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Nationale

Tensions autour de l’avenir du mouvement du hirak

Tensions autour de l’avenir du mouvement du hirak

La journée de ce lundi, marquant le second anniversaire du soulèvement populaire du 22 février 2019, sera peut-être un tournant pour les revendications visant l’émancipation politico-sociale pour laquelle les Algériens se sont révoltés dans un mouvement qui a fini par avoir raison du pouvoir du président Bouteflika, et ce après un vingtaine d’années de règne controversé.

Une journée où il sera donné aux observateurs de jauger la capacité de réveil de la rue qui s’accroche à ses revendications pour une totale rupture avec le régime et ses figures «archaïques» accusés d’être à l’origine des maux et souffrances que subissent les composantes populaires – exclusion, pauvreté, chômage, ruine économique – face à un pouvoir qui se dit porteur, depuis la reprise en main des rênes pour une bonne gouvernance d’un projet d’une nouvelle République.

Si pour les premiers les réseaux sociaux et quelques rencontres tenues en catimini restent les seuls moyens leur permettant de fédérer le rendez-vous à même de permettre au mouvement de gagner la bataille numérique, les seconds, plutôt aguerris après l’épisode pré-Covid-19, ont fini par avoir la mainmise sur la quasi-totalité des canaux communicatifs.

Ainsi, prenant les devants, le pouvoir, qui semble mesurer l’impact sur sa stabilité d’un retour à la revendication par la rue, après une accalmie offerte par la crise sanitaire de la Covid-19, a d’ores et déjà joué la carte du rapprochement. Ses signaux ont- ils été suffisamment captés par la rue, dont certaines composantes ne jurent que par «un lundi qui sera marqué par un raz-de-marée», pour paraphraser un jeune universitaire, membre de la coalition estudiantine pour la poursuite de la lutte pacifique.

En effet, si le pouvoir, faut-il le noter, n’a pas manqué de prendre certaines initiatives allant dans le sens de l’apaisement, que ce soit en haut lieu ou en province, il convient de noter que la rue semble plutôt adhérer à l’initiative de tirer au maximum profit des concessions annoncées jusque-là par Abdelmadjid Tebboune, et les scènes réservées à l’accueil des détenus libérés ne sauront contredire ce constat.

D’El-Mouradia, il y a la main tendue du président de la République, aussi bien pour les animateurs du Hirak que pour la classe politique qui, d’ailleurs, peu encline à suivre le sursaut populaire continue à faire du surplace, attendant les signaux du Palais. La libération des détenus d’opinion, dont la plupart se sont imposés comme animateurs du mouvement populaire, et l’annonce d’élections législatives et locales anticipées restent des signaux on ne peut plus révélateurs. Des provinces, où l’on annonce ici et là la tenue d’un cérémonial marquant l’évènement, qui plus est puise son suc du décret signé par le chef de l’Etat quelques semaines après son investiture consacrant le 22 février Journée nationale. Une série de rencontres protocolaires, loin on en convient des manifestations de rue, sont prévues ici et là, à travers la totalité des wilayas et mettront en scène des représentants de la très controversée Centrale syndicale ou encore Des portes-flambeaux de la famille

révolutionnaire, autour de certaines initiatives visant à mettre en avant, pour citer l’exemple de Constantine, de jeunes entrepreneurs activant dans le secteur innovant des start-up.

Des cérémonies qui, pour la plupart, devront se tenir loin du brouhaha d’éventuels marcheurs et marcheuses.

La tension est palpable et d’aucuns se risquent à dire que même si la composante du Hirak n’est plus la même, il n’en demeure pas moins que des dizaines d’animateurs, notamment ceux et celles ayant fait les frais de leur engagement en goûtant à la gamelle des pénitenciers, et qui sont éparpillés à travers la quasi-totalité des villes, principalement celles étiquetées de rebelles, ont la capacité de fédérer pour rallumer la troisième bougie du mouvement.

Un face-à-face qui sera, en tout cas, scrupuleusement observé par un service d’ordre, lequel ne manquera pas d’infiltrer les marches si elles devaient se tenir pour veiller au maintien de «la bonne discipline des hirakistes».

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