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Nationale

Le MSP dans la tourmente

Le MSP dans la tourmente

Le MSP vit des heures difficiles. Depuis que son président Mokri Abderezzak a fait part de l’invitation du président Abdelaziz Bouteflika de faire partie du prochain gouvernement, le parti vit dans la tourmente.

Des voix s’élèvent pour dire que le mouvement islamiste modéré doit revenir à ses premières amours, dont le plus grand défenseur de cette ligne n’est autre que l’ancien patron du parti, Aboudjerra Soltani, alors que l’autre ligne, qualifiée de radicale, s’oppose à toute inté- gration dans un exécutif dont on ne connaît pas encore les dimensions et les couleurs. Cette dernière est menée par Mokri lui- même, qui tente par tous les moyens de poser des conditions.

Ces derniers jours, une bataille par médias interposés, voire à travers les réseaux sociaux, oppose Mokri à Soltani. Chacun tente d’argumenter pour convaincre du bien-fondé de ses assertions. Le conseil consultatif, l’instance suprême du parti, devrait donc trancher ce week-end lors d’une session extraordinaire.

Un débat houleux est attendu, d’autant que les partisans de la participation au prochain gouvernement ont été agréablement surpris par les récentes déclarations de Menasra, chef du parti Front du changement et néan- moins tête de liste de l’alliance à Alger. Ce dernier s’est dit favorable à une intégration par son alliance islamiste au prochain gou- vernement. Une déclaration qui a créé une nouvelle zizanie, puisque l’agenda même

de cette alliance électorale vient d’être chamboulé. En effet, on sait que cette alliance électorale constituait un support organique et politique à un projet de fusion entre le MSP et le FC, dont un Congrès extraordinaire constitutif était prévu vers la fin de ce mois, avant le Ramadhan.

Or, l’in- vitation du Premier ministre Sellal et son audience accordée à Mokri, suivie des déclarations intempestives des uns et des autres, ont fini par dynamiter tout cet agen- da.

Bien que le processus de fusion entre les deux chapelles n’ait pas encore été menacé, il semble que cela va laisser des traces, d’autant que des voix avancent déjà un report de ce congrès vers le début du mois de juillet prochain.

Il y a quelques heures, Mokri s’est lancé dans des menaces politiques, dans le genre que si les appareils du MSP optent pour une participation au gouvernement, il jetterait l’éponge.

Une menace qui s’apparente déjà à un chantage, pour reprendre les propos de Soltani. Ce dernier estime que Mokri est en train d’influencer les membres du majliss echoura avant leur réunion décisive.

Rappelons que Mokri avait posé trois conditions pour intégrer un gouvernement de coalition. La première était liée aux

conditions générales du déroulement des législatives, la deuxième trait à l’élargisse- ment de ce gouvernement à d’autres sensi- bilités et courants pour qu’il soit un exécutif d’union nationale, alors que la troisième est d’ordre politique et économique.

En lançant des accusations sur l’usage de la fraude et le constat d’irrégularités lors du scrutin, Mokri aurait signifié par anticipation la fin de non-recevoir au Premier ministre. Il reste encore quelques jours pour que les partisans participationnistes fassent pen- cher la balance à leur cause. Mais cela reste aléatoire et c’est une énorme incertitude qui plane sur la session du majlis echoura.

Quoi qu’il en soit, Sellal ne semble guère attendre les accouchements aléatoires du MSP pour intégrer des partis islamistes modérés dans son prochain gouvernement. Il vient déjà de solliciter Taj de Amar Ghoul pour prendre un siège, tout comme il vient de proposer la même chose à Dane, le SG du mouvement el Bina, pourtant allié électoralement avec Ennahda et le PJD de Djaballah, lors des dernières législatives.

Taj a remporté 17 sièges, alors que l’allian- ce Ennahda en a gagné 15, soit exactement le même nombre de sièges que le MSP a remporté.

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