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Nationale

Le gaspillage est à l’origine des prix exorbitants

Le gaspillage est à l’origine des prix exorbitants

Le mois sacré débute ce jeudi dans la plupart des pays musulmans. Pour les Algériens, ce mois de clémence et de sérénité est une période de frénésie et de déchaînement, notamment dans les marchés et les grandes surfaces. Pire encore, le taux de gaspillage durant le mois de carême, selon les estimations de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), atteint 15 à 20 % des produits achetés.

Cette quantité non négligeable de denrées alimentaires est malheureusement jetée sans états d’âme dans les décharges. Dans ce sens, le président de l’ANCA, Hadj Taher Boulenouar a indiqué hier que ce comportement « non responsable » est à l’origine de la hausse des prix que connaissent les fruits et légumes et autres produits, surtout les premiers jours de ce mois. Il poursuit que la moyenne de l’augmentation des prix est de 30%, et que c’est à partir de la deuxième semaine du ramadhan que les prix commencent à chuter « une chute libre » allant jusqu’à 40%. Évoquant la question du gaspillage, M.Boulenouar a expliqué qu’à défaut d’une culture de consommation chez le citoyen algérien, ce phénomène prend une dimension économique très dangereuse. Cela d’autant plus que les produits les plus gaspillés sont ceux subventionnés ou plafonnés, causant ainsi à l’Etat des pertes économiques colossales. Il a ajouté dans ce contexte que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui se rend compte de l’ampleur du phénomène à l’échelle mondiale, a organisé en 2013 à Rome un congrès international sur le gaspillage alimentaire.

Par ailleurs, le président de l’ANCA a rappelé que plus de 159 marchés dits « Errahma » ont été ouverts durant ramadhan, dont neuf dans la capitale. Cette une initiative prise par le ministère du Commerce en coordination avec les collectivités locales, permettra, estime-t-il, de réduire non seulement l’écart entre les prix des aliments entre le marché de gros et celui de détail, mais également de rapprocher ces derniers des consommateurs et contribuer énormément à leur disponibilité tout le mois sacré. Sur un autre registre, Boulenouar a considéré que l’anarchie qui règne dans le marché de la production agricole en Algérie est due essentiellement à l’absence d’un plan agricole impliquant en premier lieu les agriculteurs. L’interlocuteur a cité à ce titre la production de l’ail qui a enregistré cette année une abondance inédite, entraînant une chute libre des prix de cette plante potagère et des pertes aux agriculteurs.

Boulenouar a expliqué qu’à défaut d’une planification permettant l’organisation et l’orientation de l’activité agricole, tous les agriculteurs ont opté pour la culture de l’ail, après avoir connu une grosse pénurie l’année dernière, frôlant 2 000 DA/kilo. Ce qui complique la mission aussi pour les producteurs, à ses yeux, est l’absence des unités de transformation censées absorber les quantités pléthoriques de la production nationale. De par son expérience acquise en se frottant aux agriculteurs, Boulenouar suggère que ce problème peut être résolu en arrêtant un plan national pour accompagner les vrais agriculteurs et la promotion de l’industrie de transformation agroalimentaire en encourageant l’investissement dans ce créneau.

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