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Nationale

Le MNLA poursuit ses tractations à Alger avant de parapher l’accord intermalien

Le MNLA poursuit ses tractations à Alger avant de parapher l’accord intermalien

Les leaders du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) poursuivent à Alger leurs tractations avec l’équipe de médiation internationale avant de parapher l’accord intermalien conclu en mars dernier.

Le MNLA, membre de la Coordination des mouvements azawads (CMA), a suspendu sa signature jusqu’à la satisfaction de ses revendications, parmi lesquelles : la reconnaissance officielle de l’Azawad comme une entité géographique, politique et juridique, la création d’une assemblée interrégionale couvrant cette zone, et un quota de 80 % de ressortissants de l’Azawad dans les forces de sécurité. Des sources au sein de la médiation parlent de pourparlers de la dernière chance pour sauver l’accord.

Les responsables touareg du nord du Mali regroupés autour du MNLA, qui ont refusé de signer l’accord de paix d’Alger, ont déclaré jeudi dernier qu’ils rencontreraient des médiateurs algériens, cette semaine à Alger, concernant les conditions de l’accord préliminaire de paix qu’ils ont rejeté au mois de mars. 

La CMA, qui avait organisé une rencontre mardi dernier avec une délégation de diplomates occidentaux et africains à Kidal, a présenté par écrit une série de revendications à introduire dans l’accord, parmi lesquelles:la reconnaissance officielle de l’Azawad comme une entité géographique, politique et juridique, en référence à l’appellation du nord du Mali par les rebelles, la création d’une assemblée interrégionale couvrant cette zone, un quota de 80 % de ressortissants de l’Azawad dans les forces de sécurité.

Les consultations en cours à Alger cette semaine avaient été engagées à l’initiative de l’Algérie et visaient à dégager une mouture acceptable de la proposition de paix originelle. Mais Attay Ag Abdallah, un responsable de la CPA (Coalition du peuple pour l’Azawad), l’une des cinq organisations de la coalition rebelle, a déclaré que l’Algérie rejetait jusqu’à présent leur demande d’amender l’accord de paix. Alger, de son côté, presse la coalition rebelle de signer l’accord, déclarait un diplomate en poste à Bamako.

Le MNLA a été pris de court en apprenant que les dignitaires religieux et la société civile malienne ont fait cause commune en effectuant une tournée en Europe pour battre en brèche leurs allégations.

Cette délégation comptait dans ses rangs des personnalités très fortes, comme le chef de l’Église malienne et archevêque de Bamako Jean Zerbo, et l’ancien Premier ministre, Ahmed Mohamed Ag Hamani, une figure très respectée de la communauté touarègue.

Il s’agissait de couper court au tissu de mensonges que le MNLA propageait en Europe et dans le reste du monde pour vilipender le gouvernement malien.Et l’Union africaine, par la voix de la puissante présidente de la commission de l’Union africaine, Xosasana Dlamini Zuma, a enfoncé le clou en faisant savoir que l’Afrique apportera son soutien au gouvernement malien au cas où les groupes armés opposés à l’accord d’Alger reprenaient le maquis.

Pour jouer les trouble-fête, ils ont trouvé en Mohamed VI, le roi du Maroc, un allié idéal. D’ailleurs, le communiqué des AE marocain s’en est pris indirectement à l’Algérie qualifiée de « partie directement intéressée ».

Le HCUA lâche le MNLA

Le HCUA se démarque totalement de la position du MNLA. Il s’est montré favorable au paraphe du document. A cet égard, l’un des porte-parole de ce mouvement, en l’occurrence Ag Aharib, a affirmé ceci : « Nous n’avons pas rejeté cet accord. Et il n’est pas question pour nous de le rejeter. » Il indique que son mouvement est du reste venu rencontrer la médiation afin de voir « ce qu’il y a de nouveau dans la suite du processus, comment le continuer ».

Une position qui tranche avec celle du MNLA qui continue de tenir des propos belliqueux et ne se montre pas du tout disposé à aller vers la paix. Le MNLA, qui est signataire de l’accord préliminaire de Ouagadougou du 18 juin 2013 et de la feuille de route des pourparlers d’Alger signée en juillet 2014, qui reconnaissent tous deux l’intégrité du territoire malien, le caractère laïc et républicain de l’Etat, joue un double jeu inquiétant pour l’avenir.

Ainsi il n’hésite pas, sous l’influence marocaine et à chaque discussion, de remettre sur la table son projet séparatiste.Le ton plutôt modéré du HCUA semble adopté après les menaces de plus en plus fermes des sanctions brandies par l’ONU, notamment contre ceux qui feraient obstacle à la paix.

Ainsi, le HCUA serait prêt à renoncer aux amendements à introduire dans l’accord. Rappelons que ceux-ci sont relatifs à la reconnaissance de l’Azawad en tant qu’entité politique et géographique ; à ce que 80% des effectifs militaires déployés au Nord soient constitués des ressortissants du Nord ; l’attribution à ces régions de 30% des ressources financière ; un contrôle total de l’administration qui sera déployée dans cette partie du territoire.

Par ailleurs, il faut rappeler que l’ex-chef du mouvement terroriste Ansareddine, Iyad Ag Ghali, semble faire profil bas depuis quelques jours, depuis que son nom a été porté sur la liste noire de l’ONU et des services de renseignement américains et européens, qui ont du reste procédé au gel de ses avoirs.
 

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