-- -- -- / -- -- --
Nationale

Le Maroc, «un pari sur le pire»

Le Maroc, «un pari sur le pire»

Ramtane Lamamra voit dans les propos du roi du Maroc Mohammed VI à l’égard de l’Algérie comme « un pari sur le pire » et « un combat d’arrière-garde ». Les propos du roi du Maroc à l’égard de l’Algérie en raison de son soutien inconditionnel à l’indépendance du Sahara occidental ont été jugés inappropriés par les milieux politico-médiatiques à Alger.  Pour Lamamra, l’Algérie ne pratique pas la diplomatie du mégaphone. Elle se veut, a-t-il souligné, un exportateur net de paix, de sécurité et de stabilité dans son voisinage et, a fortiori, lorsqu’il s’agit du Sahara occidental, contrairement au Maroc qui s’ingénie à jeter de l’huile sur le feu.

Le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, a affirmé hier que les propos tenus par le roi du Maroc Mohammed VI à l’égard de l’Algérie dans un récent discours résonnent comme « un pari sur le pire ». 

Lors d’une lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue colombienne, Maria Angela Holguin, qui effectuait une visite Algérie, Lamamra a estimé que les propos du souverain marocain « résonnent comme un pari sur le pire » et constituent « un combat d’arrière-garde.

Les propos du roi du Maroc à l’égard de l’Algérie en raison de son soutien inconditionnel à l’indépendance du Sahara Occidental ont été jugés inappropriés par les milieux politico-médiatiques à Alger. 

Pour M. Lamamra « la répétition (par le Maroc) de clichés, de stéréotypes malencontreux, en ce qui concerne la position de l’Algérie, n’est pas de nature à ternir en quoi que ce soit cette position de principe qui est celle de toute la communauté internationale », affirmant que l’Algérie les rejette catégoriquement.

« Si nous avons bien compris, il y aura davantage de désunion, de déchirement fratricide et de combat d’arrière-garde comme nous l’avons vu durant les quarante années qui viennent de s’écouler, alors même que le monde va de l’avant et exprime, de plus en plus, son attachement à des valeurs refuges et des principes universellement soutenus comme celui de l’autodétermination des peuples », a-t-il dit. Selon Lamamra, « la mystification qui a eu lieu le 6 novembre 1975 a abouti à la prise en otage du destin collectif des peuples maghrébins par l’extensionnisme territorial, quarante ans durant ».

L’Algérie, a-t-il relevé, « se veut, résolument, un exportateur net de paix, de sécurité et de stabilité dans son voisinage et, à fortiori, lorsqu’il s’agit de cette question (Sahara occidental) ». 

L’Algérie ne pratique pas la politique du mégaphone

Le ministre des affaires estrangères a rappelé la Constitution algérienne « qui nous fait obligation de régler pacifiquement les différends internationaux et de contribuer à la paix, à la sécurité et la réalisation des objectifs des Nations Unies, nous nous interdisons de jeter de l’huile sur le feu ». 

Comme nous ne pratiquons pas la diplomatie du mégaphone, nous faisons des choses qui ne sont pas toujours livrées dans le domaine public », a-t-il souligné ajoutant que « fort heureusement la légalité internationale a parlé il y a trois ou quatre jours, par la voix du secrétaire général des Nations Unies, M. Ban-Ki moon. Comme d’ailleurs, la Cour internationale de justice l’avait fait il y a quarante ans dans son avis juridique consultatif », a-t-il poursuivi. 

Ces deux organes principaux des Nations Unies ont conforté la position de principe de l’Algérie est en la matière, qui est le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Il s’agit d’un « droit est incontournable, inaliénable et imprescriptible », a soutenu le ministre d’Etat. Jeudi dernier, Ban Ki-moon, a exhorté le Maroc et le Front Polisario à entamer un processus de négociation pour parvenir à une solution politique mutuellement satisfaisante qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.

« Alors que le conflit sur l’avenir du Sahara occidental et la souffrance humaine qu’il a engendrée durent depuis près de quarante ans, la situation dans le nord-ouest de l’Afrique est de plus en plus alarmante », s’est inquiété M. Ban dans un communiqué de presse rendu public mercredi soir à New York. « Ce conflit doit prendre fin si l’on veut que les peuples de la région puissent relever les défis communs auxquels ils font face et réaliser leur plein potentiel », a-t-il dit.

Le Secrétaire général a rappelé que le statut définitif du territoire fait l’objet d’un processus de négociation sous l’égide de l’ONU, en accord avec les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. . Le conflit du Sahara occidental est le plus vieux en Afrique.

Les belligérants, le Maroc et le Front Polisario, ont conclu un cessez-le-feu en 1991 suivi de négociations qui ont conduit à la signature des accords de Houston (Etats-Unis). Ces accords prévoient la tenue d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, qui a été ensuite renié par l’occupant marocain.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email