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Nationale

Le long calvaire des algériens bloqués en Afrique

Le long calvaire des algériens bloqués en Afrique

Depuis la fermeture des liaisons aériennes et maritimes avec l’étranger afin d’endiguer la propagation de pandémie du nouveau coronavirus en Algérie, de nombreux Algériens en voyage dans des pays africains ne peuvent rentrer.
Dans l’attente d’une solution de rapatriement, c’est le sentiment d’abandon qui règne. « J’ai passé ces derniers mois dans un état de stress terrible », a confié ce samedi au Jeune Indépendant Mohamed Benfareh, 72ans, premier vice-président de la Confédération Africaine du Sambo.
En Guinée-Conakry depuis plus de quatre mois, il fait partie des ressortissants algériens bloqués à l’étranger depuis le 17 mars, date de l’annonce de la fermeture des frontières terrestres et maritimes et de l’espace aérien du pays pour cause de pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19). Arrivé à Conakry le 14 mars pour une mission professionnelle, M. Benfareh devait rentrer à Annaba 10 jours après, soit le 24 mars.
« J’ai été surpris par la fermeture soudaine de l’espace aérien, qui a eu lieu sans prévenir les Algériens encore à l’étranger », a-t-il déclaré. Et de déplorer : « aucun délai nous a été accordé pour raccourcir nos séjours, et retourner auprès des nôtres ».

Si aujourd’hui la situation de M. Benfareh est différente de la plupart des Algériens pris au piège aux quatre coins du monde, c’est parce qu’il est bien pris en charge par la Confédération Africaine du Sambo et le ministère guinéen du Sport. 

« J’ai eu de la chance aussi, car l’ambassadeur de l’Algérie en Guinée m’a soutenu et aidé dans cette difficile épreuve, ainsi que le consul et le premier secrétaire qui me rendent régulièrement visite à l’hôtel », a-t-il avoué. M. Benfareh s’est dit éreinté par cette attente, qui « a trop duré ».

« Le manque de communication est un grand souci auquel je fais face quotidiennement. Les rumeurs, la peur qu’il n’y ait plus de rapatriement m’ont épuisé », a-t-il fait savoir. « Je me suis inscrit au site du ministère de l’Intérieur et j’ai eu un code. Mais depuis les choses ne bougent plus », s’inquiète M. Benfareh, qui a néanmoins une lueur d’espoir après l’annonce d’une nouvelle opération de rapatriement par les autorités algériennes, qui sera engagée dès la semaine prochaine.

En mission pour la Confédération africaine, mais aussi représentant du sambo algérien, M. Benfareh attend des autorités du secteur qu’elles se manifestent, en lui communiquant au moins les dernières décisions pour mettre fin à son calvaire. Il n’est pas le seul à vivre cette situation compliquée en Afrique.

En plus du champion olympique Toufik Makhloufi qui se trouve en Afrique du Sud, dix athlètes algériens, dont cinq de la sélection militaire, sont bloqués dans la capitale kényane Nairobi, depuis presque cinq mois. D’autres sportifs sont dans le même cas à Kigali au Rwanda. Plusieurs centaines de ressortissants Algériens n’ont pas pu rentrer au pays. Les seules statistiques disponibles sont celles des personnes rapatriées depuis fin mars.

D’après les témoignages partagés dans les groupes spécialisés sur les réseaux sociaux, ils seraient 560 en Turquie, plus de 400 en Arabie Saoudite et au moins 300 au Canada et aux États-Unis. Sans parler de ceux qui se trouvent en Amérique Latine ou dans certains pays d’Asie.

Le 09 juin, la présidence de la République a révélé que près de 13000 ressortissants algériens avaient été rapatriés, notamment des pays qui constituent la première destination des Algériens : la France, la Turquie et la Tunisie.Depuis la fermeture des frontières, plusieurs opérations de rapatriement ont été organisées par les autorités algériennes pour permettre aux nationaux de regagner le pays. 
 

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