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Nationale

Le Maroc humilié par la Mauritanie

Le Maroc humilié par la Mauritanie

La Mauritanie annonce la couleur : changement de cap sur la question sahraouie.

L’ouverture du 27e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement arabes hier à Nouakchott risque bien d’assombrir davantage les relations entre le Maroc et la Mauritanie.

Le logo de l’événement affiche une carte du royaume sans les territoires du Sahara occidental, suscitant la colère des responsables marocains qui ne s’attendaient pas à un tel affront.

C’est la première fois qu’un sommet arabe exclut les territoires du Sahara occidental de la carte du Maroc. Ce n’est pas la première fois que la Mauritanie inflige au Maroc une gifle aussi cinglante.

Lors des travaux du congrès extraordinaire du Polisario organisé les 8 et 9 juillet a Dakhla, la présence remarquée d’un ministre mauritanien qui avait fait le déplacement et d’officiels mauritaniens était un message fort adressé au Maroc.

La mission mauritanienne était composée du président de l’Union des forces du progrès et de députés membres du groupe d’amitié parlementaire entre la Mauritanie et le Polisario.

Nouakchott avait également dévoilé ses intentions en décrétant trois jours de deuil national suite au décès, le 31 mai, du président Mohamed Abdelaziz. La brouille entre les deux pays a commencé le 17 juin dernier lorsque les autorités mauritaniennes ont pris la décision de « retirer le permis de travail des salariés marocains de la société Mauritel », annonce l’agence de presse mauritanienne Alakhbar.

Selon la même source, les employés marocains ont été interdits d’accéder à leurs bureaux. L’opérateur souhaiterait ainsi retirer les postes de responsabilité qu’occupent les travailleurs du royaume afin qu’ils reviennent aux Mauritaniens.

Mauritel est détenu à 51% par Maroc Telecom depuis 2001. Le gouvernement mauritanien a également dépêché une délégation de fonctionnaires de l’Office de l’emploi dans les locaux de la filiale mauritanienne d’Attijariwafa Bank, pour signifier aux 150 ressortissants marocains résidants au Canada embauchés par Kinross — qui exploite la mine d’or de Tasiast à 250 kilomètres au nord de Nouakchot de quitter les lieux.

Deux ans après l’élection de Mohamed Ould Abdelaziz à la présidence, le correspondant marocain de l’agence MAP, HavidhElbaghali, est sommé de quitter le territoire mauritanien avec un délai de 24 heures, car accusé d’être un agent de la DGED.

Depuis, la tension va crescendo entre les deux pays. Le poste d’ambassadeur de Mauritanie à Rabat est d’ailleurs vacant depuis. De plus, le Maroc multiplie les provocations envers la Mauritanie. Deux des principaux opposants au régime d’Ould Abdelaziz ont trouvé asile au Maroc.

Son cousin et autrefois allié, Ould Bouamatou, gère ses milliards depuis Marrakech, tandis que Moustapha LimamChafi a installé sa famille à Rabat. Alakhbar explique que le régime mauritanien est en colère contre le Maroc en raison de la présence de deux de ses opposants, l’homme d’affaires Mohamed OuldBouamatou et le diplomate Moustapha Ould Imam Chavi, sur son territoire.

Autre raison qui pourrait avoir provoqué l’ire de la Mauritanie : Mohammed VI aurait refusé par deux fois de rencontrer IsselkouOuld Ahmed, le chef de la diplomatie mauritanienne. En février, le Maroc avait renoncé à l’organisation du sommet qui devait se tenir en avril à Marrakech, avançant que « les conditions objectives pour garantir le succès d’un sommet arabe, à même de prendre des décisions à la hauteur de la situation et des aspirations des peuples arabes, ne sont pas réunies ».

Ignorant cette position, la Mauritanie s’était alors annoncée comme remplaçante au pied levé. Un affront pour le Maroc. En septembre 2015, des militaires mauritaniens hissaient leur drapeau dans la commune marocaine de Lagouira.

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