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Nationale

Le M’zab se remet de ses blessures

Le M’zab se remet de ses blessures

Meurtrie par des mois de violences et de désolation, la vallée du M’zab se remet doucement mais sûrement en tablant sur ce qui a fait sa force des siècles durant, à savoir son potentiel culturel et humain.

Ces dernières semaines, elle attire de nouveau les visiteurs, notamment nationaux très attachés, dans leur majorité, à une ville millénaire, devenue une destination incontournable.

Fondée en 1048, Ghardaïa, dispose d’atouts touristiques majeurs. Occupant une place stratégique – elle se situe à proximité d’autres régions du Sud attirant beaucoup de touristes –, elle est dotée du réseau routier le plus dense du Sud.

Chacun de ses ksour a sa propre place de marché ancestral, ses sites architecturaux historiques et ses richesses artisanales, ce qui la prédestine à devenir un espace prisé, voire convoité, au niveau de la porte du désert.

Nombre de ses sites ont été classés patrimoine mondial de l’Unesco, en tant que valeurs universelles exceptionnelles : les sept ksour, outre ceux de Metlili et d’El-Menia.

Autant de lieux qu’aucun voyageur passionné, amoureux de la beauté architecturale et sensible à l’hospitalité locale ancestrale ne saurait ignorer. Dans le classement des destinations les plus appréciées en ce début d’année 2016, on retrouve Ghardaïa.

Grâce au calme retrouvé, elle devance de loin des villes qui ont pourtant la cote, à l’image de Tamanrasset, Taghit ou In Salah. Ghardaïa figure désormais sur la liste des destinations touristiques privilégiées par les nationaux et par quelques internationaux pour les fêtes du nouvel an, qui coïncident avec les vacances scolaires. Elle retrouve peu à peu son quota de touristes des années 1970.

Ainsi, des centaines de touristes nationaux mais aussi des étrangers amoureux de Ghardaïa ont été enchantés de retrouver les sites touristiques légendaires de la vallée du M’Zab et de vadrouiller aisément dans les labyrinthes des vieux ksour, d’assister à la vente à la criée dans le mythique marché de Beni Izguen ou encore d’aller profiter de l’eau bienfaisante de la station thermale de Zelfana.

Outre le calme retrouvé, après des violences qui ont fait des dizaines de morts ainsi que des centaines de locaux et de maisons détruits, de nombreuses raisons peuvent expliquer ce nouvel engouement retrouvé pour les villes du M’zab dont, notamment la quiétude, le beau temps et l’excellent rapport qualité-prix.

Aussi bien pour les vacances du nouvel an, de printemps ou encore celles d’été, le M’zab figure parmi les destinations touristiques les plus prisées par les Algériens.

Cependant, l’activité touristique à Ghardaïa vient, certes, de connaître, selon les derniers chiffres du mois de décembre 2015, une légère amélioration par rapport aux années précédentes, mais pour une courte durée. Les nouvelles statistiques de la direction du tourisme font ressortir une hausse de l’ordre de 70%. 

Le taux d’occupation des chambres dans le seul établissement d’hébergement classé Hôtel El-Djanoub ainsi que dans d’autres hôtels et auberges privés, à l’image du prospère logis d’Aghlen Paradis ont affiché 88% contre 15% l’année précédente. Cette hausse très sensible est due notamment à la quiétude enregistrée désormais dans la région du M’zab.

En dépit de ces résultats encourageants, Ghardaïa se caractérise par l’une des plus faibles capacités d’hébergement touristique de la région du Sud ainsi que par une mise en valeur insuffisante des zones d’intérêt touristique.

A cela s’ajoutent l’absence d’infrastructures suffisantes adaptées aux nationaux ainsi que le manque en matière de foncier.
Le tout couronné par l’absence d’une vraie stratégie promotionnelle de la ville, et ce malgré les atouts historiques, culturels et naturels de la région du M’zab, lesquels ne sont pas suffisamment exploités.

Le développement et la promotion de la destination Ghardaïa ne peuvent se faire sans le concours de l’ensemble des intervenants publics et privés, sachant pertinemment que Ghardaïa reste une zone de passage par excellence. Les conférences, les festivals et les visites officielles des invités du pays restent en effet la principale source d’alimentation des activités hôtelières. 

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