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Nationale

Le panel poursuit sa mission,Après un cafouillage entre ses membres

Le panel poursuit sa mission,Après un cafouillage entre ses membres

Finalement, le panel chargé du dialogue national de sortie de crise a annoncé, jeudi, abandonner ses « préalables », les mesures d’apaisement, qui avaient été rejetées par le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaid Salah. Il a affirmé qu’il continue sa mission.

La démission de son coordinateur Karim Younès n’a pas eu lieu car elle a été « rejetée à l’unanimité par les membres du panel, et ce en réponse à la demande de plusieurs personnalités, organisations, associations, membres de la société civile et acteurs du hirak populaire, à travers les différentes wilayas, lesquels avaient exprimé leur attachement au principe de dialogue national annoncé pour la sortie de crise dans les plus brefs délais », explique un communiqué de l’instance.

Dès lors, et « mû par le sens des responsabilités envers Dieu et le pays, et conscient de la confiance placée en sa personne par les membres du panel, M. Younès a accepté de poursuivre ses missions », précise le communiqué.

Pour autant, le panel a dû revenir sur les mesures d’apaisement, qui « seront prises en compte dans les recommandations du dialogue. L’intérêt du pays doit être mis au-dessus de toute considération », souligne le panel qui a expliqué avoir « décidé d’entamer le dialogue national sans délai, selon un calendrier qui sera annoncé ultérieurement ». En outre, de nombreuses personnalités, dont les noms seront dévoilés bientôt, ont accepté de répondre à « l’appel de la patrie dans cette conjoncture difficile, par conviction et sens des responsabilités », ajoute le communiqué du panel, qui laisse entrevoir l’éventualité très possible de l’intégration de nouvelles personnalités au panel.

Après une première semaine mouvementée, le panel a décidé de poursuivre sa mission, mais en renonçant à ses mesures d’apaisement, et ce en dépit des insistances de son coordinateur Karim

La situation politique nationale évolue décidément, au cours de ces derniers jours, en clair-obscur, avec beaucoup de zones d’ombre que n’arrivent pas à décrypter les observateurs.

C’est ainsi que Karim Younès, chargé de diriger une instance devant instaurer un dialogue national de sortie de crise, a présenté sa démission jeudi, 48 heures après le « niet » du chef d’état-major aux mesures d’apaisement réclamées par le panel, et au lendemain d’une décision incompréhensible du chef de l’Etat, qui a nommé un nouveau ministre de la Justice. Smail Lalmas, et Azzeddibe Benaissa membres de ce panel, avait déjà rendu le tablier mardi. Car, mardi, le chef d’état-major de l’ANP avait rejeté les préalables posés par les membres du panel pour poursuivre leur mission, estimant que la priorité du moment est la préparation et la tenue de l’élection présidentielle.

Le chef d’état-major avait également averti ceux qui posent des conditions et des préalables pour organiser ce dialogue, qui ne doit déboucher que sur l’organisation dans les plus brefs délais, de l’élection présidentielle, seule porte de sortie de crise, selon lui.

Le chef de l’État, Abdelkader Bensalah, s’était engagé, quant à lui, à satisfaire, lors de sa rencontre avec les membres du panel, les mesures d’apaisement qu’ils lui avaient été exposées le jeudi 25 juillet.

Après les déclarations de Gaid Salah, qui a mis son veto sur la demande de mesures d’apaisement faite par Karim Younès et le panel qu’il dirige, c’est le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, qui met tout le monde dans l’embarras et alimente une polémique de trop. Le mercredi 31 juillet, les rédactions comme les experts et acteurs politiques et membres de la société civile ont été surpris par l’annonce du limogeage du ministre de la

Justices Slimane Brahmi, et la nomination à sa place, du procureur général près la cour d’Alger, Belkacem Zeghmati.

Non seulement la décision de Bensalah étonne, mais elle est en porte à faux avec la Constitution, ce qui a alimenté une sérieuse controverse sur les prérogatives du chef de l’Etat, notamment s’il ne les outrepasse pas dans la conjoncture politique actuelle, en procédant dans la foulée à la désignation d’un nouveau secrétaire général du ministère de la Justice.

Des décisions qui contredisent ses déclarations faites une semaine auparavant, lorsqu’il a expliqué, face à la demande pressante de la société civile et de l’opposition de changer de gouvernement, que la Constitution ne le lui permettait pas.

Dans ce cas précis, relatif à un changement de gouvernement dans les circonstances actuelles, l’article 104 de la loi fondamentale est clair, sans ambiguïté : « Le Gouvernement en fonction au moment de l’empêchement, du décès ou de la démission du président de la République ne peut être démis ou remanié jusqu’à l’entrée en fonction du nouveau président de la République. Dans le cas où le Premier ministre en fonction, est candidat à la présidence de la République, il démissionne de plein droit. La fonction de Premier ministre est assumée par un autre membre du gouvernement désigné par le Chef de l’Etat ».

Alors, une question se pose : la décision du chef de l’Etat de « dégommer » Brahimi et le remplacer par M. Zeghmati est-elle conforme à l’article 104 de la Constitution ? Ce cas de gouvernance est symptomatique de la situation politique et institutionnelle du moment qui prévaut dans le pays, où des décisions sont prises, même sans consultation du Conseil constitutionnel.

Le Conseil constitutionnel avait ouvert les portes au début de juin de la poursuite de la mission de Bensalah à la tête de l’Etat, alors que sa mission était close selon les dispositions de la loi fondamentale. Qu’est-ce qui a motivé alors la décision du chef de l’Etat ? Au sein du gouvernement, des ministres prennent également des décisions importantes, engageant l’avenir du pays, alors que leur rôle est limité et leur mission bien définie.

Ces déviations constitutionnelles ne pouvaient, dès lors, ne pas impacter négativement l’initiative d’un dialogue national devant mettre en place les mécanismes institutionnels et politiques de sortie de crise.

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