Le Niger accepte la médiation algérienne: victoire diplomatique d’Alger
Les autorités issues du coup d’Etat du 26 juillet 2023 au Niger ont accepté la médiation algérienne pour résoudre la crise politique dans ce pays. C’est ce qu’a annoncé ce lundi 2 octobre à Alger, le ministère des affaires étrangères dans un communiqué.
Il s’agit d’une victoire diplomatique d’Alger et d’une reconnaissance de ses efforts en vue de résoudre la crise au Niger par les moyens pacifique alors que se profilait un risque de guerre qui embraserait la région du Sahel. La CEDEAO avait menacé d’intervenir militairement au lendemain du putsch contre le président Mohamed le 26 juillet dernier.
« Le gouvernement algérien a reçu, par le canal du Ministère nigérien des Affaires étrangères, une notification d’acceptation de la médiation algérienne visant à promouvoir une solution politique à la crise au Niger dans le cadre du plan de règlement présenté par le Président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune », a fait savoir le MAE.
« Cette acceptation de l’initiative algérienne conforte l’option de la solution politique à cette crise et ouvre la voie à la réunion des conditions devant permettre de la surmonter pacifiquement dans l’intérêt du Niger et de l’ensemble de la région », a souligné le texte.
« Prenant acte de cette notification, le Président de la République a instruit le Ministre des Affaires étrangères et de la Communauté Nationale à l’Etranger, M. Ahmed ATTAF, de se rendre à Niamey, dans les plus brefs délais, en vue d’y entamer des discussions préparatoires sur la mise en œuvre de l’initiative algérienne avec toutes les parties prenantes », conclut le communiqué.
Le plan algérien de règlement de la crise au Niger s’articule autour de six points, dont le principe est le refus de toute intervention militaire étrangère et le retour à l’ordre constitutionnel dans ce pays.
L’Algérie a présenté fin août ce plan de paix pour une sortie de crise dans un délai de six mois, alors que les autorités au Niger préconise une période de transition de deux ans.
Concernant les arrangements politiques de sortie de crise, l’initiative algérienne « exige l’impérative association et aval de toutes les parties au Niger, sans exclusion aucune, ces arrangements devant être conduits dans un délai ne dépassant pas les six mois, sous le contrôle d’une autorité civile, conduite par une personnalité consensuelle, acceptée par toutes les factions de la classe politique au Niger afin d’aboutir au rétablissement de l’ordre constitutionnel dans ce pays », avait expliqué le chef de la diplomatie algérienne Ahmed Attaf.
Pour la mise en œuvre de ces arrangements politiques « l’Algérie entamera des contacts et des consultations approfondies avec toutes les parties concernées qui peuvent contribuer et aider au règlement politique de la crise ou soutenir les efforts fournis en ce sens ».
Dans le cadre de son initiative, l’Algérie préconise la tenue d’une conférence des Nations unies pour rétablir l’ordre constitutionnel, proposera des garanties à toutes les parties impliquées et accueillera une conférence sur le développement de la région du Sahel.