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Nationale

Le général Haftar table sur la médiation de la diplomatie algérienne

Le général Haftar table sur la médiation de la diplomatie algérienne

La France qui a exclu l’Algérie, la Tunisie et même la Libye de la rencontre internationale sur la Libye tenue le 3 octobre dernier à Paris, oubliant que l’Algérie partage 982 km de frontière avec la Libye,a fait une erreur stratégique. Une chose est certaine, sans l’Algérie rien de bon ne peut se faire.

Le général Haftar, qui a maintes fois exprimé son accord pour une intervention algérienne en conseillant à ceux qui exercent le pouvoir à Tripoli de laisser le soin de la sécurisation des frontières du pays à l’Algérie, a toujours considéré l’Algérie comme un acteur clé dans le règlement du conflit libyen. Le général Khalifa Haftar, qui dirige les forces armées de l’est de la Libye, est en visite depuis hier à Alger.

Dimanche, il a eu des entretiens avec le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue arabe, Abdelkader Messahel. Ces entretiens ont porté « exclusivement sur les développements de la situation politico-sécuritaire que connait la Libye et les moyens à même d’encourager le rétablissement rapide de la stabilité et de la sécurité dans ce pays », précise l’APS.

Abdelkader Messahel a réitéré la position « constante » de l’Algérie en faveur de la solution politique au conflit en Libye, dans le cadre de « la mise en œuvre de l’Accord politique, conclu par les parties libyennes le 17 décembre 2015, à travers le dialogue inclusif inter libyen et la réconciliation nationale, seuls à même de préserver l’unité et l’intégrité territoriale de la Libye, sa souveraineté et sa cohésion nationale et de mettre ainsi fin définitivement à la crise qui affecte durement le peuple frère libyen », précise la même source.

La visite du général Haftar n’est pas uniquement d’ordre politique puisqu’il est venu confirmer la commande de 1 000 véhicules militaires blindés pour les besoins de son armée, qui fait face depuis plusieurs mois à des groupes armés.

La commande concerne l’acquisition de véhicules de type Mercedes, fabriqués localement. Les autorités algériennes auraient conditionné toute aide militaire aux Libyens par la signature d’un accord de paix entre factions rivales.

Le général Haftar aurait accepté cette condition et aurait même donné son accord pour reconnaitre officiellement le gouvernement d’entente nationale de Fayaz El-Sarraj. C’est un tournant décisif dans la crise libyenne. Avant sa visite en Algérie, le général libyen a effectué ces 27 et 28 novembre dernier une visite de 48 h à Moscou.

C’est la deuxième fois, cette année que le chef des forces de l’Est lié au Parlement de Tobrouk se rend à Moscou. Les deux jours que le général Haftar a passés à Moscou ont été qualifiés de « visite officielle ».

Le général Haftar devient incontournable en Libye, où il engrange les victoires militaires, avec notamment la prise récente du croissant pétrolier. Il ne cache pas être venu chercher le soutien militaire de Moscou.

Il bénéficierait déjà de l’aide d’instructeurs russes présents en Libye. Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, a souligné hier à Oran que les pays voisins devraient être des parties de la solution à la crise en Libye : « L’Algérie considère que les frères voisins libyens ne devaient pas être les seules parties du problème. Les pays voisins pourraient collectivement être des parties de la solution », a lancé Lamamra à la presse, comme un pied de nez à la diplomatie française.

« Ces pays ont le droit de faire partie de la solution à la crise en Libye, parce que ce sont eux qui vivent les conséquences préjudiciables immédiates de cette situation », a-t-il soutenu, tout en rappelant l’importance de l’initiative lancée par Alger, en mai 2014, pour la constitution d’un groupe des pays voisins pour la Libye.

Les autorités algériennes qui entretiennent de très bonnes relations avec tous les protagonistes de la crise libyenne que ce soit à Tripoli ou à Tobrouk, peuvent-elles réussir à imposer une solution définitive là où d’autres ont lamentablement échoué ?

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