-- -- -- / -- -- --
Nationale

Le m-paiement est prévu avant 2021

Le m-paiement est prévu avant 2021

Le projet de lancement du paiement par téléphone mobile (m-paiement) est en cours de parachèvement et devrait voir le jour durant l’année 2020, selon l’administrateur du Groupement d’intérêt économique de la Monétique (GIE Monétique), Madjid Messaoudene.

« Nous avons finalisé la description fonctionnelle et technique du modèle que nous voulons pour l’Algérie, nous pouvons dire que nous sommes en phase de concrétisation », a fait savoir M. Messaoudene.

Pour réaliser ce projet, dit-il, le GIE Monétique avait examiné plusieurs solutions d’éditeurs et de fournisseurs précisant que le travail se faisait en collaboration avec « l’ensemble des intervenants » et « sous la supervision de la Banque d’Algérie ». Selon le responsable de cet organe de régulation chargé de la promotion de la monétique, les paiements mobiles sont des transactions effectuées depuis un téléphone mobile et débitées sur carte interbancaire (CIB).

Au lieu d’utiliser la monnaie fiduciaire, les consommateurs peuvent, grâce à cette nouvelle solution, se procurer des biens et des services dans les espaces commerciaux de proximité avec un smartphone en scannant un code-barres intelligent (QR) de la caisse du commerçant à partir d’une application spécifique qui sera conçue par GIE Monétique.

Ce nouveau moyen qui monte en puissance partout dans le monde, peut être mis en place sans formalités complexes et permet notamment d’éviter pour les consommateurs de se déplacer avec des sommes d’argent liquide pour régler leurs achats.

Pour les commerçants, il permet d’utiliser le téléphone mobile à la place des terminaux de paiement électronique (TPE) classiques, ce qui diversifiera les instruments de paiement mis à la disposition des clients dans les espaces commerciaux.

Les commerçants ont été « obligés » d’acquérir un TPE, dans le cadre du plan des pouvoirs publics visant la généralisation du paiement électronique en Algérie, et ce, en vertu de la loi de finances 2018 (LF 2018).

Ensuite, ce texte a été modifié par l’article 111 de la dernière loi de finances (LF 2020) qui stipule que « tout agent économique devra mettre à la disposition du consommateur des instruments de paiement électronique, pour lui permettre, à sa demande, de régler le montant de ses achats à travers son compte bancaire ou postal dûment domicilié au niveau d’une banque agréée ou Algérie poste ».

Ainsi, cette disposition n’est plus limitée aux TPE et couvre désormais tout instrument de paiement électronique, en particulier le m-paiement.

Mais les chiffres avancés par le GIE Monétique, comptant 23 762 terminaux exploités ne reflètent pas une généralisation conséquente de ses appareils au vu du nombre total des commerçants qui exercent et qui dépasse les deux millions d’opérateurs.

« Il est vrai que les capacités de montage des TPE en Algérie est relativement faible. Nous avons mené des démarches auprès de sociétés nationales publiques à l’instar de l’ENIE et d’autres sociétés privées à l’effet de leur permettre d’envisager le montage de TPE, dans un premier temps, et pourquoi pas dans quelques années la fabrication avec un fort taux d’intégration », a indiqué M. Messaoudene.

L’on envisage en outre de libérer le marché de la distribution des TPE, limité auparavant aux banques, en ouvrant le champ aux entreprises privées, afin de renforcer la commercialisation de ce produit.

A propos du projet de lancement du m-paiement, le consultant en finances, Abderrahmane Benkhalfa a indiqué hier au Jeune Indépendant qu’il faudrait d’abord passer à la massification de l’e-paiement, qui, actuellement, se limite, estime-t-il, à de simples opérations de retrait effectuée dans les institutions bancaires.

Et de recommander : « Il faudrait penser à une intensification du e-paiement à même d’intégrer tous des maillons d’une chaine. C’est-à-dire l’ensemble des acteurs concernés par ce genre de transaction qui sont les banques, les entreprises assurant le service public, ainsi que les commerçants et les consommateurs ». Ce qui permet, renchérit-il, de lancer en parallèle le m-paiement et minimiser ainsi le paiement cash.

L’ancien ministre des Finances a souligné dans ce sens que l’e-paiement constitue « un point focal », notamment en ces moments de crise sanitaire, compte tenu de l’avantage du paiement à distance qui aurait pu régler nombre des préoccupations tant pour les opérateurs économiques que pour les consommateurs. Sur la procédure de la mise en place du m-paiement, l’expert a expliqué qu’elle devrait s’effectuer en deux phases.

La mise au point de l’expérimentation et le déploiement de ce dispositif, afin de couvrir le territoire national, puis vient « l’acclimatation » du public, car, de son avis, cette opération repose sur un élément très essentiel à savoir la « voluminité » des transactions monétiques qui devrait compter des milliers voire des millions de transactions pour atteindre sa valeur substantielle.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email