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Nationale

Rabat ouvrira une ambassade à Al Qods occupé: Israël parrain et protecteur

Rabat ouvrira une ambassade à Al Qods occupé: Israël parrain et protecteur

Le ministre des Affaires étrangères sioniste Yair Lapid a annoncé mercredi dernier, lors d’une conférence de presse, que son homologue marocain, Nasser Bourita, se rendra en Israël cet été afin d’ouvrir officiellement l’ambassade de son pays dans l’entité sioniste.

Une annonce qui n’a étonné personne dans les milieux diplomatiques. Ces derniers connaissent maintenant l’étroitesse des rapports entre les deux entités. En presque deux ans, jamais un régime arabe n’a poussé aussi loin ses relations avec Israël, même par des Etats, plus anciens dans la normalisation et qui entretiennent des rapports diplomatiques et protocolaires depuis des décennies, comme l’Egypte et la Jordanie, et qui ont signé des accords de paix.

Depuis la normalisation de leurs relations en 2020 dans le cadre des Accords d’Abraham, le rapprochement entre le royaume du Makhzen et Israël se poursuit à un rythme soutenu. Les visites se multiplient, les accords aussi dans tous les domaines, ainsi que la signature de partenariats dans les domaines technologique, sécuritaire, militaire, économique et culturel.

La plus importante de ses visites est particulièrement celle du ministre israélien de la Défense Benny Gantz en novembre dernier. En mars dernier, une délégation de l’armée israélienne a même effectué sa première visite officielle au Maroc après la signature d’un accord de coopération militaire entre les deux pays. L’ouverture d’une ambassade marocaine à Tel Aviv, voire à El Qods occupée, n’est qu’une suite logique de ce processus.

Pourquoi Rabat est allé aussi loin dans ses rapports avec l’entité sioniste, allant jusqu’à lui proposer la création d’une base militaire de surveillance de la navigation maritime et d’écoutes sur les côtes de la méditerranée occidentale? Comment un royaume peut-il se transformer rapidement en protectorat à Israël, alors que rien, ni guerre, ni famine ou crise, ni pression ne l’obligeait ? Pour les observateurs, l’impatience du makhzen à s’offrir à Tel Aviv est motivée par la nouvelle perception de Rabat sur son isolement international.

L’Union africaine dénonce toujours l’occupation des territoires du Sahara occidental et revendique la tenue d’un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui, et qu’en même temps l’Union européenne tienne un discours identique, très proche des résolutions des Nations unies. Cet isolement est senti encore d’une manière très forte depuis que le président américain Joe Biden avait pris ses distances avec le fameux tweet de son prédécesseur Donald Trump qui reconnaissait une « fallacieuse marocanité » du Sahara occidental.

Le makhzen s’est retrouvé seul face à ses contradictions, ses atermoiements et ses crises. Son plan « d’autonomie », qui n’est qu’une annexion de facto des territoires sahraouis, n’est pas reconnu internationalement, ni par ses alliés, ni par ses amis traditionnels. La politique d’ouverture des consulats à El Ayoun et à Dakhla a échoué lamentablement et provoque du ridicule.

Partout, les capitales européennes et asiatiques font des mises au point. Berlin, Amsterdam, Ankara, Rome, Londres, Oslo, Pékin recadre le makhzen et affiche leurs positions claires par rapport au dossier sahraoui. Seul Madrid a plié au chantage.

Selon des diplomates, Rabat a même échoué à mobiliser ses alliés du monde arabe, en dépit de ses multiples tentatives. Son marchandage qu’elle a proposé en contrepartie de ses participations militaires dans des opérations au Yémen, par exemple, n’a pas donné des résultats escomptés, d’où son retrait rapide des forces de l’alliance.

Aujourd’hui, le makhzen se tourne vers l’entité sioniste, son nouvel ami et allié pour dépasser ses crises. Pour les diplomates, Rabat n’a plus qu’une seule stratégie de rechange, une diplomatie de maquereau, en jouant son va tout avec Tel Aviv. Pour Rabat, seule cette entité est susceptible ou capable de lui dénouer ses tensions et ses crises avec les autres Etats du monde, que ce soit avec Ryad ou Paris, Washington ou Bruxelles.

L’an dernier, le ministère algérien des Affaires étrangères avait souligné ce procédé makhzenien, quand un ministre sioniste avait fait des déclarations fallacieuses à partir de Rabat concernant l’Algérie. Pour Alger, « ces déclarations malveillantes traduisent une «sourde volonté» d’entraîner Israël dans une «aventure hasardeuse» dirigée contre l’Algérie.

«L’exercice public, dont les peuples maghrébins ont tous été témoins, traduit une fuite en avant suicidaire tant il est vrai que le chef de la diplomatie marocaine tente sournoisement d’ajouter à sa tentative désespérée de dénaturer la question de décolonisation qu’est le conflit du Sahara occidental un nouvel acteur représenté par une puissance militaire moyen-orientale, qui continue de refuser la paix juste et durable avec le peuple palestinien que porte l’initiative arabe de paix à laquelle l’Algérie est authentiquement attachée», indique encore le MAE algérien.

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