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Le Kurdistan irakien met le pied dans la sécession

Le Kurdistan irakien met le pied dans la sécession

Au grand malheur de la République d’Irak, les Kurdes de ce pays ont voté lundi 25 septembre, pour se prononcer pour un « Oui » ou « Non » à l’indépendance de cette province irakienne. Même si la majorité de ces irakiens « kurdophones » s’est prononcée pour une sécession, fortement encouragée par les Etats-Unis, Bagdad a d’ores et déjà fait valoir ses droits sur ce qu’il appelle « l’intégrité de l’Irak et la souveraineté sur toutes les provinces de la République fédérale irakienne ».

« Nous refusons de voir le pays amputé de sa région nord, et diplomatique, au vu de l’attitude des pays voisins », souligne le gouvernement central.

Le Parlement, en présence des députés arabes et en l’absence de leurs collègues kurdes, a appelé le même jour au déploiement de l’armée dans les zones que se disputent le pouvoir central et la région autonome du Kurdistan. « Il n’est pas question que l’Irak, une des puissances historiques de la région se voit amputée d’une partie de son territoire.

Imaginez si le Texas, aux Etats-Unis, ou la Normandie française, ou encore la région de Tel Aviv, en Israël, venaient à voter leur indépendance par rapport au gouvernement central ? L’armée ne serait-elle pas sollicitée pour remettre les choses à l’ordre ? », s’écrie-t-on dans la capitale irakienne où la tristesse se lit sur tous les visages. Même des kurdes voient en cette « sécession » un « plan diabolique », sorti tout droit des officines de l’OTAN.

La Turquie et la Syrie, deux autres pays qui ont des minorités kurdes, ont vivement dénoncé le « référendum », car ils craignent que le « plan américano-sioniste » pourrait s redessiner la carte de la région, au grand bénéfice d’Israël. A New York, le secrétaire général des Nations unies (ONU),

Antonio Guterres, se dit « préoccupé » par le risque de déstabilisation, appelant au « dialogue et à des compromis ».

Mais en aucun cas, il a appelé à la convocation urgente du Conseil de sécurité. Comme si Guterres encourageait sous cape la division d’un deuxième pays arabe, après celle du Soudan qui a du, sous la pression internationale et de…la Ligue arabe à accepter de se défaire de sa partie sud qui regorge de gaz et de pétrole. La mollesse de l’ONU, voire une complicité non dite, est soulignée, en effet, dans une fastidieuse analyse sur ce « référendum de la honte » par Thierry Meyssan.

« Le degré d’hypocrisie des membres permanents du Conseil de sécurité est tel qu’ils ne sont pas parvenu à statuer sur cette question, malgré leur apparente unanimité.

Ils n’ont pas adopté de résolution (c’est-à-dire de texte ayant force de loi internationale), ni de déclaration présidentielle (c’est-à-dire une position commune des membres du Conseil), tout juste un insipide communiqué de presse lors de leur réunion du 19 septembre ».

L’OTAN encourage, Israël applaudit, la Ligue arabe se tait…

Si la presse « mainstream » applaudit, à l’instar des gouvernements occidentaux, les Etats-Unis et Israël en tête et la complicité à peine voilée de la Ligue arabe, des voix s’élèvent dans le monde pour dénoncer ce qui prend dorénavant la forme d’un démembrement qui a l’air de cibler l’ensemble des pays arabes. 

« Le référendum pour l’indépendance du Kurdistan est un jeu de dupes. Les États-Unis qui le soutiennent sous la table, s’y opposent en public. La France et le Royaume-Uni font de même, espérant que Washington réalisera leur vieux rêve.

La Russie n’est pas en reste, laissant entendre que bien qu’opposée à tout changement unilatéral, elle pourrait soutenir l’indépendance… tout au moins si tout le monde admet l’indépendance de la Crimée et par voie de conséquence, son rattachement à Moscou », souligne Thierry Meyssan, directeur de Réseau Voltaire et politologue indépendant installé à Damas.

Le président de la région du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, dont le père a été un officier actif du Mossad, avait déclaré qu’en l’absence de contre-propositions de la Communauté internationale, le référendum d’indépendance du 25 septembre 2017 allait bel et bien avoir lieu.

Ce président non-constitutionnel a annoncé que toutes les populations du Kurdistan iraquien et des territoires annexés pourront participer au référendum.

Il faut savoir que toutes ces régions hébergeaient plus d’une douzaine de millions de citoyens en 2013. Mais aujourd’hui trois millions de citoyens non-kurdes ont été contraints de les fuir.
Ce sont donc des électeurs choisis qui ont été appelés aux urnes pour décider de l’avenir, non seulement à la place des habitants légitimes expulsés, mais aussi de tous les autres Iraquiens.

Le scrutin qui n’a suscité aucun commentaire de la part e la Ligue arabe s’est tenue non seulement dans la région autonome du Kurdistan, mais aussi dans les territoires annexés par les Barzani en lien avec Daesh.

Quand une ville provinciale décide d’un référendum

Le référendum est une décision unilatérale d’Erbil, condamnée par l’Assemblée nationale, le Gouvernement fédéral et la Cour suprême de Bagdad. Il intervient maintenant car plus de 3 millions de non-Kurdes ont fui la région du fait du nettoyage ethnique entrepris par les Barzani et se sont réfugiés en Turquie et en Syrie.

Il reste environ 8 millions de Kurdes dans la zone. L’indépendance donnera aux clans Barzani et Talabani des moyens supplémentaires pour poursuivre leurs affaires. Elle offrira également à l’Israël la possibilité de mettre en œuvre certains de ses objectifs militaires.

Depuis la fin des années 90 et le développement des missiles, Tsahal a abandonné sa stratégie d’occupation des « marches », c’est-à-dire des territoires, juste à l’extérieur de ses frontières (Sinaï, Golan, Sud du Liban). Au contraire, il entend neutraliser l’Égypte, la Syrie et le Liban en les prenant à revers.

Tel-Aviv a donc soutenu la création du Soudan du Sud, en 2011, afin d’y placer des missiles pointés sur L’Égypte, et soutient aujourd’hui celle du Kurdistan afin d’y placer des missiles pointés sur la Syrie.

Selon Israel-Kurd, largement cité par la presse turque, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s’est engagé auprès de Massoud Barzani à transférer 200 000 Israéliens dans le nouvel État pour « aider » à l’administre. Selon sa logique, pour Tsahal l’idéal serait d’étendre le territoire du Kurdistan iraquien, non seulement à Kirkouk, mais au Nord de la Syrie.

C’est le travail de l’YPG et de son « Rojava ». Cet État autonome auto-proclamé est un long corridor joignant le Kurdistan iraquien à la Méditerranée, occupé par les troupes états-uniennes qui y ont illégalement installé plusieurs bases militaires. 

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