’ai eu mon bac spécialité hôtellerie. J’ai poursuivi mes études pendant quatre ans et j’ai fini par avoir ma licence en hôtellerie, ce qui m’a ouvert grandes les portes du monde gastronomique. La première idée qui m’est venue a été d’ouvrir un restaurant avec des plats typiquement algériens.

C’était un risque que je prenais dans une ville qui enregistre beaucoup de concurrence vu les différentes gastronomies étrangères existantes. Surtout que nombre de personnes ne connaissaient rien de la gastronomie algérienne », nous raconte le jeune chef cuisinier d’une quarantaine d’années.

Un succès fou

L’ouverture du restaurant Khamsa, en pleine banlieue de Brixton, au sud-ouest de Londres, a vite attiré la grande foule. Avec un décor typiquement algérien, un mélange entre l’algérois, le kabyle et le constantinois, notamment des murs décorés avec des dessins kabyles, des assiettes traditionnelles venues tout droit de la Grande Kabylie, des coussins style kabyle pour s’asseoir, des rideaux, des couverts en bois faits en Algérie, le restaurant Khamsa reflète parfaitement l’identité de l’Algérie.

« C’était pour moi une chose essentielle pour la réussite de mon restaurant et surtout pour faire découvrir aux étrangers le patrimoine gastronomique et culturel algérien.

Lors de la coupe du monde 2010 organisée en Afrique du Sud, l’Algérie a joué un match contre l’Angleterre, et toutes les grandes chaînes britanniques ont cherché à réaliser des reportages sur la communauté algérienne établie en Grande-Bretagne. Ces chaînes se sont adressées à mon restaurant, l’endroit idéal pour parler et rencontrer les Algériens établis en Angleterre. Pour moi, c’était une fierté avant tout.

Ce fut pareil en 2012, lors des jeux Olympiques. Beaucoup de chaînes de télévision, à l’instar de BBC, ont réalisé des reportages sur mon restaurant, tout en présentant les plats traditionnels algériens que je réalise dans mes cuisines », explique le chef cuisinier.


Des plats originaux

L’art et la manière, telle est la devise du chef cuisinier algérien. Allant des plats traditionnels en passant par des plats modernes pour arriver à des plats originaux réalisés grâce à de la recherche soigneusement pensée), le chef cuisinier algérien, Djamel Aït Idir, est un vrai artiste en gastronomie.

Cela lui a valu de grands succès suite à sa participation à plusieurs concours organisés régulièrement par des organisations londoniennes. Au concours Awards Cook, l’Algérien a su imposer son style gastronomique et imprimer sa signature gastronomique, avec un mélange riche de plats algériens.

Son célèbre plat est le mkafane au poisson. Des diouls farci avec du poisson et arrosé d’une sauce rouge typique à l’algérienne dont contient du pois chiche.

Ce plat, entre autres, a permis au chef cuisinier algérien de faire parler de lui dans toute la ville de Brixton. « Sur les
18 000 restaurants à Londres, j’ai été classé parmi les six premiers par l’organisation London.com.

Pour moi, c’est avant tout une fierté pour mon pays et pour la gastronomie algérienne » confie-t-il. Ce n’est pas tout, notre chef cuisinier fait aussi des merveilles avec des plats de couscous revisités. A Khamsa, on retrouve aussi de l’originalité dans les thé et café, et même dans les gâteaux.

« Je fais du thé avec des clous de girofle. J’ai même honoré la ville de Blida en mettant de la rose dans le thé. Il y a aussi le thé au jasmin constantinois, le café « Nailia », typique de la région de Djelfa. Avec différents ingrédients je prépare un café original, unique à Londres.

Je fais aussi des salades algériennes, au total sept salades différentes, don zroudia mchermla et chlada felfel, avec des saveurs de gingembre, de basilic, de menthe, de cumin et de jasmin. Pour la clientèle, la découverte est très originale, surprenante et gourmande à la fois », affirme-t-il.

Le parfum algérien embaume Londres

Très fier de son parcours exemplaire, le chef cuisinier algérien a beaucoup de projets, dont la réalisation d’un livre qui parle de la gastronomie algérienne. Celui-ci sortira en juillet 2017. Propriétaire du restaurant Khamsa, cet amoureux et défenseur du patrimoine gastronomique algérien a su embaumer la ville de Brixton avec les parfums des plats algériens sortis tout droit de sa cuisine.

L’odeur exquise de la chorba beida (potage blanc), préparée par lui-même en personne, avec sa propre recette magique, a fait le tour du quartier Coldharbour Lane, à Brixton. En effet, chaque piéton qui passe par le restaurant est tout de suite attiré par les odeurs qui s’en dégagent.

Créateur de plats, Djamel Aït Idir ne compte pas s’arrêter en si bon chemin puisque les exploits qu’il a réalisés dans la capitale britannique seront certainement accompagnés par d’autres. L’objectif de l’Algérien hors normes.

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