-- -- -- / -- -- --
Nationale

Le hirak se poursuit dans la solidarité

Le hirak se poursuit dans la solidarité

Le mouvement populaire qui boucle demain son 10e mois reste imperturbable. A Alger et dans plusieurs villes du pays, ils sont encore sortis pour faire entendre leur voix et faire passer leur message, celui de réclamer le changement de tout le système.

Pour ce énième vendredi, le 44e, le hirak maintient la pression en se mobilisant par milliers. Déterminés, unis et pacifiques, ces manifestants n’ont qu’un seul mot d’ordre : la fin du système et la construction d’une nouvelle Algérie où règneront la démocratie et la justice. Au lendemain de l’investiture de Abdelmadjid Tebboune, qui a lancé un appel au dialogue et pris des mesures, notamment le limogeage du ministre de l’Intérieur qui avait insulté les Algériens qui rejetaient les élections, pour faire preuve de bonne foi, les manifestants ne sont pas pour autant séduits. Ils étaient nombreux à investir la rue. Ils dénoncent l’absence de légitimité du président Tebboune, élu au premier tour. « Makach Echariya » (Il n’y a pas de légitimité), ont-ils scandé. Plus encore, pour ces manifestants le nouveau président de la République ne les représente pas. « Allah Akbar Mavotinach, Tebboune Dialkoum Mayahkemnach » (On n’a pas voté, votre Tebboune ne nous dirige pas), ont clamé les manifestants qui campent sur leur position.

La proposition du Président d’engager un dialogue avec le hirak n’est pas non plus bien accueillie. Pour eux, le dialogue ne se fera pas sans l’apaisement du climat général. Ils réclament, entre autres, la libération des détenus du hirak, de garantir la liberté d’expression et d’alléger le dispositif sécuritaire déployé autour des manifestants qui n’ont, jusque-là, pas failli à leur pacifisme. Un mode de protestation que les hirakistes comptent maintenir. « …Nkemlou ghir d ssilmiya… » (On va continuer de manière pacifique », rythment les manifestants qui envisagent de maintenir la mobilisation jusqu’à satisfaction des revendications, en notifiant : « Walah marana habssine » (On ne va pas s’arrêter). Au Centre, à l’Est et à l’Ouest, les manifestants ont battu le pavé pour la même cause.

Mais c’est sur la ville d’Oran que les yeux étaient braqués ce vendredi. En effet, le vendredi précédent, plusieurs manifestants qui étaient descendus dans la rue pour exprimer leur rejet des résultats de l’élection présidentielle ont été réprimés par les forces de sécurité comme en témoignent des vidéos relayées sur les réseaux sociaux. Un grand élan de solidarité a été enregistré hier. Des manifestants venus de plusieurs villes ont tenu à être présents aux côtés des Oranais en guise de solidarité. A la place d’Armes, place symbole du hirak de la ville, les manifestants se sont rassemblés pour ensuite entamer la marche avec les mêmes revendications et le même pacifisme. « Silmiya, Silmiya, endjibou el hourriya » (Pacifique, pacifique, nous arracherons la liberté), scande-t-on, alors que des plats préparés à l’intention des manifestants venus d’autres wilayas ont été distribués. Ainsi, solidaires et pacifiques, les manifestants ont exprimé leurs revendications à travers des slogans très bien réfléchis.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email