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Culture

Le grand prix à Ma bqat hadra

Le grand prix à Ma bqat hadra

Clôturée dans la soirée de ce dimanche 31 décembre à Alger, la douzième édition du Festival national du théâtre professionnel verra la pièce Ma bqat hadra du Théâtre régional de Skikda remporter le Grand prix et Kechrouda du Théâtre régional de Souk Ahras cinq autres récompenses.

Lauréate du Prix du meilleur spectacle – Grand prix – à cette dernière édition du Festival national du théâtre professionnel pour « la maitrise et la justesse de la performance collective », selon le président du jury Allaoua Djeroua, la pièce Ma bqat hadra (Il ne reste rien à dire) s’est vue également attribuer le prix d’encouragement du Jury. Ecrite et mise en scène par Mohamed Cherchel, cette œuvre relève du thème de la communication. Son auteur a expliqué que « nous sommes dans une époque où nos voix se sont tues, réduites au silence. On est à la recherche du son brisé, de la langue perdue. On est à la recherche de cette voix qu’on n’entend plus ». Dans ce spectacle, l’action des acteurs prime sur leur dialogue, le metteur ayant précisé que « je cherchais l’âme de la représentation théâtrale, j’ai laissé aux comédiens cette liberté de créer des faits par la gestuelle et de suggérer des situations scéniques. Le travail s’est fait comme en laboratoire où chacun sera amené à proposer une façon de camper son personnage, de tester, de vérifier ses choix à l’épreuve de la scène ». Une liberté qui favorisera la création collective.

Un Cinq décoiffant

La grande surprise de cette douzième édition émane du Théâtre régional de Souk Ahras qui a décroché avec sa pièce Kechrouda cinq prix : Meilleur texte, meilleure mise en scène par Ahmed Rezak, premier rôle féminin attribué à la comédienne Sabrina Derichi, deuxième rôle masculin décerné au comédien Mohamed Houas, meilleure musique composée par Lahcène Amamra. Kechrouda (La décoiffée), un texte dramatique sur la condition sociale d’une famille, « s’interroge sur l’avenir et interpelle les consciences », d’après son metteur en scène. Qu’en est-il de la situation sociale dans une société où le pétrole n’est plus exploitable. Autour du personnage central Kechrouda, native d’un pays du sud en 2098, les faits se déroulent dans le contexte de l’annonce de la fin de l’or noir et celle des réserves de gaz. Une fiction durant laquelle un voyage sera fait avec par les comédiens Loubna Noui, Sabrina Korichi, Riadh Djefafla, Guerah Hicham, Atrous Zoheir, Tarik Bourouina, Larbi Bahloul et Mohamed Haoues. L’alerte est donnée sur une Algérie sans richesses naturelles, où la pauvreté a affecté tout le pays. La gravité d’un tel sujet n’exclut pas l’humour, la dérision et le divertissement avec un style de discours direct. Dans un décor sobre, une chambre avec un balcon au-dessus, une série de tableaux artistiques est déclinée, non sans jeu chorégraphique et ambiance sonore. Voilà une œuvre saisissante, une prédication sur la laideur d’une société présentée en toute beauté. Après la mise en compétition de seize spectacles, lancée le 23 décembre dernier, le douzième Festival national du théâtre professionnel honorera également les participants à l’atelier international sur la critique théâtrale. Aussi, cette édition a rendu hommage aux artistes Abdelhalim Raïs (comédien et metteur en scène) et Omar Guendouz pour l’ensemble de leur carrière. 

PALMARES

– Ma bqat hadra (Il ne reste rien à dire) : Meilleur spectacle (grand prix). Prix d’encouragement du jury. Texte et mise en scène de Mohamed Cherchel, Théâtre régional de Skikda.
– Kechrouda (La décoiffée) : Meilleur texte, meilleure mise en scène, premier rôle féminin pour Sabrina Derichi, deuxième rôle masculin pour Mohamed Houas, meilleure musique composée par Lahcène Amamra. Texte et mise en scène de Ahmed Rezak. Théâtre régional de Souk Ahras.
– Al Attab (La panne) : meilleure interprétation masculine pour Mohamed-Tahar Zaoui. Texte de Friederich Durrenmatt et mise en scène Faouzi Benbrahim. Théâtre régional de Batna. 
– Salalim edhalam (Escalier de l’obscurité) : meilleur second rôle féminin pour Nadjla Tarli. Théâtre régional de Constantine.
– Le suicide de la camarade morte : meilleure scénographie pour Hamza Djaballah. Texte de Mohamed Adlane Bekhouche, mise en scène de Faouzi Benbrahim. Théâtre régional d’El Eulma. 
– La source : prix du jury. Texte de Mustapha Lektafi et mise en scène de Rabie Guechi.
Théâtre régional de Mostaganem.

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