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Nationale

Le Général Major Toufik en a-t-il trop dit ou pas assez ?

Le Général Major Toufik en a-t-il trop dit ou pas assez ?

D’abord un petit constant. C’est la première fois que l’ex-patron du DRS rend publique une lettre depuis sa mise à l’écart du service du renseignement.

Aujourd’hui débarrassé de sa « réserve » traditionnelle, la lettre du major Toufik est courte mais incisive. Elle commence par une réprobation du jugement rendu public en défaveur du général Hassan.

Et elle est principalement adressée aux juges du tribunal d’Oran qui ont statué sur l’affaire du général Hassan condamné à cinq ans de prison ferme. Comme il a été cité comme témoin dans le procès mais qu’il n’a pu- pour des raisons que nous ignorons- y prendre part, il a tenu à éclairer l’opinion publique et les chancelleries occidentales surtout sur les faits reprochés à son ex-subordonné.

Le général major Toufik en a-t-il trop dit ou pas assez ? Légaliste jusqu’au bout des ongles et procédurier intraitable, le major à la retraite, après avoir usé toutes les voies réglementaires et officielles, a décidé en fin de compte de rendre publique sa lettre.

Mis à la retraite, non convoqué comme témoin à décharge dans le procès de son ex-subordonné le général Hassan, l’ex-patron du DRS a rendu publique cette lettre dans laquelle il devait dire les circonstances et les conditions de l’arrestation du général Hassan. De prime abord, il a tenu à féliciter son subordonné pour le travail accompli dans l’exercice de ses fonctions, ce qui laisse à penser que ce dernier n’a commis aucune infraction ni entorse au règlement pouvant le conduire devant un tribunal.

Ensuite, il endosse à lui seul toutes les fautes-si fautes il existe- commises par son collaborateur et semble suggérer que si quelqu’un est tenu pour responsable des faits reprochés, c’est bien lui et personne d’autre.

D’ailleurs, il a même tenu à féliciter, à encourager et à poursuivre l’opération (antiterroriste) qui a valu au général Hassan l’accusation d’ »infraction aux consignes générales ».

L’ex-patron du DRS juge que cette opération (de Tiguentourine) a été menée « dans le respect des normes » et qu’il en a rendu compte aux « moments opportuns ». Il rappelle enfin que le général Hassan était son subordonné et qu’il était chargé d’une « mission prioritaire » et investi des prérogatives lui permettant d’agir, tout en étant suivi « régulièrement dans le cadre réglementaire ».

En un mot comme en trente, le major Toufik assume entièrement toute l’opération de Tiguentourine et le dit haut et fort. Alors quelle lecture peut-on faire de cette déclaration qui ne laisse planer aucun doute ?

Le général Toufik estime qu’il ne faut pas s’arrêter aux « questionnements légitimes que cette affaire peut susciter », mais agir vite pour « réparer une injustice qui touche un officier qui a servi le pays avec passion », et pour « laver l’honneur des hommes qui, tout comme lui, se sont entièrement dévoués à la défense de l’Algérie ».

Le pourvoi en cassation introduit par Me Mokrane Aït Larbi devrait déboucher sur un nouveau procès. Avec cette lettre, un nouvel élément vient s’ajouter à cette saga judiciaire qui n’a pas encore livré tous ses secrets. 

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