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Nationale

Le grand flop de Saâdani

Le grand flop de Saâdani

C’est une vieille recette que le SG du FLN a tenté de remettre au goût du jour. L’idée d’un large alliance autour du programme présidentiel a été déjà expérimentée au début du mandat du président Bouteflika à la fin des années 1990.

A l’époque ce front avait réuni des organisations nationales et des milliers d’associations issues de la société civile, mais aucune formation politique. Il était présidé par Amar Saâdani, alors peu connu dans la sphère méditaiqu.

Mais cette entreprise avait fait chou blanc. Elle a tenu deux ans. Ce rassemblement avait laissé place à l’Alliance présidentielle formée de trois partis : le FLN de Belkhadem, le RND de Ouyahia et le MSP de Aboudjerra Soltani, qui ont soutenu le président Bouteflika au cours de trois mandats successifs.

Comme la précédente, cette alliance a tenu plus de dix ans, et s’est disloquée en 2013. C’est le MSP, qui a changé entre-temps de leader, qui a fait voler en éclats cette alliance. Ce qui explique aujourd’hui le désir du FLN de Amar Saâdani de rééditer le coup du rassemblement élargi à la société civile et à l’opposition.

Mais cette initiative a peu de chances d’aboutir. Amar Saâdani, qui a défendu son initiative appelée pompeusement « initiative nationale pour le progrès dans la stabilité et l’harmonie », ayant du mal à recruter les grands partis tels que le RND, le FFS, le RCD le MSP, le MPA et le PT. Le SG du FLN, qui a tenu samedi dernier à Ben-Aknoun la première réunion avec les partis et les représentants de la société civile qui ont adhéré à cette initiative, peut compter sur les doigts d’une main le nombre de partis majeurs.

En effet, les grandes formations de l’opposition ainsi que les anciens alliés du FLN tels que le RND ou le MPA, ont boycotté cette rencontre. Sur les 40 formations qui ont donné leur accord, seulement une quinzaine de partis microscopiques ont signé le document de l’adhésion.

Des partis politiques comme le TAJ, le PRA, l’ANR, El Karama, le PNSD, le PRD, des représentants d’associations (UNFA, UGTA ONEC, UGCA), les représentants des imams et des zaouïas ont répondu au chef du FLN pour une première rencontre, en vue de structurer la dynamique. Amar Saâdani a également convié des associations satellitaires pour masquer les défaillances des grands partis et pour donner l’illusion du nombre. Pourtant cet essai de mobilisation populaire autour de la démarche présidentielle aurait pu faire l’objet d’une préparation approfondie, longtemps en amont.

Comment expliquer cette si faible mobilisation ? Mais si l’unité entre des courants variés se reflétait bien par la variété de la provenance des participants, les effectifs réunis étaient clairement insuffisants. Le « rassemblement », sans l’avoir jamais revendiqué, apparaît comme un état-major sans troupes. Peut-être justement faute d’avoir revendiqué ce rôle.

La volonté ne peut pas transformer un rassemblement de personnes en manifestation de masse ; mais la volonté, surtout si elle se donne le temps nécessaire pour agir, peut certainement le faire grandir. La volonté de réussir cette manifestation n’a pas été suffisante.Mais une chose facile est de constater qu’une volonté commune fait défaut, autre chose est de l’expliquer.

Dans le cas de ce rassemblement, ce n’est pas une occasion manquée mais une fausse occasion qui ne pouvait pas porter ses fruits. Le mouvement est d’une incroyable frilosité quand il s’agit de passer à l’action et reste divisé sur des questions centrales. Le plus important restant le fait que cette « initiative » n’a pas su se créer une direction et un bureau efficaces articulant l’autonomie des participants. La dénomination même d’initiative ne porte aucun message politique et ne suscite aucun désir d’en être.

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