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Le modèle économique de Sellal dévoilé

Le modèle économique de Sellal dévoilé

Il aura fallu presque une année pour que le nouveau modèle économique présenté et défendu par le Premier ministre Sellal lors de la Tripartite de juin 2016 soit dévoilé et rendu public avant-hier, sur le site du ministère des Finances.

On savait que peu de choses avaient filtré de ce programme, jalousement gardé secret. Beaucoup de supputations ont été distillées sur ce programme, même si des officiels du gouvernement affirmaient qu’il s’agissait d’une nouvelle stratégie économique construite sur la base des prévisions budgétaires de 2017, 2018 et 2019, et que les objectifs s’étalent jusqu’en 2030.

Ce modèle économique, qui ne fut ni présenté à l’Assemblée populaire nationale, ni au Sénat, ni soumis à des débats médiatiques entre initiés ou objet de réflexions universitaires, avait suscité moult interrogations sur sa portée politique, son efficacité économique et surtout sa capacité à répondre aux besoins du pays, de sa population en nette croissance et de son développement.

On savait juste que le Premier ministre Sellal avait mobilisé des chercheurs, des consultants et des experts de renommée internationale en automne 2015 pour élaborer ce modèle de croissance, et que le Conseil national économique et social (CNES) avait été associé à cette entreprise.

L’expertise des institutions internationales comme le Fonds monétaire (FMI) et la Banque mondiale a également été sollicitée. Le nouveau modèle dévoilé avant-hier sur le site du ministère des Finances serait la synthèse des travaux, analyses et autres projections de ces sommités.

Quelles sont les grandes lignes de ce programme ? En fait, le gouvernement vise à transformer surtout notre économie d’ici 2030, en misant sur une diversification de celle ci et une croissance soutenue, hors-hydrocarbures, sur une décade à partir de 2020. Ces objectifs tablent sur 6,5% de croissance par an (hors-hydrocarbures), ce qui est très appréciable. Le PIB par habitant devrait être multiplié par 2,3, plaçant notre pays dans le tableau des pays à revenu élevé.

Deux secteurs devront se moderniser pour tirer cette économie vers les objectifs assignés, l’agriculture et l’industrie manufacturière, dont on prévoit pour cette dernière sa valeur ajoutée dans le PIB à plus de 10% en 2030.

Dans ce document, il est question aussi de développer et d’encourager les « services de connaissances », alors que le BTP subira des ralentissements progressifs. Seuls les secteurs marchands connaîtront des taux de croissance appréciable aux alentours de 7,4%.

Le gouvernement n’a pas oublié de mentionner dans sa feuille de route économique la transition énergétique, puisqu’il prévoit de « diviser par deux le taux de croissance annuel de la consommation interne d’énergie ». Celle-ci passera de 6% en 2015 à 3% en 2030.

Dans le dernier chapitre de cette transformation prévue par le document, il est question d’assurer une diversification des exportations qui permettent « le financement de la croissance économique accélérée », évitant ainsi le recours aux ressources du Trésor public.

Sur le volet budgétaire de l’Etat, le modèle relève trois axes de réformes : d’abord, une amélioration des recettes de la fiscalité ordinaire, qui devrait couvrir l’essentiel des dépenses de fonctionnement. Le taux actuel de cette couverture est de 47%, alors qu’il devrait atteindre en trois ans les 84% de la totalité des dépenses de fonctionnement de l’Etat.

Ensuite, il est question de maintenir stable le niveau des dépenses globales incluant celles d’équipements jusqu’en 2019 (7 000 milliards de dinars), tout en réalisant un ajustement budgétaire qui prévoit des déficits de l’ordre de 1,9% du PIB.
Le gouvernement s’est basé dans ses projections sur d’un calcul des prix du baril à 50 dollars en 2017, puis 55 en 2018 et 60 dollars en 2019.

Enfin, la troisième réforme prévoit une balance des paiements excédentaires à hauteur de 2,2 milliards de dollars en 2019. Un taux qui devrait écarter tout risque d’une « aggravation de l’endettement aussi bien interne qu’externe, tout en concourant à un confortement des réserves de change (27 mois d’importation) ». 

Dans cette synthèse du modèle économique, le gouvernement sait que pour parvenir à cette transformation du système actuel de notre économie, il faudra lancer toute une série de réformes en modifiant la législation fiscale, le management administratif, ainsi que la politique actuelle des transferts sociaux, comme les subventions des denrées alimentaires et des carburants. Le système de la redistribution sociale devrait connaitre une refonte totale d’ici quelques années.

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